Avec l’avènement de la réalité augmentée, on peut s’attendre à des avancées dans bien des domaines, à commencer par une petite révolution du côté des pare-brise de voiture.

Publié le 5 janvier
Bertrand Godin
Bertrand Godin Collaboration spéciale

Il n’est plus très loin ce temps où, au volant de sa voiture, chaque conducteur aura le loisir de voir apparaître des images projetées directement dans son champ de vision.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

En 2022, le cahier Auto accueille dans ses écrans Bertrand Godin, figure connue du sport automobile depuis plus de 30 ans. Conférencier, instructeur, chroniqueur, porte-parole, ambassadeur et homme engagé dans sa communauté, Bertrand Godin vous fera maintenant découvrir les dernières technologies automobiles, et vous glissera au passage ses trucs de conduite.

On y retrouvera une assistance routière en temps réel et on pourra voir à tout moment la vitesse à laquelle on roule. Selon les modèles développés, on aura sous les yeux des informations pour trouver des lieux d’intérêt, pour profiter de la géolocalisation, pour calculer la distance de freinage, pour réduire les angles morts ou même, pourquoi pas, des images pour le simple divertissement des passagers.

De quelle manière tout cela se matérialisera-t-il ? Pas si compliqué.

Au volant de sa voiture, le conducteur verra apparaître ces images connectées sur le monde réel, des affichages holographiques en 3D qui s’afficheront sur une partie de son pare-brise, sinon sur les vitres latérales de sa voiture.

Dans certains cas, les passagers pourront même interagir avec les informations qui y seront affichées.

Science-fiction ? Technologie du futur ? Pas du tout. Cette technologie est aujourd’hui connue sous le terme « affichage tête haute en réalité augmentée », le dernier joujou des constructeurs automobiles, qui comptent bien en profiter pour séduire leurs clients. Et il faut reconnaître que le potentiel est, effectivement, plutôt séduisant.

Les constructeurs au boulot

À ce jour, même si la pandémie a ralenti quelques ardeurs, plusieurs constructeurs automobiles travaillent activement sur ce type de technologie, chacun avec ses variantes, ses ambitions et ses innovations.

Présentement, par exemple, l’entreprise suisse WayRay travaille en collaboration avec des constructeurs automobiles comme Porsche et Hyundai pour présenter ce type de pare-brise dans un avenir rapproché. Le produit pourrait même se retrouver dans les prochaines générations de leurs véhicules.

Avec ce nouveau pare-brise muni d’un écran avec réalité augmentée holographique, ils promettent au conducteur des images virtuelles claires et une profondeur de couleur encore inégalée.

L’entreprise Volvo, de son côté, travaille dans le même sens et entend bien elle aussi transformer l’expérience des balades en voiture de ses clients. Cette entreprise suédoise a investi une somme de 2 millions de dollars dans une start-up israélienne spécialisée en technologies d’optique et d’imagerie.

Chez Volvo, on parle d’un film transparent qui serait fixé au pare-brise et qui serait utilisé comme un écran. Leur technologie mise sur une projection d’images susceptibles d’élargir le champ de vision du conducteur, d’offrir une sensation de distance avec les éléments affichés, tout en assurant une bonne perception de la route.

Cette année, au célèbre Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, Panasonic est quant à elle allée de l’avant en présentant un pare-brise qui mélange la réalité augmentée et l’affichage tête haute, le tout affiché en 4K, comme ses téléviseurs.

Enfin, chez Jaguar Land Rover, on renchérit en développant un prototype qui nous rapproche des jeux vidéo, puisqu’on y reprend certains éléments qui seront familiers aux joueurs. Avec cette technologie, on mise sur un module de calcul de trajectoire qui peut guider le conducteur avant d’effectuer un virage.

Un marquage vert s’affiche ? Tout va bien. Le conducteur a une vitesse parfaite pour effectuer son virage. Un marquage rouge apparaît ? C’est trop rapide ! Faudra ralentir pour rester sécuritaire.

Mais encore, on travaille désormais sur un concept qui permettrait de placer des caméras sous la voiture afin de visualiser le sol, histoire de voir les obstacles présents et d’effectuer la manœuvre qui se doit.

Dans ce contexte, il est facile d’imaginer que les constructeurs automobiles rivaliseront d’ingéniosité pour faire de cette nouvelle technologie un nouvel incontournable.

Objectif sécurité

Cela dit, devant ces informations, une question vient rapidement à la tête de tout conducteur, à savoir : avec ces pare-brise du futur, qu’en sera-t-il de la concentration au volant ?

De ce côté, on se montre rassurant, puisque la technologie sera justement utilisée pour que le conducteur puisse continuer de regarder la route constamment, tout en ayant la possibilité de faire défiler les informations d’un geste rapide qui ne nuira aucunement à sa conduite.

En fait, ce type d’affichage est plutôt vu par plusieurs comme une manière d’assurer la sécurité des conducteurs qui, on le sait, sont trop souvent distraits par la surveillance des écrans extérieurs qui se retrouvent dans leur voiture. Même chose pour les écrans tactiles des tableaux de bord qui, du coup, n’auront plus leur raison d’être.

Affichées directement dans le champ de vision du conducteur, les informations lui parviendront désormais sans qu’il ait à détourner le regard. À ce titre, la conscience du conducteur n’en serait qu’améliorée.

Il est à prévoir que les constructeurs automobiles rivaliseront d’adresse pour se montrer persuasifs, car le jeu en vaut la chandelle. Certains prévoient que d’ici 2023, cette technologie pourrait atteindre une valeur de plus de 1 milliard de dollars.

Il faut dire que la réalité augmentée a fait ses preuves. L’aviation militaire l’utilise depuis des années déjà. Bénéficier de cette technologie au volant n’est, en fait, que l’évolution naturelle des choses. Une évolution qui apporte son lot de nouvelles données, de quoi ouvrir la voie au développement de la conduite autonome.