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FIFA : l'art de tout voir

The Universe of Keith Harring de Christina Clausen....

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The Universe of Keith Harring de Christina Clausen.

Annabelle Kempff
La Presse

Le Festival international du film sur l'art, qui se poursuit jusqu'au 16 mars, c'est huit lieux, 290 productions, 30 pays et 27 disciplines. Des milliers d'images. Des essais, des reportages, des documentaires et des vidéos. Du long, du moyen, du court, du très court. Des émotions. Quand l'art s'affiche sous toutes ses formes, cela donne aussi un FIFA riche d'inédits à dévorer des yeux. 

Pour s'y retrouver, voici quelques suggestions réunissant pêlemêle les exercices, les films en compétition et ceux qui ne le sont pas, les images qui collent à la rétine.

PEINTURE, SCULPTURE SUR TOILE

Sorte de fascination mutuelle entre deux arts qui s'observent, la caméra se pose avec insistance sur les arts plastiques dans ce 26e FIFA. Nombreux sont ainsi les portraits d'artistes majeurs : L'atelier de mon père de Jennifer Alleyn ou le regard d'une cinéaste sur un père qui a marqué l'art contemporain canadien, Edmund Alleyn; Ellsworth Kelly: Fragments d'Edgar B. Howardet et TomPiper, se concentre sur un fameux représentant de l'abstraction; The Universe of Keith Haring de Christina Clausen, retour sur une figure clé de l'imaginaire contemporain qui défendait un «art destiné à tous», Hans Haacke 4 Decades (photo) de Michael Blackwood, profil d'un artiste controversé pour lequel «tout art est politique» ... Des oeuvres se découvrent également à l'écran, à l'instar du chefd'oeuvre de Picasso dans Guernica: Portrait of War de Santiago Torres et Ramon Vallès, ou de la performance de deux illustres trublions britanniques dans Gilbert and George: No Surrender de Chris Rodley. Enfin, des courants - le baroque latino-américain dans Barroco de Heinz Peter Schwerfel et l'âge d'or de la peinture hollandaise dans Dutch Portraits: The Age of Rembrandt and Frans Hals de Marcus Latham - s'offrent une toile.

ART VIVANT

 

Flow: A tribute to the Artists of O d'Oana Suteu Khuntirian se veut une immersion dans l'univers du spectacle O du Cirque du Soleil et témoigne de l'importance de l'art vivant dans la sélection 2008. Ainsi, la danse y déploie ses mouvements : Here after, adaptation filmée du spectacle Puur par Wim Vandekeybus lui-même ; The Magic of Swan Lake de Flavia Rittner, regard sur une oeuvre éminente par la célèbre danseuse britannique Darcey Bussell; Phoenix Dance de Karina Epperlein, retour sur l'émouvant combat du danseur américain Homer Avila amputé d'une jambe... Quant à la musique, elle se confond avec l'image: A Journey of Dmitry Shostakovich d'Oksana Dvornichenko et Helga Landauer; Pete Doherty d'Ashtar Alkhirsan; Born a Pianist - Portrait of Gergely Bogányl de Jurdit Várbiró...

UN PONT ENTRE ART ET SCIENCE

 

 

Conçu comme une enquête sur une oeuvre d'Escher à la perspective irrésolue, le film Achever l'inachevable de Jean Bergeron, choisi pour l'ouverture du FIFA jeudi dernier, fait le lien entre l'art et la science. Quand la caméra se penche sur l'étude, la connaissance : Côa, la rivière aux mille gravures de Jean-Luc Bouvret, Library on Ice - Lutz Fritsch in the Antarctic de Maria Anna Tappeiner et Reinhard Wulf, ou encore Néfertiti à l'épreuve de la science de Thomas Hauer et René Kirschey.

PERSPECTIVES VISUELLES

 

 

Sur grand écran, architecture et design imposent leurs formes : Eileen Gray - Invitation to a Voyage de Jörg Bundschuh retrace le portrait d'une artiste irlandaise incontournable au même titre que ses contemporains Le Corbusier, Marcel Breuer et Mies van der Rohe ; The Melnikov House de Rax Rinnekangas revient sur la maison de l'architecte russe Konstantin Melnikov, chef-d'oeuvre du constructivisme; Saving Fallingwater de Kenneth Love révèle l'un des meilleurs exemples de l'architecte organique Frank Lloyd Wright ; Great Expectations de Jesper Wachtmeister propose un tour d'horizon des grandes visions architecturales du XXe siècle à aujourd'hui (les villes fonctionnalistes de Le Corbusier, les projets au croisement du pop art des architectes anglais d'Archigram, les maisons troglodytes d'Antti Lovag...), et enfin, Tours d'aujourd'hui et de demain de Bertrand Stéphant-Andrews s'intéresse à cet objet très contemporain en expansion.

