Le fabricant italien de systèmes de freinage Brembo équipe la plupart des équipes de F1 depuis plusieurs années. Ses techniciens connaissent parfaitement les exigences de chacun des circuits et c’est toujours avec un brin d’appréhension qu’ils débarquent à Montréal.

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Où se classe le circuit Gilles-Villeneuve en matière d’exigences pour les freins ?

Avec son alternance de lignes droites, de chicanes et l’épingle, ce circuit est sans aucun doute l’épreuve la plus exigeante pour les systèmes de freinage des F1. Les points de freinage, tous très intenses et relativement près les uns des autres, imposent des températures de fonctionnement très élevées et les équipes doivent maximiser le refroidissement des disques et des étriers de frein. Nous classons tous les circuits sur une échelle d’un à cinq et celui de Montréal est à cinq, les plus exigeants, avec Singapour, Mexico et Yaz Marina (Abou Dhabi).

Qu’est-ce qui fait la difficulté du circuit pour les freins ?

Ce n’est pas le nombre de freinages qui compte, mais bien leur intensité. À Montréal, les pilotes ne freinent que 6 fois, alors qu’ils doivent le faire 11 fois à Monaco, 15 fois à Singapour. Au total, les pilotes freinent environ 12,7 secondes chaque tour, soit l’équivalent de 18 % de la durée totale du Grand Prix. Ce n’est pas exceptionnel, mais ce qui l’est, c’est que cinq points de freinage imposent des décélérations de plus de 5 g, la plus haute moyenne de toute la saison. Les pilotes doivent utiliser une force moyenne de 125 kg sur la pédale de frein, soit au total environ 57 tonnes pendant le Grand Prix. C’est énorme et cela provoque une usure accélérée de tous les composants du système.

Quels sont les virages les plus exigeants ?

Le freinage le plus difficile est certainement celui qui précède le virage 13, juste avant le « mur des champions », où une parfaite maîtrise est essentielle. La voiture doit passer de près de 340 km/h à 130 km/h en à peine 2 secondes sur une distance de 125 m. Les pilotes doivent appliquer une force de plus de 300 lb sur la pédale de frein pour obtenir une décélération de 5,2 g. Et quand le vent entraîne les voitures, les vitesses sont encore plus élevées et les pilotes doivent vraiment avoir confiance en leurs freins.

Le freinage avant le virage 10 (l’épingle) est moins complexe, mais aussi très exigeant, avec une décélération de 5,3 g et une pression de près de 400 lb (180 kg) sur la pédale. Les voitures doivent passer de 300 km/h à environ 65 km/h en une centaine de mètres et 2,6 secondes.

Source : Brembo