La peur de perdre leurs emplois à cause de l’auto électrique est une des raisons qui motivent la grève générale des travailleurs de General Motors aux États-Unis.

LA PRESSE

C’est ce que rapporte l’agence de presse économique Bloomberg, citant des grévistes et un dirigeant syndical de l’United Auto Workers. Inquiets de ce que les voitures électriques comptent de moins de pièces et s’assemblent avec moins de main d’oeuvre, les employés craignent que leur gagne-pain soit menacé.

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Une Chevrolet Bolt tout électrique sur la chaîne de montage de l'usine GM-Orion.

Ce sont les employés de GM qui sont en grève aujourd’hui, mais l’inquiétude est partagée chez les employés de Ford et de Fiat Chrysler.

«Il existe un potentiel que nos emplois disparaissent. Ils n’ont plus besoin de nous», a dit à Bloomberg Tim Walbolt, président de la section locale de l’UAW représentant les travailleurs d’une usine de pièces de transmissions près de Toledo, en Ohio. «Ça nous fait peur.»

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Les grévistes Eric Scharrer (à g.) et Dell Williston étaient parmi les centaines d'employés de GM qui participaient au piquet de grève devant l'usine d'assemblage de Flint, au Michigan le 26 septembre 2019.

Pour les travailleurs, le risque le plus grand se trouve du côté de la fabrication des moteurs : selon une étude des experts-conseils Alix Partners en Europe, les moteurs électriques et les batteries nécessitent 40 % moins de main d’oeuvre que l’assemblage des complexes moteurs à pistons et des transmissions.

Les voitures électriques ont des moteurs beaucoup plus simples et elles n’ont pas de transmission. Leur effet se ferait sentir en cascade dans toute la chaîne d'assemblage, chez les sous-traitants puisqu'elles n'ont pas non plus de système d'échappement, ni de réservoirs à essence, ni d'arbres de transmission.

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Le moteur électrique d'une Tesla 3. Le moteur à proprement parler est la moitié gauche. La moitié droite contient les engrenages.

Dans le cas de GM, les employés sont préoccupés par le virage électrique annoncé par la compagnie, qui veut lancer 20 modèles tout électriques d’ici 2023.

Il est certain que l’enjeu électrique sera partie intégrante, plus tard, des négociations de l’UAW avec FCA et particulièrement avec Ford, qui, a annoncé un ambitieux plan d'électrification et qui va convertir son usine de Flat Rock, au Michigan, à la production électrique dès 2023.

La tendance est mondiale et une quarantaine de modèles électriques sont attendus d'ici 2025. Les travailleurs allemands ont aussi des craintes face à l'électrification, qui bouscule les Mercedes-Benz, Volkswagen, BMW et Porsche, des constructeurs, qui profitent de leur grande expertise dans les moteurs à combustion interne.

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Une Volkswagen ID.3 tout électrique au Salon de l'auto de Francfort il y a deux semaines.

Dans les négociations actuelles entre l’UAW et GM, un des enjeux est la construction éventuelle d’une usine de batteries au lithium-ion près de Lordstown, en Ohio. GM vient d’y fermer une grande usine d’assemblage dans laquelle étaient produites des petites voitures à essence. Mais la nouvelle usine emploierait seulement une fraction des employés mis à pied à l’usine d’assemblage.

Pour l’instant, les véhicules électriques ont seulement 2 % du marché, mais la nécessité de réduire les émissions de CO2 va forcer une transition vers l’électricité, qui est inéluctable, disent certains experts.

Chez Ford, on estime que les voitures électriques nécessiteront 30 % moins d’heures payées par véhicule, sur des planchers d’assemblage 50 % plus petits.

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