L'Union européenne a salué mercredi l'engagement du président américain Barack Obama de combattre le réchauffement du climat, mais attend maintenant la traduction de ses bonnes intentions par des actions.

Publié le 26 juin 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

«Le plan d'action dévoilé par la Maison Blanche annonce un certain nombre de bonnes intentions qui doivent maintenant être traduites en actions concrètes», a déclaré dans un communiqué la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard.

«Nous attendons pour 2015 un engagement ferme des États-Unis pour s'engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre nationales», a-t-elle précisé. Mme Hedegaard demande également aux États-Unis de contribuer à un accord au sein de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) pour réduire les émissions des avions.

De son côté, le gouvernement français a salué «l'engagement des États-Unis» et considère que les mesures présentées par le président Obama «devraient contribuer à une dynamique positive dans les négociations internationales».

L'UE espère que Washington permettra de conclure un accord légalement contraignant pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre lors du sommet sur le climat prévu à Paris en décembre 2015. Leur refus de s'engager avait contribué à l'échec du sommet de Copenhague en 2009.

Pour le moment, les positions américaines n'ont «pas varié». Ils ont renouvelé leur engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 17% par rapport à leur niveau de 2005, ce qui est «insuffisant» par rapport aux efforts que se sont imposés les Européens, et «loin» de l'effort réclamé par les scientifiques pour limiter la hausse du réchauffement du climat à 2 degrés, souligne-t-on à Bruxelles.

Les Européens se sont imposés pour 2020 de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à leurs niveaux de 1990. La proposition américaine correspond à une réduction de 4% par rapport aux niveaux d'émissions des États-Unis en 1990.

«Les Européens ont à ce jour réduit leurs émissions de 18,3%, quand les émissions des États-Unis ont augmenté de 8,4% par rapport aux niveaux de 1990», insiste-t-on à Bruxelles pour souligner le fossé séparant les deux parties.

Les États-Unis contribuaient pour 16% des émissions mondiales en 2012, et l'UE pour 11%, selon les données de l'AIE.

«Nous sommes conscients qu'il n'y a rien de nouveau, mais il faut soutenir l'initiative du président Obama, parce qu'il a remis le climat dans l'agenda politique aux États-Unis. Le sujet était devenu tabou après Copenhague», insiste-t-on à Bruxelles.

«Nous sentons une volonté politique de bouger, de faire des concessions. Les Américains se montrent plus constructifs et les Chinois aussi bougent. Cela bouge petit à petit et il faut que les Européens soutiennent ce mouvement», souligne-t-on.