Hollywood célèbre le vrai retour du public dans les salles et compte sur des films comme Top Gun : Maverick, Jurassic World Dominion et autres Lightyear pour retrouver sa vigueur d’antan. Des films d’ici et d’ailleurs tenteront aussi de tirer leur épingle du jeu pendant cette saison de relance. La Presse braque aujourd’hui ses projecteurs sur 20 longs métrages attendus.

Publié le 27 mai
Marc-André Lussier
Marc-André Lussier La Presse

Arlette

PHOTO FOURNIE PAR LES FILMS OPALE

Maripier Morin et Paul Ahmarani dans Arlette, un film écrit par Marie Vien, réalisé par Mariloup Wolfe.

Cette comédie dramatique, dont le scénario est écrit par Marie Vien (La passion d’Augustine, 14 jours 12 nuits), fera sans doute couler beaucoup d’encre. Réalisé par Mariloup Wolfe (Jouliks), Arlette marque en effet le retour de Maripier Morin au grand écran, deux ans après avoir fait l’objet de premières allégations d’inconduite sexuelle et comportementale. L’actrice y incarne une jeune femme qui, du jour au lendemain, est nommée ministre de la Culture par un premier ministre désirant rajeunir l’image de son gouvernement. Entourée d’une imposante distribution, dont font notamment partie Gilbert Sicotte, David La Haye, Paul Ahmarani, Benoît Brière, Claudia Ferri et Bruno Marcil, la vedette passera-t-elle avec succès son premier vrai test auprès du public ? Réponse le 5 août.

Arsenault et fils

Après huit ans d’absence de cinéma, pendant lesquelles il a réalisé de nombreuses séries télévisées (Blue Moon, Fatale-Station, Ruptures et quelques autres), Rafaël Ouellet (Camion) propose un long métrage dont il signe aussi le scénario. Pour ce thriller ayant pour cadre le garage que tient une famille ayant mauvaise réputation, le cinéaste a réuni une distribution de haut vol, dont font partie Guillaume Cyr, Luc Picard, Karine Vanasse, Micheline Lanctôt, Pierre-Paul Alain et Julien Poulin. « On veut créer quelque chose qui va être vu, aimé et partagé, a déclaré Rafaël Ouellet à La Presse au moment du tournage. Je ne veux pas me mettre trop de pression, mais je suis quand même conscient qu’Arsenault et fils représente une autre étape dans ma filmographie. »

En salle le 17 juin.

Bullet Train

Vu récemment dans The Lost City, où son rôle était court mais marquant, Brad Pitt emprunte cette fois la voie de la comédie, dans un film d’action dont la réalisation est signée David Leitch (Deadpool 2), lui-même un ancien cascadeur et chorégraphe de scènes où ça déménage. Se déroulant au Japon, Bullet Train a pour cadre un train à grande vitesse dans lequel se retrouvent cinq tueurs à gages ayant tous en commun une même cible, mais dont les intérêts divergent totalement. Autour de Brad Pitt gravitent des personnages interprétés par Sandra Bullock, Aaron Taylor-Johnson, Joey King, Michael Shannon et plusieurs autres. Si le film est à la hauteur de sa bande-annonce, un bon divertissement est à prévoir.

En salle le 5 août.

Cha Cha Real Smooth

Faudra-t-il prévoir pour ce deuxième long métrage de Cooper Raiff un destin similaire à celui de CODA ? Le diffuseur en ligne Apple TV+, qui a mené le remake américain de La famille Bélier jusqu’à l’Oscar du meilleur film de l’année, a acquis les droits d’exploitation de Cha Cha Real Smooth, lauréat du prix du public au festival de Sundance, pour la rondelette somme de 15 millions de dollars. Mettant en vedette le scénariste et réalisateur lui-même, ainsi que Dakota Johnson, cette comédie dramatique relate la relation particulière qui se noue entre un jeune homme réputé pour ses animations de cérémonies de la bar-mitsvah et une femme mère d’une adolescente autiste.

Sur Apple TV+le 17 juin.

