Après l'élection de novembre dernier, Eric Cantor, chef de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, s'est mis en tête de proposer des mesures susceptibles de convaincre les électeurs modérés et indépendants que son parti n'était pas seulement celui du non (non à l'avortement, non au mariage homosexuel, non aux investissements dans les infrastructures et non à toute autre proposition de Barack Obama).

Richard Hétu

Le numéro deux des républicains à la Chambre a ainsi déposé un projet de loi qui aiderait les Américains souffrant de maladies préexistantes à contracter une assurance maladie. Or cette proposition a été retirée mercredi après que les membres de l'état-major républicain eurent conclu qu'elle ne recueillait pas assez d'appuis au sein de leur propre groupe. Meilleure chance la prochaine fois.

Cantor n'est cependant pas le seul républicain à éprouver des ennuis dans sa campagne pour changer l'image de son parti. Le sénateur de Floride Marco Rubio risque de perdre la face à son tour après s'être fait le promoteur d'une réforme du système de l'immigration qui ouvrirait la voie à la naturalisation de millions d'émigrés en situation illégale.

Les collègues les plus conservateurs du sénateur Rubio au Congrès ne se sont pas encore officiellement rebellés contre sa réforme de l'immigration mais certains animateurs conservateurs de la radio, dont Rush Limbaugh et Mark Levin, l'ont déjà fait. «Il se fait botter le derrière», a expliqué le sondeur républicain Frank Luntz en s'adressant récemment à des étudiants.

Je cite la déclaration complète de Luntz, qui ne savait pas que ses propos étaient enregistrés et allaient être refilés au magazine Mother Jones :

«Marco Rubio se fait botter le derrière. (...) Il est en train de se faire démolir! Par Mark Levin, par Rush Limbaugh et quelques autres. Il tente de trouver une solution à long terme en matière d'immigration qui n'est pas une approche républicaine traditionnelle, et les animateurs conservateurs de la radio sont en train de le tuer.»

De toute évidence, plusieurs républicains ont oublié ou ignoré l'autopsie de la défaite de 2012 et les changements proposés par le Comité national du Parti républicain dans ce document. Reste à voir si cette attitude persistera et quelles en seront les conséquences lors des élections de 2014 et 2016.