(New York) Nikola a ajourné mercredi un évènement au cours duquel le fabricant de camions électriques et à hydrogène devait présenter en grande pompe son nouveau pick-up Badger, ce qui représente une nouvelle déconvenue pour la jeune société, dans la tourmente depuis quelques semaines.

Agence France-Presse

Officiellement, l’entreprise a repoussé le « Nikola World », qui devait avoir lieu les 3 et 4 décembre à Phoenix, en Arizona, en raison des restrictions imposées par l’État sur les rassemblements à cause de la COVID-19. Elle n’a pas donné de nouvelle date.

Après avoir signé le 8 septembre un accord avec le constructeur General Motors qui devait lui apporter de la légitimité, une société d’investissements a publié un rapport accusant le constructeur d’être une vaste supercherie basée sur les mensonges de son fondateur, Trevor Milton.

Ce dernier a démissionné mi-septembre de son poste de président du conseil d’administration, avant d’être accusé par deux femmes d’agressions sexuelles.  

L’accord avec General Motors, qui prévoit que le constructeur de Detroit prenne 11 % de Nikola, lui vende ses batteries électriques Ultium et piles à combustible Hydrotec et l’aide à construire son Badger, devait être normalement finalisé ce mercredi.  

La transaction avec GM aura-t-elle lieu ?

Mais « la transaction n’est pas encore conclue », a indiqué mercredi à l’AFP un porte-parole de GM.

« Nous sommes en discussions avec la direction actuelle de Nikola et fournirons de nouvelles informations le cas échéant », a-t-il ajouté.  

Par ailleurs, a souligné le porte-parole, « à la lumière des récentes allégations concernant le comportement personnel de l’ancien président exécutif de Nikola, Trevor Milton, nous tenons à souligner que GM condamne fermement le harcèlement sexuel et les abus de toute nature ».

« Bien des choses ont changé depuis que la transaction proposée par General Motors avec Nikola a été annoncée il y a à peine trois semaines », dont une chute de 64 % du cours de l’action de la jeune pousse, ont souligné les analystes de JPMorgan dans une note mercredi.  

GM va probablement en profiter pour renégocier les termes du contrat, prédisent-ils. La possibilité que GM renonce complètement au partenariat est « moins probable ».  

L’action de Nikola bondissait de 13 % à la mi-séance mercredi à Wall Street, tandis que celle de GM prenait 2,5 %.

Dans un long communiqué mercredi, visiblement destiné à rassurer les investisseurs, Nikola a détaillé sa stratégie, son modèle économique et les prochaines étapes de son développement.