Confessions

Inspiré du livre qu’ont publié les journalistes Éric Thibault et Félix Séguin, ce cinquième long métrage de Luc Picard à titre de réalisateur relate la vie de Gérald Gallant, tueur à gages et indicateur de police. Tenant aussi le rôle principal de celui à qui l’on attribue 28 meurtres et une quinzaine d’attentats (pour la plupart des membres haut placés des Hells Angels, de la mafia et du crime organisé), le cinéaste s’est entouré de solides comédiens, parmi lesquels on note les présences d’Éveline Gélinas, Emmanuel Charest, Bobby Beshro, Maxim Gaudette, David La Haye, Sandrine Bisson, Louise Portal, Catherine De Léan et Raymond Cloutier. Lancé en primeur mondiale au festival de Whistler l’an dernier, où Luc Picard a obtenu le prix de la mise en scène, Confessions prendra l’affiche le 20 juillet.

Elvis

Baz Luhrmann, reconnu pour ses films flamboyants (parmi lesquels Moulin Rouge), vient tout juste de lancer son portrait du célèbre interprète de Blue Suede Shoes au Festival de Cannes. Au cœur du récit, les rapports complexes entre la vedette et son impresario, le colonel Parker, interprété par Tom Hanks. En toile de fond, l’ascension d’une icône au moment même où la société américaine est en pleine ébullition. Austin Butler, pour qui il s’agit d’un premier grand rôle au cinéma, a hérité du rôle du King. Kelvin Harrison Jr interprète par ailleurs B. B. King, tandis que Kodi Smit-McPhee, dont la performance dans The Power of the Dog fut marquante, prête ses traits au chanteur country Jimmie Rodgers.

En salle le 24 juin.

En corps

Passionné de danse depuis toujours, le cinéaste Cédric Klapisch (L’auberge espagnole) concrétise enfin son envie d’un film de fiction sur cet art. Mettant en vedette de vrais danseurs qui savent jouer (et non des comédiens qui savent danser), En corps relate l’histoire d’Élise (Marion Barbeau, première danseuse à l’Opéra de Paris), grande danseuse classique qui, après s’être blessée pendant un spectacle, réapprend son art à travers la danse contemporaine. Souhaitant évoquer le côté lumineux d’une discipline souvent montrée sous un aspect plus sombre au cinéma, Cédric Klapisch semble avoir réussi son pari. Un mois après sa sortie, En corps avait déjà attiré plus de 1 million de spectateurs dans les salles françaises.

À l’affiche le 15 juillet.

The Gray Man

« Les frères Russo l’ont envoyée à l’extérieur du stade ! » Ainsi s’est exclamé Chris Evans sur Instagram en publiant une photo du personnage qu’il joue dans The Gray Man, une adaptation cinématographique du roman de Mark Greaney. Anthony et Joe Russo (Avengers : Endgame et Infinity War) ont enfin pu concrétiser un projet qui se promène dans les officines hollywoodiennes depuis plus de 10 ans, dont l’histoire est construite autour d’un tueur à gages (Ryan Gosling), désormais pourchassé par un ancien collègue de la CIA (Chris Evans). Avec un budget d’environ 200 millions de dollars, The Gray Man est le film le plus cher jamais produit par Netflix. Le diffuseur en ligne, qui compte sortir le film en salle le 15 juillet, soit une semaine avant de l’offrir sur sa plateforme, espère en faire une franchise à la James Bond. Ana de Armas et Regé-Jean Page font aussi partie de l’aventure.

J’adore ce que vous faites

Avec Trois fois rien, de Nadège Loiseau, J’adore ce que vous faites est le deuxième film français dans lequel Antoine Bertrand tient un rôle important cette année. Dans cette comédie où Gérard Lanvin se joue lui-même et dans laquelle l’humoriste Artus campe un admirateur intrusif du comédien, l’interprète de Louis Cyr se glisse dans la peau d’un cinéaste. Le réalisateur américain d’une grande production tournée en France, dans laquelle Gérard Lanvin est de la distribution, ayant dû se désister, on a fait appel à ce cinéaste qui s’exprime avec l’accent québécois pour prendre le relais. Philippe Guillard, un ancien joueur de rugby ayant déjà quelques films à son actif (Le fils à Jo, Papi-Sitter), signe le scénario de ce long métrage qui prolonge sa collaboration féconde avec Gérard Lanvin.

À l’affiche le 12 août.

Jurassic World Dominion (Le monde jurassique – La domination)

On nous propose cette année le sixième long métrage d’une franchise qui, l’an prochain, célèbrera le 30anniversaire de la sortie de Jurassic Park, une réalisation de Steven Spielberg. La particularité de Jurassic World Dominion réside dans le retour de Chris Pratt et de Bryce Dallas Howard, présents dans l’opus précédent, mais surtout dans la réunion de Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum. Ces interprètes de la première heure reprennent en effet des personnages qui n’ont pas été vus les trois ensemble depuis The Lost World : Jurassic Park, en 1997. Il est à noter que la réalisation de Jurassic World Dominion est assurée par Colin Trevorrow, celui-là même qui avait signé en 2015 celle de Jurassic World.

