Dix-neuf pays, soixante-quatre participants. Des BMW R1200 GS, 2300 kilomètres, 7 jours. Et les Rocheuses canadiennes. Tous les deux ans, BMW invite quelques clients chanceux à participer à une torture appelée le GS Trophy. Après la Tunisie en 2008, l'Afrique du Sud en 2010 et l'Amérique du Sud en 2012, c'est dans l'Ouest canadien que le constructeur a débarqué pour l'édition 2014. Notre collaborateur Bertrand Gahel y a survécu. Son compte rendu.

Bertrand Gahel LA PRESSE

Une expérience exceptionnelle signée BMW

Le travail d'essayeur de moto se limite généralement à enfourcher un nouveau modèle et à en évaluer les caractéristiques. Mais pas toujours. Occasionnellement, d'autres types d'événements sont proposés, comme une participation au GS Trophy de BMW. Proposition que j'ai acceptée sans trop savoir dans quoi je m'embarquais. Résumé d'une semaine d'aventure folle signée BMW.

Le GS Trophy

Exception faite des fanatiques de roulage hors route, relativement peu de gens connaissent pour le moment l'existence de l'événement que BMW appelle le GS Trophy. Ça pourrait néanmoins changer à mesure que s'additionnent les présentations de cette compétition amicale basée autour de la populaire et compétente plateforme GS du constructeur allemand.

Le GS Trophy, c'est la finale au cours de laquelle les gagnants de plusieurs GS Challenge organisés un peu partout dans le monde convergent pour s'affronter. Un an sur deux, dans chaque pays participant, trois compétitions d'habiletés centrées autour des modèles GS sont organisées par des concessionnaires BMW. L'année suivante, les gagnants sont invités à participer au GS Trophy, où ils représentent leur pays et tentent de remporter le titre de vainqueur.

Le prix? Rien d'autre que la fierté d'être couronné gagnant. Comme le tout se veut non seulement une activité pour les participants, mais aussi, évidemment, un exercice de marketing, un journaliste par pays est invité à suivre son équipe tout au long du périple. Cet «honneur» m'est revenu à l'occasion du GS Trophy 2014, tenu chez nous, dans les Rocheuses canadiennes. Si j'hésite un peu sur le mot honneur, c'est qu'une fois en dehors des routes pavées, sur ces immenses «4 X 4 des motos» que sont les modèles de type aventure, je ne fais que me débrouiller.

De là à suivre la cadence d'une cinquantaine de maniaques venus de 19 pays pour s'affronter? Il y avait matière à douter de la sagesse derrière la décision d'accepter une invitation de ce genre. J'ai finalement été convaincu par l'assurance de BMW que les médias n'auraient qu'à suivre et à documenter l'événement, et qu'ils n'étaient absolument pas tenus de participer aux diverses compétitions qui servent à couronner le pays gagnant. Évidemment, une fois sur place, on m'a informé du contraire...

Une échelle massive

Malgré tous les événements auxquels j'assiste lorsque les nouveautés sont officiellement lancées par leur constructeur, jamais je n'ai été témoin de quelque chose d'aussi imposant en matière d'organisation et de volume. Quatre individus par pays, seize équipes, dix-neuf pays représentés, une dizaine de guides appelés Marshal, plusieurs cadres et VIP de la marque allemande, des mécaniciens et même des médecins équipés d'un mini-bloc opératoire (on m'a demandé mon groupe sanguin avant le début de l'événement, au cas où...) ont formé une impressionnante caravane de 130 personnes et de presque une centaine de BMW R1200 GS.

Une loterie pour les clients BMW

L'idée de non seulement être mêlé à une foule de maniaques de pilotage hors route dans des conditions extrêmes, mais aussi de compétitionner contre eux m'a rendu très nerveux ; toutefois, au fur et à mesure que passaient les sept journées du GS Trophy, l'anxiété s'est transformée en confort, puis en simple plaisir. Le GS Trophy est une compétition où des points sont amassés pour déterminer un pays gagnant, c'est vrai. Et si BMW avait voulu créer des activités extraordinairement difficiles et dangereuses pour meubler les 20 manches de cette compétition, il l'aurait fait. Mais le constructeur a plutôt intelligemment opté pour des «spéciales», où le travail d'équipe était l'élément le plus important.

