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Les scènes fortuites: le vrai/faux Guillaume Lambert

Les deux mains sur le volant, Guillaume Lambert a écrit et réalisé, en plus d'y jouer, Les scènes fortuites, son tout premier long métrage, tourné en 20 jours avec un peu moins de 200 000 $. Entrevue avec un touche-à-tout amoureux des paradoxes qui pose un regard doux-amer sur sa génération.

Les scènes fortuites, c'est d'abord l'histoire de Damien Nadeau-Daneau, un jeune cinéaste qui n'a pas terminé son film avec l'acteur français Denis Lavant. C'est aussi un peu celle de Guillaume Lambert, qui a forcé le destin en 2014 et persuadé l'acteur français de passage à Montréal de jouer une scène à ses côtés.

«Je n'avais pas de scénario. Je prévoyais faire un court métrage. J'ai écrit cette scène en une nuit, et trois jours plus tard, on l'a tournée dans un parc avec une équipe montée à l'arrache», se souvient Guillaume Lambert. 

Dans le tourbillon de la série humoristique Like-moi!, les opportunités ont déboulé rapidement pour l'auteur et comédien qui a dû mettre de côté son projet. Projet qui allait se transformer en long métrage. «Quand j'ai eu l'occasion de déposer un projet au programme de microbudget de Téléfilm, c'est devenu clair: j'allais réaliser l'histoire d'un gars qui n'a pas fini son film avec Denis Lavant», explique le comédien de 33 ans. 

Affectionnant les formats atypiques, Guillaume Lambert a fouillé dans ses dossiers pour dénicher ce qu'il appelle tendrement «ses petites retailles», comme une des scènes jamais tournées de la websérie L'âge adulte, pour les catapulter dans Les scènes fortuites.

«Le film s'est écrit au fur et à mesure. J'ai débuté en septembre 2016, et on a commencé le tournage à l'Halloween», précise-t-il. On y suit Damien Nadeau-Daneau, trentenaire endetté dont la carrière piétine, qui découvre que la réalité est parfois plus intéressante que la fiction. À défaut d'avoir une histoire forte, Damien devient le témoin des drames que vivent les gens qui l'entourent.

Guillaume Lambert dans Les scènes fortuites.... (Photo fournie par Entract Films) - image 2.0

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Guillaume Lambert dans Les scènes fortuites.

Photo fournie par Entract Films

«Je m'intéresse beaucoup à la fiction dans la fiction.»

«Je voulais parler de cette fragilité émotionnelle qu'ont les créateurs dans un contexte générationnel où le monde se cherche à travers l'infinie possibilité artistique professionnelle. Je voulais quelque chose à l'image des films américains indépendants du début des années 2000 qui m'ont beaucoup inspiré, un hommage au cinéma typiquement indépendant», précise le scénariste.

Fiction contre réalité

Aimant les paradoxes, Guillaume Lambert joue avec la dimension vrai/faux dans Les scènes fortuites. «J'ai besoin de flirter avec la réalité et la fiction. C'est aussi pour ça que ma caméra est très organique, nerveuse, proche du documentaire. J'adore quand les gens se demandent si c'est arrivé!», s'amuse le réalisateur qui a utilisé des archives familiales et des expériences de son passé au profit de son long métrage.

Tout comme Damien, son personnage, Guillaume Lambert a déjà été adaptateur en surimpression vocale pour une série de vidéos humoristiques.

«Elle n'est jamais passée en ondes, car il y avait des vidéos trop violentes! Un gars se faisait mordre la main par un requin avec des rires en canne! Je trouvais le paradoxe insupportable: j'étais chez nous et j'écrivais des trucs du genre "cette grosse femme ne sait pas ce qui l'attend" et elle tombait par terre. J'étais en train de commettre un crime contre l'humanité, de nourrir les gens de chips et de côtes levées! Je me disais que c'était peut-être la prémisse d'un drame, tout ça!», lance le comédien qui a également déjà joué le lutin du père Noël pour arrondir ses fins de mois, tout comme son protagoniste. 

«Être habillé en lutin et aller fumer une cigarette dehors, je l'ai fait et je trouvais l'image formidable!»

Originaire de Sorel, le comédien a remporté à l'âge de 7 ans un concours qui lui a permis de devenir caméraman amateur d'une émission de chasse et pêche. Un souvenir immortalisé dans une entrevue d'une demi-heure sur la chaîne communautaire de Sorel où il fait part de ses ambitions de faire carrière derrière la caméra, qu'il transforme pour les besoins du film en entrevue d'enfant-vedette d'une série à succès.

«On a créé Le petit tannant à partir de ces archives personnelles. Je voulais exploiter un côté nostalgique dans ce film et le grain du VHS s'imposait. Mon père filmait tout quand on était jeunes. Il faisait la narration pour combler le silence. Je volais sa caméra et je filmais mes soeurs. Le film est aussi une façon de réfléchir sur mon enfance et ma vingtaine», confie Guillaume Lambert. 

À sa sortie de l'école de théâtre à 22 ans, le jeune comédien avait du mal à décrocher des contrats. «Devant l'impossibilité de jouer ce que je voulais, j'ai commencé à écrire. J'ai fait mon court métrage Toutes des connes, je suis rentré à l'INIS. Puis j'ai écrit pour Les Parent», évoque l'auteur et comédien de la websérie L'âge adulte pour qui Les scènes fortuites est la suite logique de ses projets antérieurs. «C'est un peu une lettre à moi dans le futur, une pulsion créatrice», lance-t-il.

Génération touche-à-tout

Comédien dans Like-moi!, Guillaume Lambert joue et signe L'âge adulte, dont la deuxième saison sera diffusée sur Tou.tv à partir du 4 avril. Auteur du roman Satyriasis, il a également rejoint cet hiver l'équipe du Bye bye en tant qu'auteur. «C'était un rêve de petit gars! J'aime beaucoup la parodie. Être à la table d'auteurs, même pour seulement cinq semaines, était génial. Je n'avais qu'un seul objectif: que Marc Labrèche joue Céline et refasse le clip du Vogue», lance-t-il, enthousiaste.

Dans son premier long métrage, Guillaume Lambert pose également un regard tendre et mélancolique sur sa génération.

«En se mettant en scène, il y a un acte de dévoilement qui peut être représentatif d'une génération. On fait les choses à notre manière, qui m'aime me suive! Je trouve ma génération éparpillée, mais je la trouve belle à voir aller. Il y a à peine 10 ans, c'était impossible de faire un long métrage avant ses 40 ans avec moins de 1 million, et les séries web n'existaient pas. Aujourd'hui, je vois des gens qui ont leur boîte de production, leur compagnie de théâtre ou qui sont dans les festivals. Je trouve ça challengeant», conclut-il.

Le film Les scènes fortuites, qui met également en vedette Valérie Cadieux, Sarianne Cormier, Monia Chokri et Éric Bernier, prendra l'affiche le 26 janvier.




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