Le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) a dévoilé hier sa programmation 2019-2020. Sur le thème de «Rêver grand», la compagnie de théâtre de répertoire, fondée en 1951, propose sept spectacles (dont deux hors abonnement) qui mettent de l'avant le riche imaginaire des artisans de la scène, dont celui d'une majorité de femmes.

LUC BOULANGER LA PRESSE

En effet, la directrice du TNM, Lorraine Pintal, se réjouit d'avoir atteint la parité, alors que parmi les 120 artistes et concepteurs qui font partie de sa nouvelle saison, on retrouvera 33 femmes sur scène et 33 conceptrices. 

La parole des femmes ne sera pas en reste. On entendra celle de Gabrielle Roy, dans la reprise de La détresse et l'enchantement avec Marie-Thérèse Fortin. Et celle de Sylvie Drapeau avec Fleuve, son très beau texte qui sera mis en scène par Angela Konrad en novembre. Celle-ci signe également l'adaptation de ce premier volet de la tétralogie de Drapeau, qui compte aussi Le Ciel, L'Enfer et La Terre. L'actrice-romancière sera sur scène aux côtés de Samuël Côté et de deux jeunes comédiennes.

Un Lysistrata contemporain 

Au printemps 2020, la révolte des femmes grondera sur la scène avec Lysis, une création librement inspirée de Lysistrata d'Aristophane, signée par deux jeunes créatrices inspirées, Fanny Britt et Alexia Bürger. Lorraine Pintal dirigera ici une impressionnante distribution, dont Monia Chokri, Anne-Élisabeth Bossé, France Castel et Marie Tifo. Mme Pintal fait aussi la mise en scène de L'avalée des avalés, de Réjean Ducharme, avec entre autres Louise Marleau. Une pièce «intime» pour un public restreint (400 places), assis dans les gradins sur la scène du TNM, avec un tarif unique et un bar ouvert, dans l'esprit et les volontés de Ducharme. 

L'âme des femmes

L'âme et le désir inassouvi des femmes d'un autre temps, on le trouve dans le spleen de Macha, Irina et Olga, ce trio mémorable des Trois soeurs, de Tchekhov. Le chef-d'oeuvre de l'auteur russe sera revisité par René Richard Cyr, avec Evelyne Brochu, Noémie Godin-Vigneau et Rebecca Vachon dans les rôles-titres. 

Le retour de l'opéra Nelligan

Lorraine Pintal a eu une bonne pensée pour le compositeur André Gagnon, «qui vit des moments difficiles» avec sa santé. Nelligan, l'opéra romantique et populaire qu'il a écrit avec Michel Tremblay (au livret), renaît au TNM, dès le 14 janvier, presque 30 ans après sa création à l'Opéra de Montréal. Marc Hervieux incarnera Nelligan vieux; Dominique Côté, le jeune poète. Kathleen Fortin joue sa mère. Et Linda Sorgini reprend le rôle créé par Renée Claude. Normand Chouinard signe la mise en scène. 

Un rêve de jeunesse 

«Les gens bien portants sont des malades qui s'ignorent.» Telle était la devise de l'auteur français Jules Romains. Ce dernier, rarement monté au Québec, est l'un des dramaturges favoris d'Alexis Martin. Il rêve de jouer Knock ou le Triomphe de la médecine depuis sa sortie du Conservatoire de théâtre, il y a 35 ans. L'acteur ouvrira la saison du TNM, avec cette comédie grinçante, créée en 1923 par Louis Jouvet. Elle est mise en scène par son complice au NTE, Daniel Brière.