Et, en effet, l'équipe gagnante, appelée CEEU (Central and Eastern Europe), était formée de représentants de la République tchèque et de la Pologne qui travaillaient particulièrement bien ensemble. L'équipe canadienne, qui a terminé au 9e rang, ne s'était jamais rencontrée avant le Trophy. Le résultat peut sembler décevant, mais il est plutôt sans la moindre importance. Participer au GS Trophy n'a pas été facile, mais c'est l'une des randonnées les plus mémorables de ma carrière et l'une des choses les plus cool que j'ai jamais faites. Imaginez pour des motocyclistes qui voyagent peu ou pas.

Le véritable prix du GS Trophy, c'est la chance qu'ont les clients ordinaires de la marque d'y participer. En remportant leur GS Challenge local, ils assurent leur place - tous frais payés - dans une aventure extraordinaire organisée de main de maître par BMW dans l'un des endroits les plus majestueux de la planète. Pour n'importe quel amateur de pilotage hors route, c'est littéralement l'équivalent de gagner à la loterie.

Un exercice de marketing osé, mais brillant

BMW a beau rappeler que son GS Trophy est une célébration de la camaraderie entre les propriétaires de modèles GS, le fait est qu'il s'agit avant tout d'un exercice de marketing. On ne dépense pas des millions juste pour faire plaisir à une poignée de clients. Mais cherchez GS Trophy 2014 sur l'internet et vous découvrirez des résultats non seulement impressionnants, mais qui serviront aussi à nourrir l'intérêt pour le GS Trophy 2016, qui suivra les divers GS Challenge prévus en 2015. Le GS Trophy est une publicité absolument brillante pour BMW, parce qu'il ne s'agit pas d'informations forcées sur le public, mais plutôt de quelque chose de tellement cool que ce même public se met à spontanément suivre et à «partager». Le GS Trophy est la définition même de la pub virale dont toutes les entreprises rêvent.

Un parcours de 2300 km

Pour l'édition 2014 du GS Trophy de BMW, n'importe quel endroit sur la planète représentait une destination potentielle. Pour autant que des paysages majestueux et un terrain particulièrement difficile fassent partie des caractéristiques de l'endroit. Les Rocheuses canadiennes ont finalement été choisies. Le tracé a quitté Exshaw, à une heure à l'ouest de Calgary, pour effectuer une boucle de 2300 km - dont 70 % hors route -  réalisée en sept dures et longues journées, aux commandes de R1200 GS apprêtées de manière identique. Le GS Trophy 2014 a été le plus long et le plus difficile à ce jour.

L'événement en bref

64 participants

(48 compétiteurs, 16 journalistes) avec autant de personnel (guides, organisateurs, médecins, etc.) pour un total de 130 personnes.

Coût de l'événement

Tenu confidentiel, mais la rumeur veut que la facture tourne autour de 5 millions.

Nombre de motos

Une centaine de R1200GS neuves importées d'Allemagne, puis renvoyées là-bas après l'événement.

Animaux rencontrés

Ours, coyotes, loups, chevreuils, orignaux, vaches, chevaux... et quelques chiens.

Température

De - 4 ºC à 24 ºC, avec des conditions allant du soleil radieux à la neige en passant par la pluie diluvienne.

20 étapes spéciales

Servant à déterminer l'équipe gagnante.

Équipement fourni par BMW

Ensemble Rally III, tente, sac de couchage, sous-vêtements thermiques.

Pays ou régions participants

Japon, Italie, Allemagne, Russie, Angleterre, France, Afrique du Sud, Brésil, Argentine, États-Unis, Mexique, Amérique latine, Canada, Suisse, Corée, Pologne, République tchèque, Autriche.