Il y a des moments drôles dans Mamma en chef, la nouvelle émission culinaire de TV5Unis. Et il y en a d’autres beaucoup plus intimes, aussi, dans ces cuisines où l’humoriste Erich Preach a préparé avec des mères de tous les horizons des recettes de leur pays d’origine. Nous avons parlé à l’animateur de cette expérience qui lui a montré que peu importe d’où elles viennent, les mères cuisinent toutes avec la même dose d’amour.

Publié le 9 mai
Laila Maalouf
Laila Maalouf La Presse

Aimais-tu cuisiner avant de participer à l’émission ?

J’ai commencé à cuisiner assez jeune. Quand ma mère préparait quelque chose que je n’aimais pas — ce qui arrivait très rarement —, elle me disait : « Si tu n’es pas content, fais-toi à manger ! » Et je le faisais. Pas des plats très compliqués, mais à 10 ou 11 ans, je faisais des spaghettis. J’ai commencé par la base, avec la supervision de ma mère, évidemment, puis de fil en aiguille, rendu au secondaire, je cuisinais des trucs plus compliqués. J’ai toujours eu cet amour de la cuisine. Dans ma famille, j’ai vu ma mère cuisiner, j’ai vu mon père cuisiner… Ce n’était pas réservé à un côté ou quoi que ce soit. Mon père a déjà fait mon lunch, ma mère a déjà fait mon lunch, ils m’ont montré très tôt à les préparer aussi.

Qu’est-ce qui t’a touché dans le fait de cuisiner avec ces mères qui viennent d’ailleurs ?

La cuisine, on s’entend, c’est un prétexte. C’est un prétexte pour parler à des gens, pour avoir leur expérience de vie. C’est plaisant de cuisiner. Mais le but ultime, c’est vraiment de partager avec les gens, de connaître leur histoire. Les mères ont été vraiment généreuses de leur temps, et c’est ça que j’ai aimé le plus.

Qu’est-ce qu’elles ont en commun, même si elles viennent de cultures très différentes ?

Ce sont toutes des femmes qui sont résilientes, des combattantes. Des femmes qui ont fait face à l’adversité et qui ont été capables de passer au travers. Et c’est bon qu’on montre ça. Il y en a qui ont des histoires vraiment dramatiques. Les mamans du Congo, de la Colombie, du Viêtnam ont des histoires très, très, très touchantes, très dures. Mais elles ont une grande force d’adaptation. Elles ont toujours le sourire et une espèce de joie de vivre.

Qu’est-ce que ça représente pour toi, la cuisine d’une mère ?

À la base, une mère cuisine pour subvenir aux besoins, pour nourrir la famille. Mais c’est aussi une preuve d’amour : une mère qui cuisine, elle y met du sien, c’est une partie d’elle qui est dans ce qu’elle prépare. Quand tu cuisines avec ces mères et que tu goûtes à leurs plats, tu comprends que ça veut dire beaucoup de choses ; ce n’est pas juste un plat banal. Il y a quelqu’un qui a pris son temps pour cuisiner pour toi.

Est-ce qu’il y a un plat que ta mère prépare qui a une signification particulière pour toi ?

À ce jour, quand on a un évènement spécial et que je vais manger chez mes parents, que c’est ma fête ou qu’on veut souligner un évènement, ma mère fait du lambi — c’est un mollusque — avec du riz aux noix de cajou. Ma mère l’apprête chaque fois qu’on a quelque chose à célébrer ou que ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus… C’est un de mes plats haïtiens favoris.

Mamma en chef est diffusée sur TV5 jusqu’au 9 juin. Émissions en rattrapage et recettes complètes en ligne, en plus de cinq épisodes exclusifs pour le web (dont un avec l’humoriste Eddy King et sa mère).

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