Il fallait voir la gueule des collègues journalistes quand on est entré au bureau pour la séance photo. Des adultes qu'on dit sérieux qui s'arrêtent net pour reluquer nos appareils radiotélécommandés.

Pierre-Marc Durivage LA PRESSE

«Oh, mes enfants aimeraient ça!» s'est exclamée l'une d'elles, manifestement envieuse. En effet, ils aimeraient ça, mais nos petits chéris devront se contenter de jouer le rôle de spectateurs parce que ces jouets sont pour papa seulement, c'est bien compris?

Oubliez les jouets téléguidés que l'on achète dans les grandes surfances. C'est pour les gamins. Nous, on veut du sérieux. des autos, avions, hélicos ou bateaux qui filent à des vitesses folles et qui peuvent, pourquoi pas, nous mener à faire de la compétition!

Les loisirs radiotélécommandés - RC («radio control») pour les initiés - sont une affaire de passionnés. Ils sont des milliers, seulement au Québec, à pratiquer ce loisir - que ses adeptes appellent un sport quand il devient une véritable compétition.

«Un adulte qui veut s'amuser va dans une boutique de passe-temps et il va y trouver des jouets à sa mesure», affirme Stéphane Lanaville, spécialiste et analyste à l'émission RadioActif, diffusée sur les ondes de TVA Sports depuis l'automne. «À la vitesse où elles vont, pas question de laisser ça dans les mains d'un enfant.»

Les voitures les plus accessibles, prêtes à rouler dès qu'on les sort de la boîte (RTR, ou Ready to run, dans le jargon), se vendent à partir de 250$ et peuvent atteindre une vitesse de 50 km/h. Ajoutez-y une pile plus puissante lithium-polymère et un nouveau différentiel et hop! on double sa vitesse. A-t-on besoin d'en dire davantage pour vous convaincre qu'il ne s'agit pas de joujou?

Avec des performances semblables, il faut bien sûr apprendre à garder le contrôle des bolides. «Ça peut être très frustrant, très technique, et c'est difficile à apprendre, avertit Stéphane Lanaville. Il faut s'informer, demander conseil. Il faut aller rencontrer d'autres adeptes, qui partagent volontiers leurs connaissances. Il y a même des boutiques de passe-temps qui offrent des cours.»

Pour les plus enthousiastes, le loisir peut devenir franchement sérieux. Pour quelques milliers de dollars, on peut facilement modifier sa voiture RTR pour en faire un bolide de compétition dont les ajustements peuvent être aussi précis que ceux d'une vraie voiture de course. Il existe d'ailleurs des compétitions d'envergure internationale qui attirent les meilleurs «pilotes» au monde.

Dans les airs

Comme pour les autos, on peut se procurer un avion ou un hélicoptère de qualité pour moins de 100$. Les plus sérieux - et les plus nantis! - peuvent dépenser jusqu'à 30 000$ pour des jets à turbine qui atteignent la moitié de la taille d'un avion réel et qui volent à plus de 320 km/h. D'autres vont se lancer dans compétitions de haute voltige avec des avions dont le rapport puissance-poids est de trois pour un. Il faut voir les experts envoyer leurs avions en chute libre avant de leur faire faire un vol stationnaire à quelques centimètres du sol. Renversant!

«Quand tu aimes quelque chose, tu peux développer une passion extrême, conclut Stéphane Lanaville. Dans le monde du RC, la limite, c'est ton imagination. Il y a même des gens qui ont réussi à faire voler une tondeuse!»

Une tondeuse téléguidée... Ah ça, on pourrait peut-être oser prêter la télécommande aux gamins du voisinage... Mais sinon, pas touche!

Le RC en bref

C'est quand on se met à faire quelques recherches que l'on s'aperçoit à quel point le monde des loisirs radiotélécommandés est vaste. Autant par les caractéristiques distinctes des différentes voitures, avions, hélicos et bateaux que par les nombreuses compétitions, locales ou internationales.

Voici quelques adresses pour mieux s'y retrouver:

Les boutiques

www.letambourin.com

www.udisco.com/hobbies

www.qtm-rc.com

www.laboutiqueduteleguide.com

www.fxrhobby.com

Les ressources

www.lemordudurc.com

www.rccaraction.com

www.maac.com

www.fai.com

Les compétitions

RC Pro Series

Championnat du téléguidé offroad du Québec

Photo Marco Campanozzi, La Presse

Avion Sensei et hélicoptère Align.