OPTIQUES

 

Art de l'image par excellence, la photographie s'affiche en grand. Avec des hommes de renom: By the Ways, A Journey with William Eggleston de Vincent Gérard et Cédric Laty, une fiction qui se télescope avec le réel sur les traces d'un «regard» en marge des conventions; Andres Serrano d'Adam Kahan, retour sur un photographe qui devint célèbre et infâme du jour au lendemain avec Piss Christ, la photo d'un crucifix plongé dans l'urine; Sensitive Eye de Liliana Ginanneschi, survol de l'oeuvre de Francesco Zizola, seul photographe italien à avoir été primé par la World Press Photo; Hiroshi Sugimoto - Visions in my Mind de Maria Anna Tappeiner, à la rencontre d'une oeuvre conceptuelle et poétique. Enfin, Looking for an Icon de Hans Pool et Maaik Krijgsman revient sur des photos de presse devenues des symboles de leur temps.

UN OEIL SUR LA PLANÈTE

 

 

Dans En attendant les hommes de Kati Lena Ndiaye, projeté en clôture du FIFA, Khady, Massouda et Cheicha, trois femmes mauritaniennes, peignent les murs de leur maison et s'expriment sur leurs relations avec les hommes partis chercher fortune. Autres liaisons entre l'art et la vie sous l'oeil de la caméra: Un soleil à Kaboul... ou plutôt deux de Bellugi-Vannuccini, Canto Sabido et Chevallier, le suivi d'un stage mené par Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil auprès d'une jeune troupe afghane dans les ruines de Kaboul ; Le voyage à Tunis de Bruno Moll dans les pas de Paul Klee en Tunisie ou Loin des favelas d'Eileen Thalenberg, le travail du fameux chorégraphe brésilien Ivaldo Bertazzo dans les quartiers pauvres de São Paulo.

L'EXCEPTION

 

 

La sélection du 26e FIFA retrace avec abondance le parcours de personnalités qui ont marqué les arts et leur temps: l'écrivaine Simone de Beauvoir, le comédien Gilles Pelletier, le danseurchorégraphe Antonio Gades, le chanteurcompositeur BobMarley, l'acteur-réalisateur Clint Eastwood, l'actrice Jeanne Moreau, la danseusechorégraphe Pina Bausch, le chanteur George Michael, l'historien-linguiste Léandre Bergeron, le photographe glamour Helmut Newton... font l'objet de films captivants.

ARTS MÉDIATIQUES

Le FIFA propose un panorama de la vidéo canadienne et québécoise, avec une rétrospective de la cinéaste d'animation Diane Obomsawin, une série de performances filmées de David Askevold décédé cette année, une sélection de courts métrages et des Vidéos de femmes: autoportraits. À noter aussi, la diffusion de quelques portraits de vedettes de Robert Wilson tirés de sa collection VOOM.

DES HOMMAGES

Le festival salue l'oeuvre de l'enfant terrible du cinéma britannique, Ken Russell, rare réalisateur à avoir travaillé dans le documentaire et la fiction. Si aucun de ses films de cinéma n'est proposé, les principaux documentaires qui ont marqué sa carrière sont projetés: Clouds of Glory, The Debussy film, Elgar - Portrait of A Composer... Autre hommage, celui rendu au 7e art avec des films sur Arletty, Binka, Germaine Dulac, Godard, Wim Wenders, Pasolini, Polanski, Errol Flynn...

> EN VRAC

Mais, le FIFA, c'est encore des regards sur la littérature (Entre enfer et Paradis, Malcolm Lowry à Vancouver, l'auteur génial et destructeur de Under the Volcano, par Anne Worrall), sur le milieu de l'art lui-même (Andy Warhol: Denied de Chris Rodley sur les difficultés d'authentification d'une oeuvre du maître du pop art) et sur la mode (Marc Jacobs & Louis Vuitton de Loïc Prigent), en plus de la célébration du 20e anniversaire des productions du Louvre.




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