Plus de vingt ans, deux films et six saisons plus tard, voilà que les copines new-yorkaises les plus fabuleuses du petit écran annoncent officiellement leur grand retour. Un Cosmopolitan pour fêter ça (ou pas !), quelqu’un ?

Silvia Galipeau Silvia Galipeau
La Presse

La nouvelle est tombée dimanche soir : le tournage de la nouvelle saison de Sex and the City (SATC), And Just Like That, suite attendue de la série culte, racontant cette fois les hauts et les bas de la vie non plus à 30, mais bien à 50 ans, débutera au printemps.

Au bout du fil, Sarah-Maude Beauchesne (autrice et scénariste, à qui l’on doit notamment la websérie Fourchette) ne cache pas sa joie. Disons que dans la grisaille ambiante, la nouvelle (festive, offrant un soupçon d’évasion) tombe visiblement à point pour certains. « Je suis ravie ! lance-t-elle d’emblée. Ça va faire du bien ! Je m’en fous de tout ce qui se dit de négatif ! Je suis très fébrile ! » Fan devant l’Éternel (son cellulaire sonne encore et toujours au rythme du générique de la série originale, c’est dire !), elle confirme se retaper l’intégrale créée par Darren Star (et basée sur le livre éponyme de Candace Bushnell) des six saisons au moins une fois par année. « C’est mon réconfort éternel ! »

Pour cause :

PHOTO FRANCOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Sarah-Maude Beauchesne

C’est une des rares séries télévisées qui parle de femmes à avoir traversé le temps ! Et là qui va parler de femmes dans la cinquantaine. Je suis très contente de voir une série qui donne la parole à des femmes qui vieillissent !

Sarah-Maude Beauchesne, autrice

Avec tous les enjeux sociaux, amicaux, amoureux et, bien sûr, sexuels qui s’imposent.

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Kristin Davis, Sarah Jessica Parker et Cynthia Nixon seront de retour pour 10 épisodes de Sex and the City. Kim Cattrall, à l’extrême droite, ne reprendra pas le rôle de Samantha Jones.

La rumeur d’une suite (attendue depuis des années par les fans les plus finis) a été confirmée dimanche soir. Sur Instagram, Sarah Jessica Parker (Carrie pour les intimes) a notamment déposé ce « teaser » (pardonnez l’expression), une vidéo léchée, tournée à la SATC, avec gratte-ciel, ponts et klaxons typiques de la ville qui ne dort jamais. En guise de clin d’œil, elle a en prime écrit, de sa plume non moins typique : « I couldn’t help but wonder… where are they now ? » (« je ne pouvais pas m’empêcher de me demander, où sont-elles maintenant ?). En fond, et au son de son clavier, on devine sa voix confirmer : « and just like that… the story continues » (traduction libre : et voilà, l’histoire se poursuit). HBO Max, qui diffusera cette suite, a confirmé la nouvelle par communiqué quelques instants et combien de cris de joie virtuels plus tard (il faut dire que la star compte plus de 6 millions de fidèles abonnés). Le tournage de 10 épisodes de 30 minutes doit débuter dès le printemps, à New York (il va sans dire). Comment, dans les circonstances que l’on sait ? L’histoire ne le dit pas (encore).

Une « demi-série » ?

Ce que l’on sait, par contre, c’est que Sarah Jessica Parker, Kristin Davis (Charlotte) et Cynthia Nixon (Miranda) seront de retour autour de leurs traditionnels brunchs dominicaux (on ne voit pas comment il pourrait en être autrement), à titre en prime de coproductrices (aux côtés de Michael Patrick King, scénariste, réalisateur et producteur de plusieurs épisodes des saisons précédentes).

Le grand mystère : qu’adviendra-t-il du personnage de Samantha (Kim Cattrall) ? La quatrième et non moins flamboyante copine (une femme libérée œuvrant en publicité, comment l’oublier ?) n’a jamais caché ses frictions (le mot est faible) avec l’équipe en général, et Sarah Jessica Parker en particulier. L’actrice a tiré un trait sur la série. Ne voulait plus en entendre parler. Et elle ne fait pas partie de la distribution non plus, c’est officiel. Mais qu’adviendra-t-il de son personnage ? Les spéculations vont bon train : morte (trop dur pour une série légère avant tout) ? Expatriée (disons pour travailler en Europe) ? Ou évaporée sur un yacht luxueux avec son Big à elle (pourquoi pas, spécule le Vanity Fair) ? De son côté, Sarah-Maude Beauchesne le prend avec philosophie. « Je n’ai pas envie de la voir si elle n’a pas envie d’être là, dit-elle. Le simple fait d’avoir Carrie, Charlotte et Miranda le temps de 10 épisodes, c’est déjà en masse ! »

N’empêche. Ce n’est pas l’avis de tous. Alexandra Diaz (« très, très fan »), tout en saluant le retour de ces femmes plus âgées (« c’est un statement féministe important »), demeure « dubitative ».

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

Alexandra Diaz

Je suis bien triste qu’elle ne revienne pas. C’était le personnage le plus intéressant. Une femme qui s’assumait beaucoup, la plus irrévérencieuse de la gang. C’est par elle que passait l’humour. Je ne sais pas à quel point ça va être pertinent, sans Samantha.

Alexandra Diaz, journaliste et animatrice

Plusieurs lui font écho sur les réseaux sociaux. « C’est comme ramener Friends sans Jennifer Aniston », ou encore « Destiny’s Child sans Beyoncé », peut-on lire, entre autres déceptions. C’est que pour beaucoup de fans, SATC sans Samantha, ce n’est tout simplement plus SATC. « Samantha, ça n’était pas mon personnage préféré à l’époque, mais c’était le personnage le plus complexe, le plus riche. Si elle n’est pas là, c’est une demi-série », dénonce à son tour Marie-France Bazzo. Or, même si l’animatrice et productrice a « complètement adoré » cette série-là (et on s’en souvient !), elle n’attend pas cette suite avec grand enthousiasme.

Or, même si l’animatrice et productrice a « complètement adoré » cette série-là (et on s’en souvient !), elle n’attend pas cette suite avec grand enthousiasme.

« Je ne sais pas si c’est une bonne nouvelle, dit-elle. Je suis complètement mitigée ! » Certes, il n’est pas inintéressant d’entendre des femmes de 50 ans au petit écran (« un peu comme on entend des hommes dans Les mecs à Radio-Canada »), mais est-ce dans ce cas-ci absolument nécessaire ? « Non ! C’est une icône générationnelle. Il ne faut pas toucher à ça ! » Une icône bien ancrée dans le temps, qui n’a pas exactement bien vieilli, faut-il le rappeler.

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-France Bazzo

Des femmes blanches, à l’aise financièrement, concentrées sur leurs névroses, pas du tout ouvertes sur le reste de l’univers, ce n’est plus possible aujourd’hui !

Marie-France Bazzo

Et les rendre plus empathiques et ouvertes sur le monde, ce serait « dénaturer » la série, tranche-t-elle. « Ça ne me tente pas de voir comment ces filles-là ont vieilli, et je ne pense pas qu’elles ont bien vieilli… »

Ultime, et non la moindre, question qui se pose (et on ne parle pas ici de savoir si Big et Carrie sont encore ensemble, quoique…) : qu’adviendra-t-il ici de la pandémie ? Faut-il en faire totalement abstraction (de grâce, oui, diront certains), ou serait-ce une injure à une ville qui en a tant souffert (et ce n’est pas fini) ? Les paris sont lancés. À suivre, assurément.