(Nations unies) Les États-Unis ont annoncé jeudi dans un communiqué avoir demandé une réunion publique du Conseil de sécurité de l’ONU lundi sur la crise autour de l’Ukraine en raison de la menace que fait peser la Russie sur la sécurité et la paix internationales.

Publié le 27 janvier
Agence France-Presse

« Plus de 100 000 soldats russes sont déployés à la frontière ukrainienne et la Russie se livre à d’autres actes de déstabilisation visant l’Ukraine, ce qui constitue une menace claire pour la paix et la sécurité internationales et la Charte des Nations unies », a affirmé l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.

« Alors que nous poursuivons notre poursuite incessante de la diplomatie pour désamorcer les tensions face à cette grave menace à la paix et à la sécurité européennes et mondiales […] les membres du Conseil de sécurité doivent examiner sans détour les faits », a justifié la diplomate dans son communiqué.

Ils doivent « considérer ce qui est en jeu pour l’Ukraine, pour la Russie, pour l’Europe et pour les obligations et principes fondamentaux de l’ordre international si la Russie envahissait davantage l’Ukraine », a-t-elle précisé, en faisant implicitement allusion à la Crimée annexée en 2014 par la Russie.  

À l’origine, les États-Unis avaient espéré pouvoir tenir cette réunion du Conseil de sécurité vendredi, selon des diplomates. Mais, d’après ces sources, ils ont accepté de la reculer à lundi pour ne pas interférer avec un entretien téléphonique prévu vendredi entre les présidents français et russe, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine.

Lundi sera la dernière journée de présidence du Conseil par la Norvège qui passera mardi la main à la Russie pour février. Demander une réunion le mois prochain aurait été plus compliqué pour les États-Unis avec une Russie maître de l’agenda du Conseil, note un diplomate.

À la mi-janvier, les États-Unis avaient laissé entendre qu’ils n’entendaient saisir le Conseil de sécurité qu’après une éventuelle intervention militaire en Ukraine, comme cela avait été le cas pour la Crimée.

Selon une source diplomatique, ils ont changé d’avis « pour mieux se préparer » à une telle éventualité. « Quand une intervention militaire survient, elle arrive vite », explique cette source sous couvert d’anonymat. Une réunion du Conseil, « c’est un peu de théâtre évidemment », a-t-elle toutefois reconnu.

« Ce n’est pas le moment d’attendre et voir. Toute l’attention du Conseil est requise maintenant », fait valoir dans son communiqué jeudi Linda Thomas-Greenfield.

Dans un récent entretien avec la télévision publique roumaine, elle avait souligné qu’une saisie du Conseil permettrait d’isoler la Russie. « Même si elle a un droit de veto, son isolement se fera sentir » face un « front uni », a-t-elle estimé.

« Lorsque nous sommes unis contre les Russes, le pouvoir de veto est affaibli », a-t-elle jugé en citant la Crimée. « Nous avions obtenu 13 voix en faveur d’actions contre les Russes, une abstention et un non — c’était le veto de la Russie. Ils étaient complètement et totalement isolés, et nous espérons que ce sera également le cas » cette fois, avait-elle ajouté.