Les premiers candidats de la nouvelle saison d’Occupation double – sept gars et huit filles – sont connus depuis le 31 août. Parmi eux, des personnalités se détachent déjà du lot. On peut deviner qui seront les grands séducteurs, les têtes fortes et ceux qui risquent de créer de la bisbille. Comment ont-ils été choisis parmi les 2000 célibataires qui ont participé aux auditions cette année ? Analyse de la sélection des candidats avec deux des têtes pensantes de l’émission.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Les avantages de faire OD « chez nous »

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Jean-Philippe Perron, idéateur, et Valérie Dalpé, productrice au contenu de l’émission

On le sait, cette année, c’est au Québec que se déroule Occupation double, pandémie oblige. La démarche pour les auditions a aussi dû être repensée compte tenu de la COVID-19. « D’habitude, on fait des portes ouvertes, mais cette fois, on a demandé aux gens d’envoyer des vidéos », explique Valérie Dalpé, productrice au contenu de l’émission. Résultat : plus de 2000 célibataires de partout au Québec, et même d’ailleurs au Canada, ont fait parvenir leurs candidatures. « On a vu beaucoup de gens des régions, ce qu’on ne voit pas d’habitude », ajoute celle qui est impliquée dans le choix des candidats du début à la fin. La productrice est entourée de deux autres personnes dans sa tâche : l’idéateur Jean-Philippe Perron et le créateur de contenu web Sacha Bourque. Le trio s’est fié à un barème pour noter les auditions vidéo. De 2000 célibataires, la liste a été réduite à 200.

La rencontre en face à face

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Les candidates d’Occupation double et l’animateur Jay Du Temple

Étapes suivantes : les 200 personnes choisies ont été rencontrées par vidéoconférence, puis « en vrai », explique Valérie Dalpé. « On a réalisé que le contact physique, ça crée un lien, il y a une chimie qui opère et ce n’est pas toujours le cas par vidéo, observe Jean-Philippe Perron. Le point positif des vidéos, c’est qu’on a rencontré des gens qui ne se seraient pas déplacés, mais rien ne bat le fait de pouvoir se regarder dans le blanc des yeux. » Parfois, explique-t-il, il suffit qu’un individu monte sur scène pour que les juges sachent tout de suite qu’il sera un bon candidat. « Des fois, nos coups de cœur changeaient complètement après les rencontres », dit Jean-Philippe Perron. Il compare à la blague le processus du dating avec une application de rencontre, où les premières impressions virtuelles peuvent être trompeuses. « Mais ce n’est pas une affaire de physique, précise Valérie Dalpé. C’est une affaire d’énergie. »

Savoir se vendre

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Stacey, une des candidates

L’« énergie » dont parle la productrice au contenu, cette vibe qui fait que ça passe ou ça casse, se traduit de différentes façons. Quand les candidats rencontrent les juges pour la première fois en personne, « c’est un peu comme American Idol », décrit Valérie Dalpé. « C’est big, ça se passe devant les producteurs, avec des caméras, dit-elle. C’est important de voir comment ils réagissent à ce stress-là, s’ils sont à l’aise devant la caméra. » Pour être retenu, il faut aussi que le participant potentiel soit en mesure de bien se vendre. Comme les juges, le public a pu voir il y a deux semaines, lorsque les candidats se sont présentés pour la sélection officielle, que chacun avait ses arguments de vente pour faire valoir sa candidature. Si Stacey s’est présentée comme une « grande gueule », Andréanne a plutôt mis de l’avant son côté « rayon de soleil », tout en affirmant qu’elle serait prête à manipuler les autres candidats si nécessaire. Carl et Jamie seront probablement les clowns des maisons, tandis que Patrick a semblé se présenter comme une force tranquille. Chaque personnalité amène un intérêt particulier, indiquent les juges.

Pas de cases à cocher

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Cédrick a un potentiel de mauvais garçon (bad boy)

« Les gens pensent qu’on a des critères définis, qu’on cherche une méchante, un bad boy… Mais on n’a pas de cases à cocher, pas du tout », prévient Valérie Dalpé. Tout commence donc par les fameux coups de cœur, puis il faut faire preuve d’intuition et créer un groupe qui a le potentiel de faire de la bonne télé. « Avec nos préférés, on essaie de les départager et on s’arrange pour trouver un équilibre. On sait qui va être la fille qui sera aimée de tout le monde et on n’en veut pas huit pareilles, dit la productrice au contenu. Si on a deux gars qui vont foutre la merde, on décide lequel on garde. » Le fameux bad boy, cette année, pourrait être Cédrick, qui se décrit lui-même comme un « petit criss » qui aime « butiner ». Il faut aussi voir au-delà de l’audition, car tout ce beau monde va ensuite se retrouver cloîtré dans des maisons. Est-ce que leur instinct les a déjà induits en erreur ? Absolument, répondent les deux jurés. « Je me rappelle avoir déjà poussé pour qu’on fasse rentrer quelqu’un et de m’être ensuite excusée ! », relate Valérie Dalpé.

Un groupe un peu plus hétérogène

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Naadei, une des candidates

Le casting d’Occupation double est de plus en plus hétérogène. La candidate Julie prône la « diversité corporelle » et l’acceptation de soi, tandis que Naadei, Luis-Maxime ou Patrick ont également un profil qu’on trouvait peu chez les candidats auparavant. Diversité culturelle, diversité corporelle, ce n’est pas un hasard si on retrouve cette année des candidats qui ne se ressemblent pas tous. La production a fait un effort conscient, mais c’est aussi que de plus en plus de célibataires aux profils différents s’inscrivent, note Jean-Philippe Perron. « On veut mettre ces gens de l’avant, parce que si on ne le fait pas, les gens issus de la diversité ne se présenteront pas, dit-il. On a voulu représenter la jeunesse et la diversité québécoise d’aujourd’hui. » Cette année, au moins 30 % de la première vague de candidatures venait de personnes issues de la diversité, estime l’idéateur, heureux de constater cette évolution. Interrogés sur le bassin de candidats qu’ils ont formé cette année, alors que le tournage vient de débuter, les deux décideurs sont très satisfaits. « Ce sont des gens vraiment proches de leurs émotions, dit Valérie Dalpé. Du côté des gars comme des filles, il y a déjà une bromance qui s’installe. Ils se posent des questions, se relancent, se confrontent. Il y a toujours eu de la proximité chez les candidats, mais d’habitude, ça prend plus de temps. Là, tous les candidats ont été isolés pendant 14 jours, donc ils avaient sûrement ce besoin d’aller vers l’autre. Ç’a a beau être une compétition, l’expérience humaine, c’est plus fort. »