Jamais un mariage sinistre n’aura débouché sur une finale aussi réjouissante, telle une ritournelle de Taylor Swift (Speak Now, bien sûr) ou une comédie romantique dans laquelle Julia Roberts panique complètement à l’idée de porter une bague à l’annulaire gauche.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Ça se passait lundi soir dans Les pays d’en haut à Radio-Canada. À ce sujet, l’alerte au divulgâcheur sonne ici comme les cloches de l’enfer du curé Caron (David La Haye).

Donc, la belle Pâquerette (Romane Denis), maintenant employée à l’Opérette de Montréal, est revenue à Sainte-Adèle pour chanter aux noces de sa meilleure amie Donatienne (Kim Despatis), qui a longtemps été son amoureuse clandestine.

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA.

Pâquerette (Romane Denis) et Donatienne (Kim Despatis) dans Les pays d’en haut.

Les deux femmes ont entretenu une relation passionnelle ultra secrète. Mais les conventions rigides de l’époque (nous sommes en 1891, rappelons-le) et l’insistance d’Angélique (Madeleine Péloquin) pour que Donatienne épouse le juge Lacasse (Paul Savoie) ont éteint leur flamme.

On croyait que c’était fini, kaput, quand Pâquerette, notre rossignol du Nord, a remis toutes ses lettres d’amour à Donatienne et que les deux amantes pleuraient chacune de leur côté de la porte de chambre, mais non ! Un évanouissement à l’église, une rencontre furtive à la chandelle et les deux copines ont fui Sainte-Adèle pour se réfugier à Lowell, au Massachusetts.

Et non, la nuit de noces n’a pas été consommée. Désolé, juge Lacasse. Ce fut une très belle scène, très audacieuse pour le XIXe siècle. Deux dames qui s’embrassent sur le quai de la gare, en quête d’une nouvelle vie, vraiment, c’était du joli.

Je les trouve adorables. Les deux comédiennes se sont beaucoup investies dans cette histoire-là.

Gilles Desjardins, scénariste des Pays d’en haut

PHOTO FOURNIE PAR RADIO-CANADA.

Pâquerette (Romane Denis) et Donatienne (Kim Despatis) dans Les pays d’en haut.

Pour raconter la romance entre Pâquerette et Donatienne, Gilles Desjardins a épluché des correspondances privées d’anciennes camarades de couvent. « Ces lettres de grandes amitiés avaient parfois des connotations sexuelles », explique-t-il.

Aussi, changer de nom ou d’identité était pas mal plus facile qu’aujourd’hui. « Tu pouvais alors repartir à zéro et te refaire une vie aux États-Unis », rappelle Gilles Desjardins.

L’exhumation d’Oscar Labranche (Fabien Cloutier) a également été inspirée d’un fait vécu, celle du typographe Joseph Guibord. En 1869, le diocèse de Montréal lui a refusé un enterrement dans le cimetière catholique en raison de son affiliation à un groupe interdit par l’Église.

La veuve Guibord a alors placé le cercueil de son défunt mari dans un sarcophage en pierre, qui a ensuite été coulé dans le béton. Comme le curé Caron dans Les pays d’en haut, le diocèse de Montréal a ensuite refait le cadastre pour que la tombe n’appartienne plus techniquement au cimetière.

Parlons-en du curé Caron, le personnage le plus détesté de la série, devant Séraphin (Vincent Leclerc) et Bidou (Rémi-Pierre Paquin). Selon Gilles Desjardins, le curé Caron est un amalgame de nombreux prêtres détestables qui ont vécu dans les Laurentides.

« Je me suis aussi inspiré de chevaliers de la tempérance, dont le père Charles Chiniquy, qui a été une star, une vedette populaire, qui luttait contre l’ivrognerie. C’était un homme charismatique, entêté et avide de pouvoir », explique l’auteur Gilles Desjardins, dont le souci du détail historique fait encore nos bonheurs du lundi soir.

Bonne nouvelle : Les pays d’en haut reviennent en 2021 avec six autres épisodes.

Véro de retour au jeu

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Véronique Cloutier

Le producteur Louis Morissette l’a bien précisé, mardi après-midi : le rôle que sa conjointe Véronique Cloutier a décroché dans la nouvelle comédie à sketchs L’œil du cyclone est secondaire. « C’est un rôle de soutien. La série ne repose pas sur les épaules de Véro », avertit Louis Morissette, cofondateur de la boîte KOTV.

C’est Julie Le Breton (Épidémie, Les pays d’en haut) qui a obtenu le rôle principal de cette série, qui s’apparentera à Modern Family et aux Parent. Mère célibataire de trois enfants, dont une ado de 17 ans, Isabelle (Julie Le Breton), 40 ans, tentera de survivre au poids de la charge mentale. Son métier ? Organisatrice de mariages.

Véronique Cloutier campera Éliane, la grande sœur d’Isabelle, une agente immobilière sans enfant qui fait de l’argent. Patrick Hivon incarnera l’ex-copain d’Isabelle, tandis que Danielle Proulx sera la grand-maman, très critique envers la vie brouillonne d’Isabelle, mais en admiration devant le succès d’Éliane.

Attention : L’œil du cyclone ne tombera pas dans le piège de la mère indigne incapable de passer une soirée sans son immense verre de vino. « Isabelle est constamment en retard sur la balle et tourne les coins sur certaines affaires. Mais elle aime ses enfants », détaille Louis Morissette.

Disponible dans la section Véro.tv de l’Extra de Tou.TV en octobre prochain (vous êtes toujours là ?), L’œil du cyclone comportera 13 épisodes de 30 minutes. Cette comédie, réalisée par Alain Chicoine et Julie Hogue, traversera éventuellement à la télé régulière, à une date qui n’a pas été précisée.

En excluant les Bye bye, Véronique Cloutier n’est pas apparue dans une œuvre de fiction depuis le film Les dangereux, sorti en décembre 2002. Insérez ici un gag acide du genre « La barre de comparaison n’est pas bien, bien haut placée, hein ? ».