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Le maître de l'horreur John Carpenter honoré à Cannes

John Carpenter a été honoré mercredi au Festival... (PHOTO ALBERTO E. RODRIGUEZ, ARCHIVES AFP)

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John Carpenter a été honoré mercredi au Festival de Cannes du Carosse d'or, décerné aux cinéastes novateurs et audacieux.

PHOTO ALBERTO E. RODRIGUEZ, ARCHIVES AFP

NICOLAS PRATVIEL
Agence France-Presse
Cannes

« Je ne me figurais absolument pas à l'époque que mes films auraient tant d'impact par la suite », confie le maître de l'horreur et du fantastique John Carpenter, honoré mercredi au Festival de Cannes du Carosse d'or, décerné aux cinéastes novateurs et audacieux.

D'humeur badine sous la tente de la plage de la Quinzaine des réalisateurs, qui choisissent ainsi depuis 2002 de récompenser un de leurs pairs, l'Américain de 71 ans, récipiendaire au même titre que des grands noms tels que Clint Eastwood, Agnès Varda ou encore Martin Scorsese, ne cache pas sa surprise.

« Honnêtement, je ne sais pas trop ce que ça signifie d'avoir ce prix... Ce que je sais en revanche, c'est que je suis vraiment flatté », assure-t-il.

The Thing, Halloween, New York 1997, Christine, L'antre de la folie ont beau être devenus avec le temps des classiques voire des oeuvres cultes, ils appartiennent au cinéma de genre qui n'occupe généralement pas une place dorée chez les cinéphiles. Mais il va néanmoins de pair avec une certaine idée du cinéma d'auteur quand un réalisateur, comme Carpenter, fait montre d'une grande cohérence artistique.

« Je suis honoré, mais je crois que c'est parce que je suis vieux ! », s'exclame-t-il. La table ronde des journalistes face à lui objecte que le critère premier pour se retrouver à sa place n'en reste pas moins d'avoir fait preuve de créativité.

« Oui, mais finalement tous les réalisateurs font preuve de créativité quand ils font un film, certains avec plus de réussite que d'autres... Vous savez, je ne me figurais absolument pas à l'époque que mes films auraient tant d'impact par la suite. Je voulais juste faire des films », dit-il.

C'est le terrifiant The Thing, sorti en 1982 deux semaines après E. T l'extra-terrestre de Steven Spielberg et qui fut conséquemment un gros échec commercial, que Carpenter a choisi de faire projeter à Cannes. Une revanche pour ce long métrage qui tient une place particulière à son coeur et auquel Quentin Tarantino, présent lui aussi cette année sur la Croisette, avait rendu hommage dans Les huit salopards où, comme dans The Thing, Kurt Russell se retrouve coincé dans une tempête de neige et où la paranoïa et la violence couvent.

Hawks pour modèle

Jamie Lee Curtis dans Halloween de John Carpenter... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE) - image 2.0

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Jamie Lee Curtis dans Halloween de John Carpenter

PHOTO ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Dans ce film, comme dans la plupart des autres qui composent sa filmographie, Carpenter a mis en scène un certain archétype de l'antihéros tel le fameux Snake Plissken, également incarné par Russell dans le diptyque New York 1997 et Los Angeles 2013. Sans foi ni loi, « mes personnages sont surtout des gens qui veulent survivre », convient celui qui a beaucoup puisé chez son maître à lui, Howard Hawks.

La fin du monde, le concept d'annihilation, des thèmes récurrents dans son oeuvre, prennent leur source dans l'enfance du cinéaste. « J'ai grandi à une époque, en Amérique, où la Bible était encore lue à l'école. En primaire, quand on te lit le livre de la Révélation, avec l'Apocalypse, tout ce truc, tu te dis "Mais c'est quoi ce bordel ?" Ça m'a retourné le cerveau. Plus tard, mes lectures ont heureusement dérivé, j'ai découvert d'autres cultures et mon imagination a grandi », explique-t-il.

Celui qui se félicite de voir que des films subversifs sont encore faits de nos jours, comme Get Out de Jordan Peele, grogne quand on lui demande si l'Amérique de Trump lui en inspirerait un. « Je ne peux pas, l'Amérique qu'il incarne, c'est trop horrible et c'est réel », répond-il.

Quant à faire un film tout court, huit ans après The Ward : L'hôpital de la terreur? « Si toutes les conditions étaient réunies, pourquoi pas. J'adorerai refaire un film d'horreur, mais il faudrait que ce soit un projet que j'aime, qu'il ait un budget correct. Aujourd'hui, les jeunes réalisateurs sont confrontés à la difficulté de faire un film de dix millions de dollars avec deux seulement. Moi je ne veux plus faire ça. »

« Je n'ai pas de projet de film, je ne sais pas s'il y en aura un autre. Je n'ai plus de place particulière dans le cinéma, je suis juste un vieux réalisateur. Ça suffit pour ne pas refaire de film », souffle-t-il.




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