Le Théâtre de la Colline, à Paris, va accueillir en novembre une pièce écrite par les dramaturges québécoises Annick Lefebvre et Rébecca Déraspe, et portée sur scène par 10 interprètes d’ici.

Stéphanie Morin
Stéphanie Morin La Presse

Intitulée Les filles du Saint-Laurent, cette pièce poursuivra sa route en janvier sur la scène Michelle-Rossignol du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Cette aventure théâtrale est le résultat d’une invitation lancée à Annick Lefebvre par Wajdi Mouawad, directeur artistique du Théâtre de la Colline, théâtre national installé dans le 20arrondissement parisien. La metteure en scène Alexia Bürger explique : « Wajdi a donné carte blanche à Annick, comme il le fait avec les auteurs qu’il aime. »

Avec Rébecca Deraspe, Annick Lefebvre (qui a déjà présenté sa pièce Les barbelés à La Colline en 2017) a imaginé une pièce chorale articulée autour du fleuve Saint-Laurent.

« Le même jour, mais à différents endroits le long du fleuve, neuf personnes découvrent des cadavres qui remontent à la surface. Cette découverte va créer une faille dans le cours de leur existence », dit Alexia Bürger. « La voix qui les réunira tous et toutes est celle du Saint-Laurent, ce lieu où tout est fin et recommencement. »

La poétesse et comédienne Elkahna Talbi prêtera sa voix pour incarner le fleuve. Autour d’elle graviteront neuf interprètes, dont huit femmes (Marie-Thérèse Fortin, Annie Darisse, Marie-Ève Milot, Émilie Monnet, Catherine Trudeau, Louise Laprade, Tatiana Zinga Botao, Gabrielle Lessard) et un homme (Ariel Ifergan).

« Lorsque j’ai été contactée pour me joindre au projet, les actrices avaient déjà été choisies par les autrices et j’ai été époustouflée devant tous ces noms, nous confie Alexia Bürger. Ce sont toutes de grandes interprètes avec des origines, des âges, des présences sur scène différentes. Ce n’est pas une distribution uniforme. Le texte n’a pas été écrit dans cette optique, mais c’est le fun de travailler sur un Québec qui n’est pas tout blanc. Dans ce groupe, il y a une cohésion comme j’en ai rarement vu. Les 10 comédiennes sont d’ailleurs sur scène tout au long de la pièce qui dure presque deux heures. »

La présence de 10 interprètes sur scène en pleine pandémie, le fait que la pièce soit répétée à Montréal avant d’être présentée à Paris (où l’équipe n’aura que quelques jours pour prendre possession des lieux)… tout ça a donné quelques maux de tête à Alexia Bürger, mais rien pour entacher son excitation et son bonheur, dit-elle.

« Il y a quelque chose de jouissif d’arriver à Paris avec notre langue. Wajdi insiste pour qu’on n’édulcore pas notre langue. C’est une vraie rencontre culturelle qui va se faire à La Colline. »

Après son séjour parisien, la pièce va s’installer du 18 janvier au 12 février 2022 dans la grande salle du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Les billets seront en vente à compter du 12 octobre.