Jessie Nadeau brise le silence

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Jessie Nadeau signe la mise en scène de SARA, une pièce écrite, produite et jouée par Magalie Rouillard, qui sera présentée au Petit Campus dans le cadre du Fringe, les 12, 14, 15 et 16 juin.

Photo Martin Chamberland, La Presse

La candidate d'Occupation double Bali Jessie Nadeau a décidé de briser le silence sur l'agression sexuelle qu'elle a vécue il y a trois ans. L'influenceuse, très populaire sur les réseaux sociaux et qui a sa chaîne YouTube avec son amoureux Pascal-Hugo, milite déjà pour la protection des animaux et certaines réalités LGBTQ. Elle veut maintenant s'impliquer auprès des personnes victimes d'agressions sexuelles.

Au festival de théâtre Fringe de Montréal, qui se déroule jusqu'au 17 juin, Jessie Nadeau signe la mise en scène de SARA, une pièce écrite, produite et jouée par Magalie Rouillard. Sara est une streapteaseuse et slameuse qui tente de délaisser sa vie toxique.

La Presse a assisté à une répétition, jeudi dernier, où des scènes dramatiques ont été jouées, dont une où Sara subit un viol. Jessie Nadeau, comédienne et coréalisatrice de courts métrages qui signe ici sa première mise en scène, n'était pas satisfaite du jeu des comédiens Magalie Rouillard et Florent Deschenes.

«Moi, ça vient me chercher cette scène-là et ça me décâlisse que vous jouiez ça de façon banale et que ce soit pris à la légère comme ça», leur a-t-elle lancé, en larmes.

«Magalie, tu dois te sentir comme une fille qui vient de se faire violer. T'es censée le sentir dans ton corps.»

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La pièce SARA raconte l'histoire d'une streapteaseuse et slameuse qui tente de délaisser sa vie toxique.

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Le lendemain, en entrevue avec La Presse, Jessie Nadeau a confié que c'était la première fois qu'elle éclatait en sanglots en répétition. D'ailleurs, aucun membre de l'équipe - même son amie Magalie Rouillard - ne sait qu'elle a elle-même été victime d'agression sexuelle.

«Je n'en ai jamais parlé publiquement et j'en parle peu dans mon entourage... Mais je me rends compte que cette expérience-là, d'être metteure en scène pour une pièce où le personnage principal se fait agresser, ça me brasse... Je me dis maintenant que je dois faire quelque chose.»

Prendre la parole

Il y a trois ans, Jessie Nadeau a été agressée par un homme qu'elle ne connaissait pas. Elle n'a pas porté plainte et ne s'est confiée à pratiquement personne... Quelques semaines plus tard, elle partait seule, en road trip, jusqu'à Vancouver.

«Je suis tombée dans une zone très sombre, je devais me retrouver et, pour y arriver, je me disais que je devais être à l'autre bout du monde, dit-elle. Je ne le disais à personne... parce que... vous savez, des fois, nous nous sentons coupables de ce qui est arrivé.»

Les comédiens Florent Deschenes et Magalie Rouillard en répétition... (Photo Martin Chamberland, La Presse) - image 3.0

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Les comédiens Florent Deschenes et Magalie Rouillard en répétition

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«On se sent coupable parce qu'on avait bu de l'alcool. On se sent coupable parce qu'on était habillée sexy. Je sais... c'est tellement con. Il ne faudrait pas se sentir coupable...»

Lorsque la vague #metoo était à son apogée, la jeune femme de 25 ans était en tournage à Bali, où tous les candidats de la téléréalité étaient coupés du monde extérieur. À son retour, elle a vécu un choc en voyant toutes les femmes qui prenaient la parole dans la foulée de ce mouvement de dénonciation.

Avec l'expérience de SARA, l'influenceuse est maintenant certaine qu'elle doit aussi ajouter sa voix à celles des autres pour fournir des ressources nécessaires aux victimes. Elle veut entre autres parler de consentement, un concept qu'elle ne connaissait pas lorsqu'elle a été agressée.

«On dirait que j'ai maintenant envie d'utiliser ma voix, ma visibilité et aussi mon art pour parler de ça», dit-elle, en ajoutant qu'elle aimerait peut-être réaliser un court métrage inspiré par son expérience. «Parce que ça me chamboule encore... Je pense que ça va être à vie, ça...»

La pièce SARA de Magalie Rouillard est présentée au Petit Campus dans le cadre du Fringe demain et les 14, 15 et 16 juin.  Une répétition se tiendra demain, le 12 juin.

La production amasse des dons, dont la moitié sera remise aux CALACS, précisément à «Trêve pour Elles», un centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel.




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