L’équipe française DAMS fête son 30e anniversaire cette année, et ce sont justement une trentaine de ses pilotes qui se sont retrouvés en F1 au cours des années après avoir fait leurs classes dans ses rangs.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Pierre Gasly, Carlos Sainz, Romain Grosjean ou Kevin Magnussen sont passés par là, tout comme les anciens Olivier Panis ou Sébastien Bourdais. Le Canadien Nicholas Latifi pourrait bien être le prochain.

Actuellement meneur du championnat FIA de F2, Latifi a déjà remporté trois victoires cette saison et, même s’il a connu une fin de semaine plus difficile il y a quelques jours à Monaco, le pilote de 23 ans est de ceux qui peuvent viser une place en F1.

Il est d’ailleurs pilote de réserve de l’équipe Williams et sera en piste demain matin pour la première séance d’essais libres du Grand Prix du Canada. « C’est évidemment excitant d’avoir la chance de rouler à Montréal », a confié Latifi, il y a quelques jours, dans l’imposant camion-atelier de DAMS à Monaco. « Je l’avais déjà fait l’année dernière avec Force India et je pense avoir beaucoup progressé depuis.

PHOTO FOURNIE PAR LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DE L’AUTOMOBILE

Nicholas Latifi au volant de sa voiture de l’écurie DAMS à Monaco

« Tout se passe bien jusqu’ici avec Williams. J’ai passé beaucoup de temps à l’usine, dans leur simulateur, et j’ai pu effectuer trois journées d’essais déjà : une journée à Bahreïn, en avril, et deux autres journées récemment à Barcelone. J’ai pu faire beaucoup de tours, ce qui est excellent pour mon propre perfectionnement, mais aussi pour les aider à perfectionner la voiture.

« L’équipe Williams n’est pas au niveau où elle voudrait être en ce moment, mais tout le monde travaille avec beaucoup d’énergie pour aller de l’avant. J’avais déjà reçu d’excellents commentaires après la journée à Bahreïn, et le fait qu’ils m’aient confié les deux journées à Barcelone montre qu’ils apprécient mon travail.

« Conduire à Montréal constituera une autre étape. Les essais libres d’un Grand Prix sont très différents des essais auxquels j’ai participé plus tôt cette saison. Ils sont très importants pour préparer la course, et il y a tout un programme de tests à effectuer. Les commentaires des pilotes sont importants, et c’est un autre apprentissage pour moi… en attendant d’avoir l’occasion de vivre tout le reste d’un week-end de Grand Prix ! »

Gagner le titre en F2

Certains médias ont évoqué la possibilité qu’il puisse remplacer Robert Kubica, l’un des pilotes titulaires de Williams, dès cette saison. Latifi n’a toutefois pas encore l’indispensable « super-licence » accordée par la FIA. « C’est donc impossible pour moi de concourir en Grand Prix en ce moment, a-t-il rappelé à Monaco. J’obtiendrai cette fameuse licence si je termine parmi les cinq premiers du Championnat de F2, mais je n’ai pas l’intention de me contenter d’une place d’honneur.

« Cette année, avec DAMS, je crois que nous avons les moyens pour viser le titre. J’ai déjà gagné trois courses, et nous avons toujours été performants. Nous allons de toute évidence dans la bonne direction. La saison est encore très longue – il reste 16 courses ! –, mais cette équipe a fait ses preuves, et j’ai bien l’intention de me battre jusqu’au bout. »

Les épreuves du Championnat de F2 sont disputées en soutien des Grands Prix, les mêmes fins de semaine, et les bonnes performances de Latifi ne passent pas inaperçues. « Mon but est d’accéder à la F1, et le fait de disputer nos courses sous les yeux des équipes est évidemment intéressant. Mais, ultimement, ce sont les résultats qui comptent. »

Un peu comme son compatriote Lance Stroll, Latifi peut aussi faire valoir des arguments financiers dans ses négociations avec les équipes de F1. Son père, Michael, homme d’affaires de Toronto, possède 10 % de l’équipe McLaren, et la société qu’il a créée, Sofina, est l’un des commanditaires de DAMS. Le pilote canadien bénéficie aussi du soutien de la Banque royale du Canada.

SCHUMACHER FAIT SES CLASSES

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Mick Schumacher

Le Championnat FIA de F2 est vraiment la porte d’entrée vers les Grands Prix. Les plus récents champions, Charles Leclerc (2017) et George Russell (2018), sont passés en F1 la saison suivante, et leur talent ne fait aucun doute. Une dizaine d’équipes très bien structurées disputent le championnat avec des moyens qui, sans approcher ceux des formations de F1, sont très importants. À Monaco, une promenade dans les paddocks de F2 permettait vite de le constater. C’est là que nous avons croisé Mick Schumacher, fils de Michael, qui amorce cette saison en F2 après avoir connu du succès en F3. Soutenu par le programme de développement des pilotes de Ferrari, l’Allemand de 20 ans n’a encore obtenu aucun résultat spectaculaire avec l’équipe Prema. « Je suis content de mes progrès », a-t-il quand même affirmé lors d’un point de presse impromptu. « La transition est importante entre la F3 et la F2, et je dois être patient. » Personne ne doute que Schumacher sera en F1 bientôt. Pas sûr toutefois qu’il est prêt à subir toute la pression qui accompagne un volant chez Ferrari…