Pour leur second été en tant que copropriétaires du Théâtre des Cascades, Roger Léger et Olivier Aubin ont décidé de s'offrir Histoire de fous, une création de leur cru présentée jusqu'au 25 août prochain.

Stéphanie Vallet LA PRESSE

«On cherchait quelque chose d'original et on voulait vraiment rester dans la création québécoise. On paye des droits en adaptant des pièces américaines ou anglaises et on ne garde presque rien en les traduisant et en les adaptant au contexte québécois. Alors, pourquoi ne pas faire nos propres créations? On est capable d'écrire des choses, et l'expérience est tellement satisfaisante!», explique Roger Léger.

Olivier Aubin signe ainsi (avec Luc Boucher et Dominic Quarré) les textes et la mise en scène de cette pièce taillée sur mesure et mettant en vedette Roger Léger et Jacques Lévesque dans la peau de Henri et Benoit, deux handicapés intellectuels qui héritent de la maison d'une vieille dame qui les hébergeait depuis de nombreuses années. Ils devront alors prouver à Madame Mondoux (Suzanne Champagne), une travailleuse sociale un peu excentrique, qu'ils sont suffisamment autonomes pour s'en occuper. Heureusement, Josiane (Geneviève Schmidt), leur voisine, veille sur eux... Jusqu'à ce que Jerry (François Bernier), un homme à tout faire au passé nébuleux, vienne brouiller les cartes.

Une grande tendresse

«C'est une prémisse assez dramatique, mais c'est dans ce côté un peu triste qu'une grande tendresse se développe entre les personnages et le public à qui ils racontent directement l'histoire. C'est une forme qui permet beaucoup de libertés: il peut y avoir toutes sortes de distorsions, car c'est leur perception. Je me suis inspiré avant tout de mon enfant. Il a des réactions qui me font beaucoup rire, et je me demandais ce que ça donnerait dans le corps d'un adulte. On est allé au CLSC pour parler à des travailleurs sociaux, et j'ai aussi discuté avec des amis qui ont travaillé auprès de handicapés intellectuels. Je me suis vite rendu compte que notre idée de base était assez proche de la réalité», précise Olivier Aubin, qu'on retrouvera cet automne dans L'Auberge du chien noir. Il sera également en plein tournage de Vic et Flo de Denis Coté.

Dans Histoire de fous, Roger Léger incarne un personnage de 49 ans qui a l'âge mental d'un enfant de 4 ans, alors que celui de Stéphane Jacques souffre d'une forme d'autisme qui le porte à tout calculer. Un véritable défi pour les deux comédiens, qui ont dû se préparer à entrer dans la peau de leur personnage.

«Henri Beaudoin est d'une grande naïveté et n'a aucune mémoire à court terme. Je me suis beaucoup inspiré des enfants de cet âge-là, tout en gardant les caractéristiques d'un homme de mon âge, avec son vécu et son bagage. J'ai aussi regardé des reportages, des documentaires, et j'ai beaucoup porté attention au départ aux trisomiques. J'ai aussi cherché à me transformer physiquement, et j'ai même fait faire une prothèse dentaire qui transforme vraiment mon visage. C'est très différent de ce que je fais habituellement au théâtre où je campe souvent des rôles de père autoritaire, des bougons ou des durs à cuire», explique Roger Léger, qu'on verra dans la 11e saison de L'Auberge du chien noir, mais aussi dans Roche papier ciseaux le premier long métrage de Yan Lanouette Turgeon.

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Le Théâtre des Cascades accueillera l'année prochaine une création coécrite par François Archambault et Marie-Hélène Thibault.