On ne le répète jamais assez: on ne conduit pas une moto, on la pilote. Saisir le guidon d'une bécane exige des techniques particulières. Les cours de conduite obligatoires sont adéquats et essentiels, mais n'offrent pas le perfectionnement nécessaire pour développer de véritables bons motocyclistes. Alors, si vous cherchez toujours une idée cadeau pour votre motard préféré, sachez qu'offrir un cours sur piste, c'est donner la sécurité en cadeau.

Mis à jour le 4 déc. 2015
Pierre-Marc Durivage LA PRESSE

«Avant, c'est la moto qui me dirigeait, ce n'est pas moi qui la guidais. En piste, il faut savoir contrôler la moto.» Le commentaire de l'instructeur Stéphane Chimot, d'ASM Motosport, s'applique à la piste, mais il est tout aussi valable quand on se retrouve en situation d'urgence sur la route. Parce que les cours de moto de piste permettent de s'approcher des limites de l'adhérence dans un environnement sûr. Chose évidemment impossible sur la route.

«Au départ, tu te rends compte que tu conduis tout croche, nous a avoué Claude Saint-Laurent, un élève de 32 ans rencontré lors de notre visite à l'Autodrome Saint-Eustache, où est donnée la formation d'ASM Motosport. La courbe d'apprentissage est plus rapide avec un cours et moi, je veux avoir la maîtrise parfaite.» Évidemment, la perfection n'est pas de ce monde, mais l'objectif des gens de l'ASM est clair: «La moto est un sport dangereux, je ne veux pas que les gens prennent de mauvais plis, a dit Pascal Bastien, copropriétaire et directeur sportif. Je veux qu'ils sortent d'ici avec de véritables aptitudes.»

Le cours est construit pour ceux qui aspirent à faire de la piste, mais au moins le quart des participants est constitué de motocyclistes cherchant simplement à améliorer leurs techniques de conduite. «Pour les gens qui ne veulent pas faire de piste, on parle davantage de la vision, de la position de conduite, a précisé Éric Moffette, copropriétaire d'ASM Motosport. On aborde les lignes de course, mais on ne met pas l'accent sur les éléments qui touchent davantage la piste. Mais il reste que c'est très étonnant de voir la comparaison des photos d'un étudiant au début et à la fin du cours.» On comprend ainsi beaucoup mieux comment on arrive à déporter son corps en virage, de façon à garder un maximum d'adhérence malgré une vitesse qui peut apparaître anormalement élevée au premier abord. Le genre de manoeuvre qu'il est bon d'expérimenter avant de vivre une situation d'urgence sur la route.

Selon Éric Moffette, plus de la moitié des participants vont par la suite revenir pour les journées de piste libre, ce qui constitue la principale activité commerciale d'ASM Motosport - «les cours, c'est de l'investissement», a-t-il avoué. Bon nombre d'entre eux vont ensuite s'inscrire aux leçons de niveau intermédiaire et expert. «Ça prend trois à cinq journées de piste pour assimiler les techniques apprises en cours, a enchaîné l'ancien pilote professionnel en 600 cc. Le cours de niveau deux est très technique; c'est celui qui propulse le motocycliste à un autre niveau.»

La route n'est pas une piste

Les gens reviennent en piste parce que les cours leur font réaliser que la route n'est pas l'endroit pour rouler vite, bien au contraire. «Je vais probablement me concentrer davantage sur la piste que sur la route, nous a expliqué Marc-André Boucher, dont c'était la toute première expérience en piste. La moto, j'en mange, c'est certain que je vais continuer de rouler sur la route, mais je vais le faire de façon sécuritaire. Les formateurs insistent d'ailleurs beaucoup sur la sécurité, et c'est très bien qu'ils le fassent.»

«Une seule journée de piste équivaut à trois ans de plaisir sur la route, a enchaîné de son côté Claude Saint-Laurent, qui songe réserver sa moto sport uniquement pour la piste, préférant pour la route une machine de tourisme plus confortable. Aujourd'hui, je suis plus pépère sur la route, je vois davantage la moto comme un moyen de transport. Mais ça reste tout de même plus agréable que l'auto!»