Après le succès phénoménal de J'aime Hydro, le nouveau projet d'Annabel Soutar, L'assemblée, met également en scène des points de vue divergents afin de créer un espace de discussion. Sur scène, Pascale Bussières fait un retour au théâtre après neuf ans et les sujets vont du féminisme à l'intégration des immigrants.

Mis à jour le 16 nov. 2018
Mario Cloutier LA PRESSE

L'assemblée reprend l'approche documentaire de J'aime Hydro et de Fredy en multipliant les points de vue sur les sujets abordés...

Nous cherchons à créer au théâtre un espace indépendant. Nous ne représentons pas des entités ou des intérêts privés. Nous ne sommes pas là pour vendre une idéologie. Nous cherchons à faire cohabiter des partis pris différents. Je ne crois pas qu'il s'agisse de faire la paix puisque ce n'est pas à nous de résoudre la polarisation. C'est notre rôle d'essayer de la comprendre. Avec le public, on l'identifie tout en rendant les sujets divertissants. On est tellement sérieux de nos jours; moi, j'ai envie de rire un peu. 

Vous luttez contre le fait que les gens ne se parlent plus, chacun restant de son côté, un peu comme on l'a vu l'été dernier avec les pièces SLĀV et Kanata de Robert Lepage?

L'été dernier, on a fait abstraction de l'idée même d'un débat. Je suis en faveur de plateformes pour débattre. C'est ce que je fais. À Espace Go, on va traiter de sujets comme les accommodements raisonnables, le féminisme, la liberté d'expression, le racisme et l'intégration de la communauté musulmane au Québec. Je suis très consciente que nous offrons ce spectacle au moment où cela peut être perçu comme une volonté de contrôler le discours. Mais nous sommes des artistes et nous devons continuer à faire ce que nous faisons. C'est ma contribution du moment.

L'assemblée est un projet à long terme. C'est une autre façon, aussi, de faire du théâtre?

La pièce que vous allez voir à Espace Go est la deuxième manifestation du projet. On a commencé en anglais à Toronto et on espère continuer de tenir des Assemblées dans les cinq prochaines années ici et à l'étranger. Dans chacune, on retrouve cinq personnes qui ont des positions politiques différentes. Deux comédiens de notre compagnie Porte Parole agissent comme modérateurs. À Montréal, on a quatre femmes, c'est un clin d'oeil à Espace Go, et c'est un peu comme le concept de 100 % Montréal présenté lors du 375anniversaire en 2017. Il y a un moment dans la pièce où on invite le public sur scène à faire sa propre assemblée.

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L'assemblée est présentée à Espace Go jusqu'au 2 décembre.