Le roi Salvail est mort (ou excommunié), vive la nouvelle reine de V, Julie Snyder ! L’animatrice et productrice a paraphé vendredi un costaud contrat pour prendre les rênes d’un talk-show quotidien qui entrera en ondes en janvier prochain.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Fini les rumeurs et les infos à demi vérifiées, voici les faits. Julie Snyder pilotera seule ce rendez-vous télévisuel, qui jouera du lundi au jeudi à 21 h, et non à 22 h comme ses prédécesseurs En mode Salvail et Le show de Rousseau.

V logera donc sa future émission vedette contre les grosses séries de fiction de TVA et de Radio-Canada, une stratégie de contre-programmation qui pourrait s’avérer payante si l’équipe de Julie arrive à créer le buzz avec des segments super étonnants pouvant voyager sur les réseaux sociaux.

« C’est mon grand retour à la télé. On ne m’a pas vue à la télévision depuis la fin du Banquier, en 2017 », se réjouit Julie Snyder au bout du fil.

Deux émissions passeront en direct et l’animatrice préenregistrera les deux autres, une formule présentement employée par Bonsoir bonsoir ! à Radio-Canada. 

« Je suis une fille de direct. Avec le direct, tu vis avec tes erreurs », remarque-t-elle.

La démone débarquera à V avec son ange cornu, Stéphane Laporte, qui agira comme bras droit, cerveau gauche, concepteur, réalisateur, idéateur, auteur, alouette. Dans les 30 dernières années, Julie et Stéphane ont collaboré sur une kyrielle de productions, dont L’enfer, c’est nous autres, Star Académie, Le banquier, La voix et L’été indien.

Le talk-show flambant neuf de Julie Snyder ne porte pas encore de titre. Avant de signer avec V, l’animatrice de 51 ans a longuement réfléchi à l’impact de la charge de travail sur sa vie de famille.

« Je savais que je ne pourrais pas faire du talk-show quotidien en me consacrant à mon projet familial. J’ai mis ma carrière d’animatrice en veilleuse pendant les premières années de vie de mes enfants. Les 10 premières années, c’est très prenant. Comme je suis une mère super impliquée, c’est ça qui a teinté toutes mes décisions. Mon fils Thomas a 14 ans et ma fille Romy va avoir 11 ans en octobre. Ils ont été allaités, vaccinés et encadrés. Et j’en ai discuté avec eux avant d’accepter », explique Julie Snyder.

Le talk-show d’une heure de Julie Snyder ne reposera pas uniquement sur les entrevues. « Je veux que les gens parlent de l’émission le lendemain à la machine à café. J’ai fait du ski nautique avec Céline Dion à L’été indien, j’ai porté une robe fontaine qui aurait fait fureur au Met Gala et je veux continuer à surprendre », confie-t-elle.

C’est la compagnie Toros de Julie Snyder qui produira son talk-show, et non Productions J. « J’ai fondé Toros en 2018 parce que j’avais peur que Productions J fasse faillite. Pour l’instant, ça va mieux que ça allait. On a envisagé la faillite, mais on a réussi à s’en sortir. Le pire est derrière nous, je pense », détaille Julie Snyder. Toros est aussi derrière Occupation double et L’open mic.

Dans les derniers mois, Julie Snyder a également eu des pourparlers avec Radio-Canada. Mais avec Tout le monde en parle et Bonsoir bonsoir !, le diffuseur public n’avait pas de case horaire disponible pour un autre talk-show.

Selon mes espions, une docusérie où Julie Snyder aurait enquêté sur des sujets de société lui tenant à cœur a failli aboutir dans la grille 2019-2020 de Radio-Canada. Ce projet n’est pas mort et pourrait se concrétiser une fois que le talk-show de V aura atteint sa vitesse de croisière.

Pour V, l’embauche de Julie Snyder représente un gros coup. S’il y a une personnalité du showbiz capable de générer de l’audience, c’est elle.

Quand Éric Salvail a largué TVA pour se joindre à V en 2013, toute la grille de la jeune chaîne a bénéficié de l’effet Salvail.

Imaginez maintenant si Julie Snyder décroche une sélection ou gagne un trophée au prochain gala Artis, prévu au printemps 2020. Je donnerais 100 $ pour assister à cette scène, qui mettrait les patrons de TVA dans tous leurs états.

On se souviendra que la démone a été congédiée de TVA en novembre 2016 et qu’elle l’a appris en ouvrant Le Journal de Montréal. La vengeance serait douce au cœur de celle qui a coanimé L’été indien.