Avec le prolifique producteur américain Ryan Murphy, c’est tout ou rien. J’ai adoré Nip/Tuck, dévoré Feud, capoté sur American Crime Story (particulièrement le chapitre sur O.J. Simpson) et me suis régalé des premières saisons d’American Horror Story.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Par contre, j’ai soupiré devant The Politician, abandonné rapidement Scream Queens et décroché de Pose après la première saison. Quant à Glee, si j’entends une autre chanson pop laminée à l’autotune, je fais comme Julien aux Chefs ! devant un défi de pâtisserie : j’abandonne tout. Bye, groupe.

La dernière offrande de Ryan Murphy, soit la minisérie Hollywood, diffusée depuis vendredi sur Netflix, divisera une fois de plus ses fans. C’est exagéré et ultra gratiné. En raison du ralentissement des activités de doublage, seuls les sous-titres en français — pas encore la bande sonore — peuvent être activés.

Hollywood, dont j’ai vu les sept épisodes d’une heure, se déroule en 1947 et réimagine l’histoire du cinéma américain sans racisme, sans sexisme et sans homophobie. Avertissement : vous risquez de fouilleur longtemps sur Wikipédia pour vérifier si telle actrice d’origine chinoise (Anna May Wong) ou tel réalisateur organisateur de partys gais clandestins (George Cukor) ont vraiment existé. Réponse : oui.

PHOTO FOURNIE PAR NETFLIX

David Corenswet et Patti LuPone dans Hollywood

Par contre, la majorité des intrigues de Hollywood ont été inventées de A à Z. Cette série flamboyante nous montre comment des superproductions de 1947 auraient été fabriquées avec la mentalité inclusive de 2020. 

Il s’agit donc d’une série d’époque, mais à l’esprit moderne, pétrie de bonnes intentions.

Dans le 1947 revu et corrigé de Hollywood, les patrons des studios se décarcassent pour qu’une comédienne noire décroche le premier rôle d’un film à gros budget. Ils engagent un scénariste ouvertement homosexuel. Une femme juive dirige la société de production la plus influente de l’industrie. Et Rock Hudson foule le tapis rouge des Oscars en tenant la main de son copain afro-américain.

Ce révisionnisme n’est pas inintéressant, quoique complètement irréaliste et naïf. Il a fallu attendre 2002 pour qu’une actrice noire (Halle Berry) remporte l’Oscar dans un premier rôle — et non un rôle de soutien comme Whoopi Goldberg (Mon fantôme d’amour) ou Hattie McDaniel (Autant en emporte le vent). Alors, imaginez les chances que cela se produise en 1947.

Comme dans plusieurs émissions signées Ryan Murphy, les répliques sur l’égalité et le progrès clignotent quasiment en majuscules à l’écran. Zéro subtilité ici. Même que ça fait vieillot avec la musique sirupeuse qui enveloppe ces moments pivots.

Mais est-ce que c’est bon ? demandez-vous. Verdict : c’est divertissant et accrocheur, notamment quand Hollywood expose les aspects plus glauques du glamour. Hyper mélodramatique, la série suit de jeunes comédiens qui espèrent percer dans le showbiz. Certains se prostituent pour accéder à leur rêve.

D’autres acceptent de collaborer avec l’agent le plus dégueulasse de Los Angeles, Henry Wilson, joué par Jim Parsons, alias Sheldon dans la sitcom The Big Bang Theory. Oui, cet être épouvantable, qui a ordonné à Rock Hudson de changer sa dentition, a vraiment existé.

La reconstitution de l’époque est superbe. Les costumes, la musique, les voitures, les luxueux hôtels, le bling, les fêtes privées, on a l’impression de vivre dans un long métrage doré avec Humphrey Bogart et Shirley Temple.

Les femmes volent la vedette dans Hollywood, particulièrement Patti LuPone, dont le personnage d’Avis Amberg prend les rênes du studio fondé par son mari. Mira Sorvino est parfaite dans son petit rôle d’actrice établie, à mi-chemin entre Lana Turner et Joan Crawford.

Mes préférés demeurent cependant les producteurs Dick Samuels (Joe Mantello) et Ellen Kincaid (Holland Taylor), deux amis raffinés et brillants, qui poussent pour aplanir les inégalités dans leur univers chatoyant.

Bonsoir bonsoir ! monte encore

Le talk-show Bonsoir bonsoir ! de Radio-Canada a battu son propre record d’écoute, jeudi dernier, avec 640 000 téléspectateurs vissés devant leur télé. C’est énormément de gens en comparaison avec l’an passé, où les chiffres n’ont jamais grimpé aussi haut, aussi rapidement.

PHOTO TIRÉE DE LA PAGE FACEBOOK DE L’ÉMISSION

Véronique Cloutier était de passage sur le plateau de Bonsoir bonsoir ! le 30 avril.

Il faut dire que cet épisode a été particulièrement charmant. Véronique Cloutier parlait sans filtre à Jean-Philippe Wauthier, avec une franchise rafraîchissante, et Serge Denoncourt a traité de menteurs tous ceux qui nous répètent en boucle que tout va bien, qu’il faut apprendre de cette crise, que c’est super, lalalère.

Seigneur que ça faisait du bien d’entendre autre chose que des bons sentiments gluants et gnangnans. Il faut que le metteur en scène revienne livrer les morceaux de sa chronique qu’il a retranchés par manque de temps.

Nous avons aussi eu droit à une prestation musicale des Belles-sœurs avec Guylaine Tremblay et sa troupe, à un numéro humoristique d’Arnaud Soly ainsi qu’à un café avec Bernard Derome. Très bonne émission, avec le ton approprié.