De Virgin Atlantic à Virgin Mobile en passant par Virgin Galactics, Richard Branson est un homme d'affaires accompli. Le milliardaire britannique âgé de 61 ans a désormais choisi de consacrer la majeure partie de son temps à Virgin Unite, la section philanthropique de son empire. Il milite pour des causes qui lui sont chères, comme la dépénalisation des stupéfiants. La Presse l'a rencontré à Montréal la semaine dernière.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

Le grand patron du groupe Virgin fait partie de la Global Commission on Drug Policy. Avec ses compatriotes Judi Dench et Sting, il a signé une lettre qui demande au premier ministre britannique, David Cameron, de réexaminer l'efficacité des lois antidrogues.

«La Commission a rendu son rapport il y a deux semaines. Pendant 18 mois, nous nous sommes penchés sur les mesures antidrogues dans le monde pour en faire le bilan. Il en ressort que la stratégie utilisée depuis 40 ans ne marche pas.»

Dépénalisation

Richard Branson estime que les gouvernements devraient envisager la dépénalisation des drogues et la création de centres d'injection supervisés. «En Suisse, au Portugal et en Allemagne, les héroïnomanes ont accès à des cliniques où on leur donne de la méthadone et des aiguilles neuves. Quand ils sont prêts à entrer en centre de réadaptation, ils ont de l'accompagnement. L'ouverture de centres d'injection ferait diminuer les risques de contamination par l'hépatite ou le sida.»

Pour Sir Branson, le Canada fait partie des mauvais élèves en matière de lutte contre les stupéfiants. «Changer la politique canadienne en la matière ne sera pas chose facile, dit-il. C'est un pays qui a une politique très restrictive. Le gouvernement n'est pas prêt à changer, mais nous essayons de le convaincre.»

L'organisme Dans la rue

Lors de son passage à Montréal, le grand patron du groupe Virgin a remis un chèque de 100 000$ à l'organisme Dans la rue, qui vient en aide aux jeunes en difficulté. «Il y a environ 65 000 jeunes dans la rue au Canada. C'est incroyable que, dans un pays riche comme celui-ci, il y ait autant de jeunes sans-abri», a-t-il déploré.

«Au lieu de créer de nouvelles entreprises, aujourd'hui je passe le plus clair de mon temps à mettre sur pied de nouvelles organisations à but non lucratif. Je suis dans une situation unique où je peux faire quelque chose, et je n'ai pas le droit de ne pas m'en servir», a-t-il précisé.

Cette philosophie l'a poussé à fonder avec Peter Gabriel et Nelson Mandela, l'organisme The Elders, qui s'intéresse aux enjeux majeurs de la planète grâce à l'expertise de ses 12 membres, des personnalités influentes comme Desmond Tutu, Kofi Annan, Jimmy Carter, Aung San Suu Kyi et Mary Robinson.

Il a également mis sur pied un bureau à Washington afin de coordonner des actions visant à sensibiliser de grandes entreprises, comme les compagnies aériennes, au réchauffement climatique. Il a créé en 2009 un centre de dépistage en Afrique du Sud.

Si Richard Branson continue à diversifier son empire, notamment avec Virgin Money et la création de Virgin Oceanic, qui prévoit une expédition dans les abysses en 2013. Il dit ne pas vouloir tenter sa chance en politique.