Contrairement à la croyance populaire, les Québécois ne sont pas les seuls à passer la veille du jour de l’An devant leur téléviseur. Au moins un autre peuple partage cette tradition : les Islandais.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

« C’est drôle, parce que les Islandais disent toujours qu’ils sont les seuls à avoir un show comme ça. Mais nous aussi, on dit ça ! Et en fait, nous sommes au moins deux peuples à regarder une émission satirique à la télé le 31 décembre », dit Jonathan Gagnon, un passionné des pays scandinaves.

Depuis 1968, le Bye bye diffusé à Radio-Canada permet aux Québécois de rire des personnalités et des évènements qui ont marqué l’actualité dans la dernière année. C’est exactement le concept de l’émission Áramótaskaupið, présentée elle aussi à la télévision publique. Dans les deux cas, les numéros peuvent être chantés.

La tradition islandaise est encore plus ancienne que celle des Québécois. Ce fut d’abord une émission radiophonique de 1948 à 1965, avant de devenir un rendez-vous télévisuel. Et contrairement au Bye bye québécois, l’émission n’a jamais connu de pause.

« La soirée du Nouvel An en Islande n’a pratiquement pas changé depuis des décennies. À 20 h, il y a le message du Nouvel An du premier ministre. Ensuite, il y a la revue de l’année de l’information, suivie à 22 h 30 de l’Áramótaskaupið. Et là, le pays arrête pendant une heure ! Enfin, à 23 h 30, les gens sortent dehors pour voir les feux d’artifice », explique Jonathan Gagnon, qui visionne l’Áramótaskaupið sur le web depuis près de 20 ans.

L’émission de 2018, qui a coûté 364 000 $, a été vue par près de trois Islandais sur quatre. 

C’est le Super Bowl de l’Islande !

Jonathan Gagnon, passionné des pays scandinaves

Nous pourrions dire la même chose du Bye bye. Le dernier a attiré 4 410 000 téléspectateurs (qui l’ont regardé en direct ou l’ont enregistré le 31 décembre), ce qui en fait l’émission la plus regardée de tous les temps à la télé québécoise.

Dans le salon du président

L’Islande n’ayant pas un vedettariat aussi fort que le nôtre, les comédiens de l’Áramótaskaupið ne sont pas des Claude Legault ni des Guylaine Tremblay. « Il y a des gens un peu connus, mais vraiment pas comme nos acteurs », dit Jonathan Gagnon, originaire du Saguenay.

Et contrairement à l’émission de Radio-Canada, la revue satirique de l’Islande se passe de décors élaborés. « Puisque c’est un petit pays, ils ont beaucoup d’accès. Quand ils veulent filmer un sketch au parlement, ils filment vraiment dans le parlement. Une année, ils faisaient un sketch qui présentait une grosse fête dans la résidence du président. Eh bien, ils ont vraiment fait ça dans le salon du président ! »

Visionnez des extraits du Bye Bye islandais

Les touristes étant de plus en plus nombreux à visiter l’Islande, ils ont été à quelques reprises les victimes de la revue de l’année. En voici deux exemples :

En anglais

En islandais