Les Scissor Sisters se produiront demain soir au Métropolis. Leur plus récent album, Night Work, délaisse le disco pas complètement pour se rapprocher de la musique sombre des années 80.

Émilie Côté LA PRESSE

Plus de quatre ans se sont écoulés entre le deuxième album des Scissor Sisters, Ta-Dah, et leur troisième, Night Work, sorti il y a deux mois.

Le groupe électro-rock-glam-disco, mené par Jake Shears et Ana Matronic au chant, a même jeté aux poubelles les chansons de deux maquettes avant d'arriver avec Night Work, un album qui n'a rien d'original, mais qui est terriblement accrocheur et dont la réalisation est irréprochable. «Je ne suis pas du genre à sortir un album juste pour sortir quelque chose. Je n'étais pas sûr du contenu ou du message. Donc, c'était plus simple de tout jeter et de recommencer à zéro», a dit récemment le chanteur Jake Shears à une journaliste danoise.

Alors qu'il était en studio à New York, Shears a décidé de tout laisser et de partir à Berlin sans l'annoncer à personne. Il a loué un appartement dans un quartier désaffecté et il a passé du temps avec d'autres musiciens, dont Joel Gibb du groupe Hidden Cameras, Olof Dreijer de The Knife et Rufus Wainwright.

«J'ai quitté New York avant que tout le monde sache que j'étais parti, ce qui était très excitant, a-t-il raconté à The Guardian. Je me sentais mal pour mon copain, tout le monde pensait que je l'avais quitté, mais il a été compréhensif.»

Shears a passé plusieurs nuits dans les boîtes de nuit, à danser sur du techno et sur des musiques new-wave plus sombres des années 80 comme celles de The Smiths. Résultat: Night Work est moins disco et plus sombre que ses deux prédécesseurs.

Il demeure un antidépresseur parfait, avec une juste dose de titres dansants et de chansons plus introspectives, le tout enrobé d'une touche eighties complètement assumée et irrésistible, il faut s'en confesser.

Les Scissor Sisters ont fait équipe avec nul autre que le remixeur et réalisateur britannique Stuart Price. Celui qui a travaillé autant avec Madonna (Confessions on a Dancefloor) qu'avec New Order a fait un travail impeccable.

Les chansons de Night Work - un homme se tient les fesses sur la pochette du disque - multiplie les références au sexe (Harder You Get, Skin Tight). Scissor Sisters est un groupe associé à la communauté homosexuelle. Jake Shears et Ana Matronic se sont connus dans un party d'Halloween, dans un bar gai de New York. Ana, qui est hétérosexuelle, a déjà raconté qu'elle s'était immiscée dans la culture gaie pour mieux comprendre son père, qui est mort d'une maladie reliée au sida quand elle avait 15 ans.

Pour Jake Shears, il n'y a pas de «musique gaie». «C'est une question de sexualité, que ce soit gai ou non, c'est universel. Je veux dire... tout le monde devient horny. Le sexe touche tout le monde.»

La dernière fois que les Scissor Sisters sont venus au Métropolis, en mars 2007, l'ambiance était survoltée. On remet ça demain soir?

Scissor Sisters, demain, à 20h, au Métropolis. En première partie: DJ Sammy Jo.