Le célèbre animateur québécois Marcel Béliveau est décédé jeudi après-midi des suites d'une longue maladie. Il était âgé de 69 ans.

Jean-Benoît Legault LA PRESSE CANADIENNE

Marcel Béliveau avait révélé en février dernier que le cancer s'était attaqué au seul poumon qu'il lui restait encore. Il avait précédemment combattu et vaincu cette maladie à deux reprises, en 1992 et en 1994. L'an dernier, il avait confié au site web Canoë qu'il souffrait d'insuffisance cardiaque, en précisant que son coeur ne fonctionnait plus qu'à 30 pour cent de sa capacité.

«Il avait vraiment atteint la limite», a affirmé son fils Alain sur les ondes de la radio de La Pressse Canadienne.

Béliveau s'est tout d'abord fait connaître au Québec avec l'émission Surprise sur prise, dans laquelle des vedettes étaient victimes de blagues élaborées sous l'oeil vigilant de caméras cachées. L'émission entre en ondes pour la première fois au réseau TQS pendant la saison 1987-1988, et elle est exportée en France dès 1989. Elle y sera diffusée jusqu'en 1998, fracassant des records d'écoute.

C'est le début d'une ascension fulgurante vers la gloire et la fortune pour cet homme originaire de Grand-Mère, en Haute-Mauricie. Le concept de Surprise sur prise est vendu dans 93 pays et lui rapporte des recettes qu'il évalue à 487 millions $. Béliveau côtoie les plus grandes célébrités - il prétend même avoir été invité à jouer au golf par le roi du Maroc, une invitation qu'il aurait refusée -, il fait la navette entre Montréal et Paris chaque mois à bord du Concorde pour gérer ses affaires sur les deux continents, et il habite un appartement luxueux dans la Ville-Lumière.

Mais Marcel Béliveau ne défraie pas les manchettes des journaux qu'en raison de ses succès. Ses déboires, et ils seront nombreux, lui vaudront aussi une grande attention médiatique.

Son univers commence à s'écrouler quand il décide de se lancer en affaires. Parmi ses projets: une chaîne de restauration rapide, une agence de voyage et même un nouveau transporteur aérien.

Il parviendra à recruter quelques franchisés pour ses restaurants La Joyeuse et son agence de voyage. Toutefois, ces projets s'embourbent rapidement et les querelles se retrouvent devant les tribunaux. Béliveau avait accumulé des dettes totales de 2,4 millions $, certains de ses biens avaient même été saisis devant les caméras de télévision, mais une entente intervenue en 1997 avec ses créanciers - dont Revenu Québec, à qui il devait 600 000 $ - lui permet d'éviter la faillite. Cette entente provoque la colère de certains investisseurs, qui ne se gênent pas pour l'apostropher vertement et l'invectiver en quittant la salle d'audience.

Un an plus tard, en 1998, l'homme d'affaires écope d'une amende de 64 500 $ pour des infractions à la Loi sur les agences de voyage. Béliveau et ses deux sociétés avaient reconnu avoir gardé leurs comptes en fidéicommis à découvert et avoir vendu des voyages sans détenir les permis requis.

Marcel Béliveau avait refait surface pour la dernière fois en 2006 avec son projet Cinéma-Académie. Il cherchait alors à recruter une vingtaine d'acteurs inconnus pour jouer dans son premier film, George-Henri T. est décédé. Chaque postulant avait dû débourser entre 10 et 30 $ pour obtenir le privilège d'une audition.

Il laisse dans le deuil sa conjointe, ses cinq enfants et plusieurs petits-enfants. La famille a fait savoir, par voie de communiqué, qu'il n'y aura pas de célébration à caractère public mais ceux et celles qui le désirent pourront témoigner leur sympathie à la famille par écrit à une adresse Internet qui sera rendue publique ultérieurement.