Encore une année. Deux peut-être avant que la Formule 1 passe - finalement - au vert. Le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt, tente d'imposer un nouveau règlement en faveur de moteurs plus efficaces sur le plan énergétique. Une bonne idée à laquelle ne veulent pas souscrire Ferrari, Mercedes et Cosworth. Pour des raisons d'image, on le devine, mais aussi de coûts.

Éric Lefrançois
Éric Lefrançois LA PRESSE

La Formule 1 cherche encore à nous faire croire qu'elle représente un fantastique banc d'essai dans la conception de nos voitures. La proposition de la FIA tend plutôt à démontrer tout le contraire et invite plutôt les motoristes à s'inspirer - en les bonifiant à l'extrême bien sûr - des solutions déjà visibles sous le capot de votre voiture. Et parfois depuis fort longtemps.

Le plateau de Formule 1 réunira vraisemblablement autant de monoplaces, mais le nombre de cylindres, lui, sera deux fois moindre. Les V8 actuels céderaient leur support moteur à des moteurs quatre cylindres de 1,6 litre suralimenté par turbocompresseur presque aussi puissants. Une configuration identique au moteur qui anime actuellement le Nissan Juke. À cela, la FIA imposerait d'autres accessoires dont un système de récupération d'énergie au freinage, déjà en place chez les écuries de pointe. Au final, ce nouveau règlement permettrait de réduire de 30% la consommation et d'autant la quantité d'émissions polluantes.

Mais toutes les écuries de Formule 1 ne voient pas cette réduction d'un bon oeil. C'est le cas notamment de Ferrari et de son président, Luca Di Montezemolo. Ce dernier estime que cette nouvelle règle ne sert pas les intérêts commerciaux de son entreprise, laquelle ne produit que des moteurs comptant 8 et 12 cylindres. Mais le président de la marque italienne a-t-il oublié qu'il n'en fut pas toujours été ainsi? La Ferrari 500, championne du monde en 1952 et 1953, était mue par un quatre cylindres de 2 litres...

Même Bernie a oublié. Il prétend qu'une «vraie course» ne peut pas se faire avec des quatre-cylindres en ligne. Est-ce à dire que le titre qu'il a remporté au temps où il dirigeait l'écurie Brabham est un faux titre aussi? N'était-ce pas un moteur quatre cylindres turbo de BMW qui a propulsé Nelson Piquet et la BT52 au titre?

La course automobile, la Formule 1 en particulier, doit donner l'exemple. Elle doit démontrer que la recherche de la performance doit aussi inclure une réduction de la consommation et des émissions.

Vers le tout électrique?

Un premier pas vers une Formule 1 entièrement électrique? Pourquoi pas. Certains y songent déjà dans d'autres disciplines. C'est le cas notamment d'Audi, qui n'écarte pas la possibilité d'inscrire un jour une voiture de course électrique. «Il existe déjà des courses de voitures électriques», a rappelé le directeur de la compétition d'Audi, Wolfgang Ulrich, lors d'un point de presse aux 24 heures du Mans, «et je sais que nous ne sommes pas les seuls à nous intéresser à cette technologie du tout électrique». Il reste aux législateurs à modifier les règlements.

Photo Bernard Brault, La Presse

La course automobile, la Formule 1 en particulier, doit donner l'exemple. Elle doit démontrer que la recherche de la performance doit aussi inclure une réduction de la consommation et des émissions.

DANS LE CARNET

Un hybride Audi

Cette semaine, Audi dévoilera à la presse canadienne son premier véhicule à doube motorisation: le Q5 Hybrid. Ce dernier entreprendra une carrière à l'automne, mais, selon les dirigeants de la marque, il ne devrait pas représenter plus de 10% des ventes de ce modèle.

Rolls-Royce au Québec

Rolls-Royce est de retour au Québec. La semaine dernière, la marque britannique a fait l'inauguration officielle d'un premier concessionnaire dans la région montréalaise.

Photo fournie par Rolls-Royce

Rolls-Royce est de retour au Québec. Le nouveau concessionnaire est installé au 5155, Sorel à Montréal.