En salle le 10 juin.

Lightyear

Dans ce nouveau long métrage produit par les studios Pixar, on raconte l’origine du personnage ayant inspiré le jouet dans les différentes moutures de Toy Story. Ayant échoué sur une planète hostile située à 4,2 millions d’années-lumière de la Terre, le célèbre patrouilleur de l’espace doit trouver le moyen de rentrer chez lui à travers l’espace et le temps. Il est à noter qu’au Québec, le film porte le même titre que la version originale, étant donné que dans les films Histoire de jouets, dont les doublages ont été produits en nos terres, le nom du personnage a toujours été Buzz Lightyear (en France, il s’appelle Buzz l’Éclair – d’où la différence de titre). Chris Evans prête sa voix au personnage dans la version originale.

En salle le 17 juin.

Lignes de fuite

En plus d’avoir écrit avec Émile Gaudreault le scénario de l’adaptation cinématographique de sa propre pièce et de signer le film en coréalisation avec Miryam Bouchard (Mon cirque à moi), Catherine Chabot tient la vedette de Lignes de fuite avec Mariana Mazza et Léane Labrèche-Dor. Au cœur du récit de cette comédie dramatique figurent les retrouvailles entre trois amies du secondaire, maintenant trentenaires, dont les langues se délient au gré d’une soirée festive et bien arrosée. « Je n’ai pas la prétention d’avoir écrit un Déclin 2,0, a déclaré Catherine Chabot au moment du tournage. Il y a des rapprochements, certes, puisque c’est aussi une critique sociale qui se veut un instantané d’une génération. Mais c’est aussi une comédie dramatique avec des répliques qui tuent. »

En salle le 6 juillet.

Maigret

Après la comédie Maison de retraite, que nous verrons au Québec le 10 juin, Gérard Depardieu sera la tête d’affiche de Maigret, personnage emblématique de l’œuvre de Georges Simenon. Réalisée par le vétéran Patrice Leconte (Monsieur Hire, Ridicule), Maigret est l’adaptation du roman Maigret et la jeune morte, publié en 1954. Pour l’occasion, le cinéaste et le scénariste Jérôme Tonnerre ont eu les coudées d’autant plus franches que le célèbre commissaire, bien qu’ayant été la vedette de séries à la télévision, n’a pas été vu au grand écran depuis plus de 50 ans. Gérard Depardieu reprend ainsi un rôle qu’a déjà immortalisé au cinéma Jean Gabin, un autre monstre sacré.

En salle le 29 juillet.

The Man from Toronto

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

Woody Harrelson et Kevin Hart dans The Man from Toronto, un film réalisé par Patrick Hughes

Cette comédie d’action devait d’abord sortir en salle, mais le studio Sony a finalement préféré en céder les droits à Netflix. C’est sur la plateforme du géant de la diffusion en ligne que sera offert ce long métrage dont la réalisation est assurée par l’Australien Patrick Hughes (The Expendables 3, The Hitman’s Bodyguard). Mettant en vedette Kevin Hart et Woody Harrelson (ce dernier a repris un rôle initialement prévu pour Jason Statham), The Man from Toronto repose sur un échange d’identité involontaire entre l’assassin le plus redoutable du monde, surnommé « l’homme de Toronto », et un quidam à la suite de la location d’un logement Airbnb à New York. Les deux hommes auront évidemment des façons bien différentes de gérer les meurtriers à leurs trousses.

Sur Netflix le 24 juin.

Mrs. Harris Goes to Paris

Dans cette adaptation d’un roman de Paul Gallico publié en 1958, la toujours excellente Lesley Manville (Phantom Thread, The Crown) se glisse cette fois dans la peau d’une modeste femme de ménage londonienne, maintenant veuve, qui tombe follement amoureuse d’une robe couture Dior. Elle fait ainsi tous les sacrifices afin de réunir les fonds nécessaires pour la réalisation de son rêve et s’offrir un voyage à Paris. Réalisée par Anthony Fabian (Skin, Louder than Words), un cinéaste américain vivant à Londres depuis des années, cette comédie dramatique campée dans les années 1950 met également en vedette Isabelle Huppert, Lambert Wilson et Jason Isaacs.

