Certains trichent, d’autres inventent des histoires ou encore sont prêts à tout pour remporter un Pop it. Peu importe leur façon de jouer, ils ont en commun d’être attachants et de déclencher les rires chez les nombreux téléspectateurs qui les ont adoptés. La Presse a rencontré deux petits tannants… et un plus grand.

Publié le 24 janvier
Véronique Larocque
Véronique Larocque La Presse

Depuis le retour du congé des Fêtes, Radio-Canada propose un nouveau rendez-vous télévisuel familial : Les petits tannants. Dérivée du concept britannique What Would Your Kid Do ?, l’émission place des enfants de 4 à 6 ans dans différentes situations et les parents doivent deviner comment leur progéniture réagira. Leur garçon trichera-t-il au minigolf ? Leur fille mentira-t-elle pour obtenir de superbes crayons à colorier ? Pour certains parents, les surprises se succèdent.

PHOTO KARINE DUFOUR, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Pierre Hébert (à gauche) anime l’émission Les petits tannants.

« On pensait déjà connaître notre garçon, mais on le connaît encore plus aujourd’hui », confie Stéphanie Valois, mère de Théo, l’un des petits tannants que les téléspectateurs découvriront au cours de la saison.

« Un de mes plaisirs, c’est de voir la réaction de surprise des parents qui en apprennent pas mal sur leur enfant », répond l’animateur Pierre Hébert lorsqu’on lui demande ce qu’il préfère dans ce jeu télévisé. L’humoriste aime aussi les petits mensonges racontés par les jeunes.

J’aime ça, voir l’imagination des enfants. […] Ce qu’ils inventent me fait rire.

Pierre Hébert, animateur de l’émission

James, 6 ans, fait partie de ces magiciens qui ont transformé la vérité lors de l’émission.

« C’est un menteur », rigole son père, John Vongphrachanh, lorsqu’on lui demande s’il a appris des choses sur son fils. Même de retour à la maison, James répétait l’histoire qu’il avait inventée. « Son mensonge a duré un mois et demi », raconte sa mère, Valérie Émond.

Oui, il arrive aux petits tannants de mentir et de tricher, « mais ce n’est jamais fait dans la méchanceté », note Pierre Hébert. « C’est fait en toute candeur, en toute naïveté. Ils essaient simplement de nous en passer des petites vites. »

Tricheurs, mais empathiques

Et si tout au long de la saison les jeunes font preuve d’une imagination débordante, ils se démarquent aussi par leur grande empathie.

L’animateur donne l’exemple d’un jeu lors duquel l’enfant doit décider s’il prend ou non un jouet dans un sac qui n’est pas le sien. « Il y a une journée où on n’a pas pu faire ce jeu-là parce que tous les jeunes disaient : “Ah non, moi, je n’aimerais pas que quelqu’un prenne mon jouet.” Je trouvais ça tellement beau. »

Celui qui a créé l’émission jeunesse Vrak la vie, en ondes de 2009 à 2015, adore travailler avec les enfants. « Je vois tellement de jeunes allumés », affirme-t-il.

PHOTO KARINE DUFOUR, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Stéphanie Valois, Maxime Lahaie et leur fils, Théo

Le plaisir est réciproque, témoignent les deux familles que nous avons rencontrées. « Pierre Hébert a une grande complicité avec les enfants. Dès le départ, les jeunes ont senti que c’était leur ami », raconte Maxime Lahaie, père de Théo.

Si le lien s’est établi si rapidement entre l’animateur et les enfants, c’est peut-être parce qu’il se reconnaît dans James, Théo et les autres petits tannants.

« J’aurais été le candidat idéal pour cette émission-là. Jaser, toujours vouloir en faire plus, m’amuser, faire mon show… Je pense qu’il y a une partie de moi qui comprend ces enfants-là. Je t’en parle et c’est la première fois que je m’en rends compte, mais ce besoin-là d’avoir l’attention de l’adulte, de faire rire, qu’on me regarde, qu’on jase avec moi… je pense que je le comprends foncièrement chez les enfants qui sont venus à l’émission. »

Imprévisibles

Tourner avec des enfants apporte son lot d’imprévisibilité. Si les parents ne savent pas eux-mêmes comment leur enfant réagira, imaginez l’équipe de tournage.

PHOTO KARINE DUFOUR, FOURNIE PAR RADIO-CANADA

Pierre Hébert dans la salle de jeux des Petits tannants

J’arrivais et j’avais six tannants devant moi. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils allaient faire comme choix. Ça a fait en sorte qu’il n’y a pas deux tournages qui ont été pareils. C’était toujours drôle. Ça me gardait sur le qui-vive.

L’animateur Pierre Hébert, au sujet de la portion de l’émission tournée dans une salle de jeux

« Ma force, c’est d’improviser. C’est vraiment un quiz qui tombait dans mes cordes », poursuit celui qui vient de commencer les tournages de la deuxième saison du jeu-questionnaire Question de jugement.

Des cotes d’écoute impressionnantes

Le premier épisode des Petits tannants, diffusé le 7 janvier, a été regardé par 821 000 personnes ; le second, par 767 000 personnes. « On capotait, confie Pierre Hébert au sujet de ces chiffres. Je sais qu’il y a l’effet de nouveauté, on a fait de la promotion, il y a aussi l’effet de la pandémie ; même avec tout ça, on ne visait jamais autant. »

L’animateur se réjouit encore plus d’un commentaire souvent formulé au sujet de l’émission : qu’elle crée un beau moment en famille. Peut-on s’attendre à une deuxième saison ? Pierre Hébert l’espère, mais rien n’est encore confirmé.

Avis à l’animateur : le jeune Théo se dit prêt à prendre sa place… si jamais.