Le développement de la pile à hydrogène dans le monde de l’automobile est un processus que je trouve intéressant à suivre. Selon moi, il y a de fortes chances pour qu’au cours des prochaines années, celle-ci se retrouve dans votre voiture, dans la mienne, dans les véhicules de monsieur et madame Tout-le-Monde, quoi.

Publié le 16 août
Bertrand Godin
Bertrand Godin Collaboration spéciale

La pile à hydrogène semble en effet destinée à offrir aux consommateurs une belle solution de rechange au système électrique à batterie qui est en vogue actuellement.

Pour un maximum de clarté, on parle ici d’une pile à combustible qui transforme l’hydrogène en énergie électrique. Avec cette option, les usagers pourraient bien avoir accès à un meilleur choix dans l’éventail des voitures électriques de demain, ce qui n’est pas vilain du tout.

Or, il est un autre atout de la pile à hydrogène qui devrait plaire, et qui n’est pas banal. Sachez que faire le « plein » d’hydrogène peut se réaliser en quelques minutes seulement, contrairement au temps nécessaire pour charger les véhicules électriques qui sont sur le marché.

Si la pile gagne bel et bien nos voitures un jour, l’usager n’aura qu’à remplir le réservoir de son véhicule d’hydrogène dans une station spécialisée, un peu comme on le fait avec l’essence en ce moment. Sauf qu’au lieu d’être liquide, le carburant sera un gaz qui n’émet aucun GES, de sorte que lorsque le véhicule se retrouvera sur la route, son tuyau d’échappement rejettera de la vapeur, voilà tout.

La BAC e-Mono

PHOTO FOURNIE PAR BRIGGS AUTOMOTIVE COMPANY

La BAC e-Mono

La pile à hydrogène fait donc son petit bout de chemin dans le milieu de l’automobile. Aujourd’hui, c’est le petit constructeur automobile britannique BAC (Briggs Automotive Company), établi à Liverpool, qui nous arrive avec du nouveau, en présentant une nouvelle voiture sport monoplace sur laquelle il planche, un bolide propulsé par une pile à combustible à hydrogène : la BAC e-Mono. Et les essais semblent prometteurs.

Dans une série de simulations numériques, BAC a constaté que cette voiture devrait pouvoir atteindre une vitesse de pointe de 265 km/h et serait capable de passer de 0 à 100 km/h en 2,2 secondes. Quand même.

En fait, il appert que même avec un poids supérieur de 149 kg par rapport à la version régulière, ce nouveau bolide parvient à être plus rapide. Sur les essais numériques, l’e-Mono a en effet démontré qu’il gagnait deux secondes à chaque tour du circuit de Silverstone, en Angleterre.

Et les choses pourraient s’améliorer encore puisque son poids pourrait être réduit davantage. Il pourrait diminuer de 15 à 20 kg, moyennant l’adoption d’un boîtier en carbone pour la pile à combustible, et il pourrait peser encore 30 kg de moins avec un nouveau module de batterie qui est actuellement en phase de développement.

Voilà autant d’avancées qui laissent présager qu’on pourrait se retrouver avec une efficacité encore accrue, et qu’une éventuelle voiture électrique alimentée par une pile à hydrogène pourrait être assez plaisante à conduire.

La réputation de BAC

PHOTO FOURNIE PAR BRIGGS AUTOMOTIVE COMPANY

La BAC e-Mono

Il faut savoir que le constructeur britannique est déjà reconnu comme un précurseur dans l’industrie automobile, et son travail de développement sur l’e-Mono ne fait pas exception, semble-t-il. Le bolide élève encore la barre et ne laisse pas les amateurs insensibles.

À ce jour, les passionnés de conduite automobile sont plutôt impressionnés par l’e-Mono. Ils voient en ce véhicule une combinaison parfaite entre autonomie, performance et absence d’émissions, impeccable donc sur le plan de l’empreinte climatique.

Or ces derniers temps, BAC a encore innové. En collaboration avec une société de technologie elle aussi britannique, Viritech, le constructeur a développé une solution pour installer la batterie aussi loin que possible sous le siège de son véhicule avec, tout juste à côté, la pile à combustible prête à emmagasiner l’hydrogène.

C’est ce bolide qui a été soumis aux tests de simulation et qui a permis de noter que l’e-Mono était plus rapide de deux secondes par tour à Silverstone. Mais encore, la monoplace pourrait effectuer dix tours avant de devoir faire le plein.

Sur la route, on estime que l’autonomie du véhicule pourrait être de 225 km et qu’avec les améliorations qui sont en cours, l’efficacité des piles à combustible pourrait augmenter l’autonomie des véhicules de 50 %, et ce, d’ici l’année 2024. Autant dire demain.

Pour le moment, BAC n’a pas encore acheminé son e-Mono en phase de production, mais les études de faisabilité sont concluantes. Chez le constructeur automobile, on espère désormais avoir le financement requis pour passer à l’étape de preuve de concept, puis ultimement à l’étape de la production.

Bon, on s’entend, la date de sortie n’est pas annoncée, loin de là. Mais personnellement, j’ai déjà très hâte d’en voir davantage et, surtout, d’en faire un essai sur route.