Le Premier ministre britannique David Cameron a rencontré mardi à la Maison Blanche Barack Obama, avec qui il a évoqué la «relation spéciale» qui lie les deux pays malgré les déboires du groupe pétrolier BP dans la marée noire et l'affaire Megrahi.

Stephen Collinson AGENCE FRANCE-PRESSE

À l'issue d'un tête-à-tête de trois heures dans le Bureau ovale et d'un déjeuner en compagnie du vice-président Joe Biden, le président américain a fait visiter la Maison Blanche a son invité.

Au cours de la conférence de presse qui s'en est suivie, les deux dirigeants ont réaffirmé «la relation spéciale» qui unit les deux pays.

Barack Obama a aussi insisté sur le fait que la stratégie américaine en Afghanistan était «la bonne» et que la conférence internationale de Kaboul constituait «une avancée majeure» pour le futur du pays, alors que David Cameron a pour sa part affirmé que «de réels progrès» avaient été faits en Afghanistan.

Le Premier ministre a récemment indiqué qu'il souhaite le retour de tous les soldats britanniques d'ici aux législatives de 2015. De son côté, M. Obama, après avoir décidé en décembre d'envoyer 30.000 hommes en renfort, a annoncé que les troupes américaines commenceraient à quitter le pays en juillet 2011.

La visite de M. Cameron intervient alors que BP, entreprise cruciale pour l'économie britannique, est honnie par l'opinion américaine pour son rôle dans la marée noire qui souille le golfe du Mexique depuis fin avril.

David Cameron a dit qu'il comprenait «la colère qui existe à travers les Etats-Unis» à l'encontre de BP et qu'il fallait que «BP bouche la fuite, nettoie la zone et paie des indemnisations justes».

«BP est une entreprise importante à la fois pour l'économie britannique et pour l'économie américaine; des milliers d'emplois dépendent de BP des deux côtés de l'Atlantique. C'est donc dans l'intérêt des deux pays que ce groupe reste fort et stable à l'avenir», a toutefois prévenu David Cameron.

Avant la rencontre, M. Cameron avait déjà souligné l'importance de garder BP solvable, le groupe constituant la colonne vertébrale de fonds de pension britanniques.

Le géant pétrolier a conclu mardi un accord avec son concurrent américain Apache pour lui vendre pour sept milliards de dollars d'actifs. L'opération va lui permettre de réaliser une grande partie du programme de cession de 10 milliards de dollars auquel il s'était engagé pour financer le fonds d'indemnisation des victimes de la catastrophe.

Mais BP a aussi été mardi au centre de l'attention des deux dirigeants, alors que les questions sur son rôle dans la libération par la justice écossaise du Libyen Abdelbaset al-Megrahi, condamné en 2001 à la prison à vie pour l'attentat contre un avion au-dessus de Lockerbie, exaspèrent les Etats-Unis.

À ce sujet, M. Cameron a indiqué avoir ordonné mardi une révision des documents britanniques concernant la libération de Megrahi mais a exclu une enquête sur une éventuelle implication dans le dossier de BP soupçonné d'avoir voulu obtenir des contrats en Libye.

«Je ne pense pas que nous ayons besoin d'avoir une enquête en Grande-Bretagne sur cela», a-t-il dit. M. Cameron a reconnu lundi que sa libération pour raisons humanitaires avait été «une erreur totale».

Sur une note plus légère, M. Cameron a avoué à M. Obama qu'il avait encouragé l'Allemagne pendant la coupe du monde de football après que les coéquipiers de Klose aient écrasé 4-1 l'Angleterre en huitièmes de finale puis l'Argentine 4-0 en quarts de finale.

«J'ai tellement apprécié ce match que j'ai ensuite soutenu l'Allemagne», l'un des ennemis historiques de l'Angleterre sur les terrains de foot, a dit M. Cameron. L'Allemagne a finalement été battue en demie-finales par l'Espagne (1-0).