En salle le 15 juillet.

Nope (Ben non)

Il y a eu Get Out, puis Us. Il y a maintenant Nope (dont le titre de la version française au Québec est Ben non). Ne comptez cependant pas sur Jordan Peele pour en dévoiler davantage. Tout ce à quoi nous pouvons nous accrocher pour l’instant est une bande-annonce dans laquelle on fait écho à d’étranges – et inquiétants – phénomènes survenant sur un grand ranch californien. On sait aussi que Daniel Kaluuya (Judas and the Black Messiah), Keke Palmer (Hustlers) et Steven Yeun (Minari) dominent une distribution dont fait aussi partie Donna Mills, grande vedette du téléroman de luxe Knot’s Landing dans les années 1980. Pour le reste, il faudra patienter jusqu’au cœur de l’été avant de savoir vraiment de quoi il en retourne. Parions qu’on en frissonnera.

En salle le 22 juillet.

Pas d’chicane dans ma cabane

Pour son premier long métrage, Sandrine Brodeur-Desrosiers, déjà remarquée grâce à ses courts métrages (Juste moi et toi a été primé à la Berlinale en 2019 et a remporté l’Iris du meilleur court métrage au Gala Québec Cinéma l’année suivante), propose une comédie jeunesse dont les protagonistes sont des préados. Un peu lasse de l’ambiance parfois tendue à la maison, une jeune fille de 12 ans (Charlotte St-Martin) espère le divorce de ses parents (Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant), croyant dur comme fer qu’elle sera alors plus heureuse. Mais que faire quand père et mère n’ont nullement l’intention de se séparer ? Coscénarisé par Maryse Latendresse et la cinéaste, Pas d’chicane dans ma cabane est clairement destiné à un public, plus jeune, que le cinéma québécois courtise plus rarement.

En salle le 10 juin.

Thor : Love and Thunder (Thor – Amour et tonnerre)

Cinq ans après Thor : Ragnarok et deux ans après avoir remporté l’Oscar du meilleur scénario adapté grâce à Jojo Rabbit, Taika Waititi retrouve l’univers cinématographique de Marvel à la faveur de ce quatrième long métrage consacré à Thor en 11 ans. Dans ce nouvel opus dénué de multivers à la Doctor Strange, Chris Hemsworth reprend bien sûr son rôle de dieu nordique de la foudre et du tonnerre. Il est entouré cette fois de Tessa Thompson (Valkyrie), Christian Bale (Gorr), Taika Waititi (Korg) et, surtout, Natalie Portman (Jane Foster). On laisse d’ailleurs entendre que le rôle que tient celle qui fut primée aux Oscars grâce à sa performance dans Black Swan (Darren Aronofsky) prendrait cette fois beaucoup plus d’importance.

En salle le 8 juillet.

Un été comme ça

Avec sa vision unique et son sens de la mise en scène, Denis Côté propose un film qui ne ressemble à rien d’autre, dans lequel il aborde avec audace des thèmes liés à la sexualité, peu souvent traités dans le cinéma québécois. Mettant en vedette Larissa Corriveau, Laure Giappiconi et Aude Mathieu, le 14long métrage du réalisateur de Curling relate le parcours émotif de trois jeunes femmes qui, pendant 26 jours, explorent leurs malaises sexuels dans une maison de repos. Lancé à la Berlinale, où il était en lice pour l’Ours d’or, Un été comme ça se distingue par son regard franc et délicat sur la sexualité féminine.

En salle le 19 août.

Une histoire d’amour et de désir

Lancé l’an dernier au Festival de Cannes, où il fut présenté à la Semaine de la critique, ce deuxième long métrage de Leyla Bouzid relate la relation se développant entre un jeune Français d’origine arabe (Sami Outalbali) ne connaissant rien de l’Algérie, le pays dont ses parents sont originaires, et une jeune Tunisienne (Zbeida Belhajamor) ayant récemment quitté son pays pour venir étudier en France. En plus de démystifier les clichés associés à la culture maghrébine, la réalisatrice a voulu jeter un regard différent sur les amours charnelles. « Le regard masculin sur le corps féminin, c’est l’histoire de l’Art en entier. Mais le regard féminin posé sur le corps masculin manque. Avec ce film, j’avais envie d’en proposer un et qu’il soit un hymne au désir physique, un appel à aimer », décrit-elle.

En salle le 17 juin.