(Islamabad) Le Pakistan a dépassé officiellement le cap des 100 000 malades du nouveau coronavirus, ont annoncé les autorités lundi, un chiffre bien en deçà de la réalité, alors que les hôpitaux commencent à être saturés dans le pays.

Agence France-Presse

Lundi matin, le gouvernement faisait état de 103 671 cas positifs à la COVID-19. Il avait annoncé dimanche que la pandémie avait franchi la barre des 2000 morts dans le pays.

Le nombre de personnes infectées est toutefois largement sous-estimé, faute d’un dépistage suffisant. Fin mai, le ministre de la Santé du Khyber Pakhtunkhwa avait indiqué à l’AFP que le niveau de contamination était dix fois supérieur aux chiffres officiels dans cette province du Nord-Ouest.

Début juin, un rapport des autorités de la province du Pendjab (est) avait fuité dans les médias, estimant que plus de 670 000 malades vivaient à Lahore, ville de plus de 11 millions d’habitants. Officiellement, le nombre de cas positifs n’était alors que de 72 000 personnes pour tout le Pakistan, qui compte plus de 200 millions d’habitants.

La létalité de la maladie, en forte accélération, reste toutefois faible dans ce pays aux infrastructures sanitaires en déshérence. Mais alors que sont désormais recensés près de 1400 patients dans un état critique, nombre d’hôpitaux arrivent à saturation.

« Les hôpitaux manquent de lits. Il n’y a pas assez de respirateurs artificiels », s’est inquiété Khizer Hayat, le président de l’Association des jeunes médecins du Pendjab, interrogé par l’AFP.  

« Alors que les cas augmentent, un nombre croissant de travailleurs de santé sont aussi victimes du virus », a déploré le Dr Farooq Sahil, médecin hospitalier à Lahore.

À Karachi (sud), les hôpitaux ont commencé à refuser les patients. Devant l’hôpital Indus, une banderole exprimait « les regrets » de la direction de l’établissement, car le centre dédié à la COVID-19 est « complètement saturé ».

« La crise se développe maintenant que nous avons cessé d’observer les mesures d’isolement », a déclaré à l’AFP Sikander Ali Memon, responsable de la lutte contre le nouveau coronavirus pour la province du Sindh, dont Karachi est la capitale.

Le premier ministre Imran Khan a déclaré lundi qu’il s’attendait à ce que le virus atteigne un pic « vers la fin juillet, suivi d’une baisse progressive ».

Le chef du gouvernement s’est depuis le début de la pandémie opposé à un confinement des villes qui, selon lui, permet de « sauver les gens du coronavirus, mais les fait mourir de faim ». Début juin, il a annoncé la levée complète du confinement entamé fin mars au Pakistan.