Depuis qu’ils ont construit le « centre d’achats », ça va très mal sur la rue principale de Hawkins, en Indiana. Le RadioShack est parti. Le cinéma aussi. Et les ti-culs en « bécyk » convergent maintenant vers le complexe Starcourt flambant neuf, qui abrite un Gap, une franchise d’Orange Julius et même un immense JCPenney.

Hugo Dumas Hugo Dumas
La Presse

Le troisième chapitre de Stranger Things, qui s’annonce encore meilleur que les précédents, s’ouvre six mois après la finale du deuxième. 

À quelques jours de la fête du 4 juillet 1985, la bande d’ados dégourdis qui a combattu des créatures repoussantes coule des vacances plus tranquilles. Dustin rentre d’un camp scientifique. Eleven et Mike ne se lâchent pas d’une semelle. Max et Lucas forment un couple moins pot de colle, tandis que Will supplie ses copains de reprendre leurs parties de Donjons et Dragons.

Mais les jeunes ont tous grandi et l’enfance à laquelle s’accroche le gentil Will n’existe plus. Parenthèse, ici. Netflix a mis en ligne Stranger Things 2 en octobre 2017. Il s’est presque écoulé deux ans entre la sortie des deux saisons et les acteurs ont énormément changé physiquement depuis. Pas mal plus que pendant les six mois suggérés dans le scénario. Ce n’est pas un détail anodin dans une série obsédée, justement, par les détails. Mais passons.

Évidemment, une nouvelle menace surnaturelle plane sur Hawkins et elle s’exprime en russe (vous comprendrez au premier épisode). C’était la période où les Soviétiques jouaient les méchants dans tous les films américains, rappelez-vous.

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Sadie Sink et Millie Bobby Brown dans Stranger Things 3

Comme ses protagonistes qui en pincent pour L’opéra de la terreur et Le jour des morts-vivants de George A. Romero, Stranger Things 3 gagne en maturité. Cette série phare de Netflix, offerte en français et en anglais, s’extirpe de sa phase Goonies, qui n’était pas désagréable, et emprunte des références plus sombres chez Steven Spielberg, Stephen King ou John Carpenter.

L’équilibre entre la science-fiction, l’horreur et la nostalgie se brise très rarement dans Stranger Things 3. Plusieurs scènes gore de type zombie ponctuent les nouveaux épisodes. Et sans rien divulgâcher, sachez que les bibittes dégueulasses ont, elles aussi, bien profité de leur congé.

L’aspect rétro-rafraîchissant de l’œuvre fonctionne encore super bien. Enfoncez ici le bouton « play » de votre radiocassette coloré pour entendre Never Surrender de Corey Hart ou Material Girl de Madonna.

La reconstitution de cette époque bien crêpée a dû coûter une fortune. Impossible de ne pas sourire devant autant d’objets iconiques des années 80, comme la bouteille de chianti emprisonnée dans une corbeille tressée ou ce flacon vintage d’Hawaiian Tropic destiné à bien brunir au soleil, réflecteur métallique inclus.

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Joe Keery et Gaten Matarazzo dans Stranger Things 3

Ah oui, une nouvelle membre se greffe au groupe. Elle s’appelle Robin, adore le sarcasme et travaille à la crémerie du centre commercial avec le pauvre Steve, qui a été refusé dans toutes les universités. Potin de stars : la jeune actrice qui campe Robin s’appelle Maya Hawke, comme dans la fille d’Ethan Hawke et d’Uma Thurman. Elle est excellente. Tout comme Winona Ryder, ma préférée, qui se retrouve une fois de plus mêlée aux histoires de monstres terrifiants avec son « ami » Hopper, le chef de police de Hawkins.

L’aspect plus faible de Stranger Things 3 est porté par Nancy et Jonathan, qui ont décroché des boulots d’été au Hawkins Post, le journal local. Elle, comme commis de bureau. Lui, comme photographe. Cet aspect du récit, trop prévisible, s’arrime moins bien à la trame principale déjà bien garnie. Et mettons que Jonathan et Nancy n’ont pas hérité des rôles les plus charismatiques de la série. Pour le dire poliment : ils sont ennuyeux.

Pendant ce temps, les aimants sur les frigos cessent de fonctionner à Hawkins. Les rats bouffent de l’engrais chimique et convergent vers un point mystérieux avant d’exploser en une sorte de blob visqueux.

Nos sympathiques amis de Hawkins disposent de huit épisodes d’une heure pour régler tout ça, entre une saucette à la piscine municipale et une gorgée du nouveau Coke.

RECTIFICATIF

Julie Snyder 

Dans une chronique parue le 27 juin dernier, nous avons écrit que l’animatrice Julie Snyder avait été congédiée par TVA en novembre 2016. Or, TVA précise qu’elle a mis fin à l’émission Le Banquier à ce moment pour des considérations d’ordre économique. Mme Snyder n’avait pas de lien d’emploi avec TVA, mais était plutôt liée par un contrat de services pour l’animation de cette émission. Il ne pouvait donc pas s’agir d’un congédiement. La relation contractuelle a toutefois pris fin avec la disparition de l’émission Le Banquier. Nos excuses.