L'Union européenne a salué dans la nuit de mardi l'arrestation de Radovan Karadzic comme une «étape importante» dans l'intégration de la Serbie à l'UE, alors que Washington y a vu un «hommage» aux victimes des atrocités commises pendant la guerre en Bosnie (1992-1995).

Mis à jour le 21 juill. 2008

L'arrestation de l'ex-chef politique des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic recherché depuis 13 ans par le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, était attendue depuis longtemps. Elle est, avec celle de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic toujours en fuite, la condition pour que la Serbie puisse intégrer l'Europe des 27.

L'Union européenne n'a pas tardé après l'annonce de la capture de Karadzic par les services secrets serbes, à travers un communiqué de la présidence française de l'UE, à exprimer sa satisfaction.

Le Président français Nicolas Sarkozy fait part de sa vive satisfaction concernant

l'arrestation de Radovan Karadzic.

«L'Union européenne se félicite de l'arrestation de Radovan Karadzic, inculpé pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre» par le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPI), a indiqué la présidence française de l'UE dans un communiqué.

«Ce développement illustre l'engagement du nouveau gouvernement de Belgrade de contribuer à la paix et à la stabilité dans la région des Balkans. Il constitue une étape importante dans la voie du rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne», a-t-elle ajouté.

Washington a également salué l'annonce de l'arrestation de l'ancien chef politique serbe de Bosnie en affirmant qu'il s'agissait du plus bel «hommage» aux victimes des atrocités perpétrées dans ce pays.

«Le moment de l'arrestation, quelques jours seulement après la commémoration du massacre de plus de 7 000 Bosniaques à Srebrenica, est particulièrement approprié, et il n'y a pas de plus bel hommage (à rendre) aux victimes des atrocités (d'une) guerre que d'amener leurs auteurs devant la justice», souligne un communiqué de la Maison Blanche.

La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino a détaillé les crimes dont est accusé Radovan Karadzic et qui comprennent «une campagne brutale de nettoyage ethnique dirigée contre les non-Serbes, des attaques organisées de lieux de culte, l'instauration de camps de concentration, et le meurtre en série de milliers de musulmans bosniaques et de civils bosno-croates.»

Le diplomate américain Richard Holbrooke, artisan de l'accord de paix de Dayton qui a mis un terme à la guerre de Bosnie a désigné Karadzic dans une interview à la BBC comme l'«Oussama Ben Laden de l'Europe». Il a ajouté que selon lui, un «grand malfrat a été retiré de la scène publique».

De son côté, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, a indiqué dans un communiqué que cette arrestation était «un moment historique pour les victimes».

En Bosnie même, à Sarajevo où des scènes de joie ont été vues, les «Mères de Srebrenica», dont époux et fils ont été tués avec près de 8 000 hommes et garçons musulmans en 1995 par les forces serbes bosniaques, ont aussi salué l'arrestation de Karadzic. «Justice a finalement été faite», a dit à l'AFP, une responsable de cette association, Kada Hotic.

Les Pays-Bas, qui bloquent le rapprochement de la Serbie avec l'Union européenne, ont salué l'«immense pas en avant» accompli par Belgrade avec la capture de Karadzic, selon l'agence ANP.

«Il faudra voir dans les semaines à venir les conséquences que l'UE doit en tirer quant à ses relations avec la Serbie», a indiqué le ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence néerlandaise.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a qualifié l'arrestation de Karadzic de «bonne nouvelle» et déclaré qu'elle allait ouvrir la voie à «un meilleur avenir pour la Serbie».