Chaque année, la tournée du Festival du film de montagne de Banff permet de faire la connaissance d’aventuriers de réputation mondiale et de spectaculaires contrées éloignées. Les festivaliers québécois ont une belle surprise cette année avec deux courts métrages qui mettent en vedette deux femmes d’ici, Émilie Pellerin et Lysanne Richard, dans des lieux bien de chez nous, Val-David et Thetford Mines.

Publié le 27 janvier
Marie Tison
Marie Tison La Presse

Les deux films, retenus dans la sélection officielle du Festival, sont réalisés par une autre jeune Québécoise, Alexa Fay, en partenariat avec la productrice Sophie Claivaz-Loranger et le directeur photo Simon Dufour.

« C’est un peu cliché de dire ça, mais ç’a toujours été un rêve de présenter un film à Banff », raconte Alexa Fay.

C’est une tournée que j’allais voir chaque année, je me disais que ce serait incroyable d’avoir un film présenté sur le grand écran devant tout le monde.

Alexa Fay

Le trio a soumis ses deux premiers projets, EM et Toujours plus haut, qui ont été retenus. « On n’aurait jamais pu imaginer une aussi belle réception pour nos deux premiers films », lance Alexa Fay.

EM raconte la quête d’une grimpeuse québécoise de haut niveau, Émilie Pellerin, qui veut réaliser l’ascension d’une des voies d’escalade traditionnelle les plus difficiles en Amérique du Nord, La Zébrée, dans le parc régional Val-David–Val-Morin.

Alexa Fay rencontre la grimpeuse pour la première fois à Val-David, pour ce qui devait être une simple reconnaissance de la voie. Il avait plu au cours des jours précédents et la voie était tout simplement trop mouillée pour permettre l’ascension. Ça n’a toutefois pas stoppé Émilie Pellerin.

PHOTO FOURNIE PAR ALEXA FAY

La grimpeuse Émilie Pellerin vérifie son équipement d’escalade traditionnelle. Ce type d’escalade nécessite la pose de pièces de protection amovibles pendant l’ascension.

« J’avais apporté une seule caméra alors que notre plan initial était d’en avoir plusieurs, raconte Alexa Fay. Émilie commence à grimper, elle continue, je réalise qu’elle est en train de réussir La Zébrée. J’étais toute seule avec une caméra qui n’avait presque plus de batterie. J’étais tellement stressée : imagine si je ne pogne pas la fin ! Au final, tout a bien marché. Émilie est la seule qui a grimpé la voie dans ces conditions-là. »

Un seul plongeon

Alexa Fay avait une sensibilité certaine face à cet exploit, étant elle-même une grimpeuse. Mais elle n’avait aucune expérience avec le plongeon de haut vol, le sujet de Toujours plus haut, mettant en vedette Lysanne Richard.

C’est un projet fou de la plongeuse qui a attiré l’attention de la jeune réalisatrice : faire un plongeon de haut vol en hiver, dans un lac gelé dans lequel on aura fait un trou.

C’était un défi technique pour nous. On devait s’assurer d’avoir assez de caméras sur le terrain parce qu’on n’aurait qu’une shot.

Alexa Fay

À cause du froid, Lysanne Richard ne pourrait faire qu’un plongeon, tout comme son coéquipier, Yves Milord.

PHOTO MATHIEU TRANCHIDA, FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Lysanne Richard a entrepris le projet fou de faire un plongeon de haut vol en hiver, dans un lac gelé dans lequel on aura fait un trou.

« Ils peuvent atteindre jusqu’à 80 km à l’heure pendant la descente, ça dure 3 secondes seulement, note Alexa Fay. Pour un caméraman, être capable de suivre l’athlète, c’est assurément un défi. »

Il faut également faire confiance aux plongeurs, être certain qu’ils ne ressentiront pas une pression indue et qu’ils se sentiront libres de reculer si nécessaire.

« Le fait d’être présent avec une équipe de caméramans, c’est sûr que ça les influence, mais ce qui est important, c’est la sécurité de tous. Oui, on veut faire un film, mais il faut surtout prendre les bonnes décisions. »

Le plongeon a lieu dans une ancienne carrière de la région de Thetford Mines, un endroit particulièrement spectaculaire.

De la visibilité

La tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff a sélectionné les deux films d’Alexa Fay. Des programmateurs d’autres pays pourraient également les inclure dans leur propre tournée, ce qui donnerait de la visibilité aux sites québécois, dont Val-David.

« J’espère que ça va inciter les gens à venir au Québec pour grimper, bien que notre saison soit courte », déclare la réalisatrice.

Alexa Fay se destinait au droit lorsqu’un hasard l’a amenée à occuper un petit emploi sur un plateau de cinéma. Elle s’est découvert une passion. Le succès d’EM et de Toujours plus haut est venu confirmer son choix de carrière.

La tournée québécoise du Festival du film de montagne de Banff est en ligne jusqu’au 19 février prochain.

Consultez le site du Festival du film de montagne de Banff