(Francfort) Les constructeurs automobiles allemands Mercedes-Benz et BMW ont annoncé vendredi l’interruption « pour le moment » de leur coopération dans le développement de voitures autonomes, évoquant un « environnement conjoncturel » défavorable.

Agence France-Presse

Si le projet commun, qui visait à développer la « prochaine génération de véhicules autonomes », peut être « redémarré plus tard », les deux groupes estiment qu’« étant donné l’important investissement nécessaire » et « l’environnement conjoncturel », « ce n’est pas le bon moment pour réaliser avec succès la coopération ».

Soucieux de rattraper leur retard sur les géants américains et chinois, les deux constructeurs allemands rivaux ont signé début 2019 un accord de coopération « stratégique et à long terme » portant notamment sur la conduite autonome sur autoroute et des systèmes permettant aux véhicules de se garer sans intervention humaine.

L’arrêt des travaux intervient après une « évaluation intensive » et la décision a été prise d’un commun accord, affirment les deux entreprises qui se concentreront désormais sur leurs propres projets en la matière.

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Le prototype électrique et autonome BMW iNEXT montré au Salon de l’auto de Los Angeles le 28 novembre 2018.

Les deux groupes pourront poursuivre ces développements « avec les partenaires actuels », comme Intel, Fiat et Mobileye du côté de BMW, ou d’autres entreprises.

Daimler, déjà associé à Bosch, « étudie des options avec des partenaires en dehors du secteur automobile » pour avancer dans le domaine de la voiture connectée, indique Markus Schäfer, membre du directoire du fabricant haut de gamme, cité dans le communiqué.

Daimler et BMW précisent que la coopération dans les services de mobilités, notamment l’autopartage « Share Now » ainsi que les voitures VTC et taxis « Free Now », se poursuit « comme prévu ».

De plus en plus de constructeurs se sont associés pour répartir le poids des investissements conséquents nécessaires pour avancer dans la course à la conduite autonome, considérée comme un des principaux axes des transports du futur et où les constructeurs traditionnels sont confrontés à la concurrence des nouveaux acteurs de la tech.

Volkswagen s’est allié à Ford en investissant 2,6 milliards d’euros dans Argo AI, la filiale de développement des voitures autonomes du groupe américain, Volks intégrera dans Argo AI sa filiale en autonomie automobile AID.

Le géant VW vise par ailleurs a développer d’ici 2025 soi-même 60 % des logiciels de ses futures voitures – alors que plus de 90 % sont aujourd’hui fournis par des prestataires externes – et lancera le 1er juillet sa nouvelle branche « Car Software » réunissant dès cette année 5000 experts, a expliqué vendredi Christian Senger, patron de l’unité.

Le sujet est particulièrement sensible pour le groupe : la production de deux nouveaux modèles emblématiques, l’ID.3 et la Golf 8, a été retardée par des problèmes de logiciels, suscitant la colère des puissants représentants du personnel.