Le sort d'une petite île marécageuse soulève bien des passions à Carignan, dont les citoyens contestent l'adoption d'un nouveau règlement de zonage.

Charles Côté LA PRESSE

Et les inondations de cette année ont relancé le débat.



«Je suis allé dans l'île la semaine dernière et j'ai pris des relevés GPS pour vérifier la surface constructible, dit Claude Savoie, de Nature Carignan. Au maximum, il y aura de la place pour cinq maisons. Est-ce que ça vaut la peine de détruire l'écosystème de l'île au Foin pour quelques maisons?»



Officiellement, l'île au Foin, nichée entre le bassin de Chambly et la rivière de l'Acadie, est constructible à 25%. Un promoteur immobilier souhaite depuis 25 ans y faire un lotissement. Le reste est en zone inondable.



Carignan veut consacrer le zonage résidentiel de l'île au Foin, alors que des centaines de citoyens auraient voulu que le nouveau zonage interdise la construction dans l'île et garantisse sa préservation.



Le mois dernier, la Commission municipale a donné raison à la Ville et confirmé que le règlement de zonage était conforme au plan d'urbanisme.



Mardi, la bataille se transportera à l'hôtel de ville, qui ouvrira un registre sur son projet de règlement. Si au moins 500 citoyens le signent, la Ville devra tenir un référendum ou changer son projet de règlement.



Dans un bulletin municipal récent, la mairesse Louise Lavigne a affirmé que le nouveau plan d'urbanisme de la Ville avait créé 17 nouvelles zones protégées d'une superficie totale de plus de 15% du territoire.



Mais bien des citoyens estiment que la biodiversité de l'île au Foin en fait le joyau de Carignan.



Entourée de chenaux et traversée par une piste cyclable, elle abrite un écosystème forestier exceptionnel.



La Ville affirme que sa réglementation contre la coupe d'arbres offre une protection suffisante.



De son côté, le promoteur, Mario Venafro, poursuit la Ville au motif qu'il a subi une expropriation déguisée quand le zonage a été changé, il y a quelques années, pour interdire les tours d'habitation sur son terrain.



«Ils ont empêché la construction de condos et le zonage est devenu unifamilial. En plus, on ne peut pas couper d'arbres, dit M. Venafro. Maintenant, les opposants veulent un parc, mais la Ville n'a pas moyen de nous exproprier. Je dis à la Ville: faites ce que vous voulez, mais faites-le légalement.»



Le registre sera ouvert de 9h à 19h mardi à l'hôtel de ville de Carignan.