Les conséquences du réchauffement climatique, comme l'augmentation des sécheresses, canicules ou inondations, risquent de se faire sentir avant même que la hausse des températures n'atteigne un degré supplémentaire par rapport au niveau de 1990, selon une étude menée par une équipe internationale d'experts du climat.

Mis à jour le 24 févr. 2009
Randolph Schmid ASSOCIATED PRESS

Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) estime que le risque de conditions météorologiques extrêmes augmentera avec une hausse moyenne des températures mondiales comprise entre un et deux degrés au-dessus des niveaux de 1990. Le Centre américain des données climatiques recense actuellement une hausse de 0,12 degré depuis 1990.

L'équipe d'experts internationaux qui publie la nouvelle étude cette semaine dans l'édition en ligne des annales de l'académie nationale américaine des sciences (Proceedings of the National Academy of Science, PNAS) se montre plus pessimiste. «Les augmentations de sécheresses, canicules et inondations sont projetées dans de nombreuses régions et auraient des effets négatifs, y compris des manques d'eaux, des feux de forêts fréquents et des risques de crues à partir de moins d'un degré de réchauffement supplémentaire au-dessus du niveau de 1990».

De fait, «il est désormais plus probable que le contraire que l'activité humaine a contribué aux augmentations observées de vagues de chaleur, d'intenses précipitations et à l'intensité des cyclones tropicaux», écrivent les chercheurs dirigés par Joel Smith de Stratus Consulting.

D'autres chercheurs, notent-ils, ont suggéré que «la probabilité de la canicule de 2003 en Europe, qui avait provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes a été substantiellement accrue par la hausse des concentrations de gaz à effet de serre».

Il y a une semaine, Christopher Field de la Carnegie Institution for Science, avait déclaré lors de la réunion annuelle de l'Association américaine pour le progrès de la science que les humains ajoutaient désormais du CO2 dans l'atmosphère encore plus vite que dans les années 90. Les émissions de dioxyde de carbone ont augmenté de 3,5% par an depuis 2000, contre 0,9% par an dans les années 90, avait-il estimé.

La nouvelle étude fait état de nouvelles preuves de la plus grande vulnérabilité au changement climatique de populations spécifiques, les plus pauvres et les plus âgés, dans les pays en développement mais aussi dans les pays les plus riches. «Des événements comme l'ouragan Katrina et la canicule de 2003 en Europe ont montré que la capacité aux phénomènes extrêmes liés au climat est plus faible qu'attendue et de ce fait, leurs conséquences et les vulnérabilités associées sont plus élevées qu'on ne le pensait», remarquent les chercheurs.

Parmi les co-auteurs du rapport figurent des chercheurs américains, et d'Inde, Allemagne, Canada, Zimbabwe, Australie, Bangladesh, Cuba et Belgique.

Sur Internet:

PNAS: http://www.pnas.org