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The Immigrant : revoir le passé pour éclairer le présent

Jeremy Renner, James Gray et Marion Cotillard ont... (Photo: Reuters)

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Jeremy Renner, James Gray et Marion Cotillard ont posé pour les photographes.

Photo: Reuters

(Cannes) Depuis le magnifique The Yards, sorti en 2000, tous les films de James Gray ont eu l'honneur de concourir dans la compétition du Festival de Cannes. Le réalisateur américain, qui a fait tourner Joaquin Phoenix dans tous ses longs métrages (à l'exception de Little Odessa, qui remonte à 1994), n'avait rien offert aux cinéphiles depuis Two Lovers, un film injustement oublié au palmarès en 2008.

On ne sait trop s'il s'agit d'un scénario récurrent, mais la filmographie de James Gray laisse deviner une alternance entre d'excellents films et d'autres... moins bons. Le très surfait We Own the Night avait succédé à The Yards. Et voilà que The Immigrant, un film plutôt moyen aussi, succède à Two Lovers.

The Immigrant affiche assurément de belles qualités, notamment sur le plan de la réalisation et de la photographie (signée Darius Khondji), mais ce récit d'immigration américaine dans les années 20 se révèle plutôt classique, voire même convenu. L'approche mélodramatique qu'emprunte l'auteur cinéaste est bien assumée, mais elle prête aussi flanc à un jeu trop appuyé des acteurs. Dans ce contexte, on aura du mal à souscrire à l'histoire. D'autant que la forme est ici un peu vieillotte.

Semblant vouloir se spécialiser dans les rôles «à accents» cette année, Marion Cotillard, vue en Italienne dans Blood Ties (de Guillaume Canet), incarne ici une Polonaise. En 1921, Ewa s'embarque en compagnie de sa soeur sur un bateau en partance pour Ellis Island. Les deux frangines comptent retrouver de la parenté en Amérique. Et se construire une vie. Or, les choses ne se présentent pas tout à fait comme prévu. Sa soeur ayant été mise en quarantaine par les autorités à cause des symptômes de la tuberculose, Ewa se retrouve sans papiers et sans ressources. Elle accepte à contrecoeur l'aide d'un type (Joaquin Phoenix) qui semble avoir ses entrées un peu partout. Sous l'influence de ce dernier, la jeune femme se prostitue. Et se retrouve partagée entre son proxénète et le cousin de ce dernier (Jeremy Renner), illusionniste dans des spectacles de cabaret.

Même débat depuis 100 ans

Issu d'une famille dont les aïeuls sont venus de Russie et d'Ukraine, James Gray est évidemment très sensible aux questions de l'immigration. D'autant que le thème est souvent au coeur du débat politique dans les sociétés occidentales, particulièrement aux États-Unis.

«Ellis Island était l'endroit où arrivaient tous les immigrants entre 1920 et 1924, a expliqué le cinéaste lors d'une conférence de presse. 40% des Américains ont un membre de la famille qui est passé par EIlis Island. Je suis très favorable à l'immigration. Cela enrichit la société. Elle apporte de la vitalité, de la souplesse et du dynamisme à la culture. Quand j'entends comment on parle des latinos ou de tout autre groupe issu des communautés culturelles dans certains cercles aujourd'hui, j'aime rappeler que ce sont exactement les mêmes arguments qu'on sort depuis 100 ans pour dénigrer tous les immigrants. En 1840, on disait des Irlandais qu'ils étaient paresseux. On a dit la même chose des Italiens quand ils sont arrivés plus tard. Puis des Juifs. Mon film ne s'inscrit pas dans un débat politique, mais en rappelant l'histoire de ce pays, il se révèle quand même éloquent.»

Le choix des acteurs

Marion Cotillard a hérité du rôle d'Ewa. Même s'il ne l'avait jamais vue au cinéma auparavant, James Gray a écrit le rôle en pensant à l'actrice française. Après s'être lié d'amitié avec Guillaume Canet, avec qui il a écrit le scénario de Blood Ties, le cinéaste a rencontré la vedette de De rouille et d'os dans un dîner. Il a été subjugué par l'aspect expressif de son visage.

«La vie en rose est sorti au moment où j'ai commencé à faire des enfants, a expliqué James Grey. Je n'ai vu aucun film durant cette période. Il suffit de rencontrer Marion pour se rendre tout de suite compte de son intelligence émotionnelle. Parfois, il n'est point besoin de voir les autres films d'un acteur pour apprécier son talent. Ça se sent, ça se voit. Bien entendu, j'ai vu quelques films avec Marion avant notre tournage. Elle est formidable. J'étais par ailleurs déjà très familier du travail de Jeremy Renner car je suis très ami avec la réalisatrice de The Hurt Locker Kathryn Bigelow. Nous partageons d'ailleurs le même producteur.»

Joaquin Phoenix, évidemment absent de la conférence de presse (l'acteur annule régulièrement ses participations dans les festivals), a retrouvé Gray pour une quatrième fois.

«Au début, je ne voyais pas du tout cela comme une relation privilégiée comme celle qu'ont eue, par exemple, Martin Scorsese et Robert DeNiro. Mais cela s'est imposé au fil des ans. Joaquin dispose d'une palette très vaste sur le plan émotionnel. Je l'aime beaucoup.»

De son côté, Marion Cotillard confie avoir trouvé difficiles les longs passages en polonais.

«Le langage fait partie d'un tout, a-t-elle déclaré. J'aime créer des personnages qui ont leur propre démarche, leur propre langage physique, leur propre voix. Quand on a une langue à apprendre, ça aide à construire quelque chose de différent. Dans le film, je joue une Polonaise, il fallait donc que je parle parfaitement, sans accent. J'ai compris que pour bien parler, il fallait que je me plonge dans la culture polonaise. J'ai fait la même expérience en anglais et en italien. La culture enrichit la langue et inversement. Il est toutefois frustrant de ne pas pouvoir vérifier soi-même si l'accent est parfait ou pas.»




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