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McGill: bouleversant Schubert

Le Quintette de Schubert, au concert final de... (PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION)

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Le Quintette de Schubert, au concert final de l'Académie de McGill.

PHOTO FOURNIE PAR LA PRODUCTION

Claude Gingras
La Presse

C'est, exceptionnellement, par un quintette que s'est terminée la cinquième Académie internationale de quatuor à cordes de McGill, hier soir à Pollack Hall. Invité à donner le concert de clôture, mais soudain privé de son alto pour raisons de santé, le Quatuor Arcadia, de Roumanie, s'est adjoint l'alto du Quatuor de Miami et le violoncelle du Quatuor Calidore pour un programme entièrement différent de celui qui était prévu.

Quelles que soient les circonstances, elles nous valurent une interprétation absolument bouleversante du grand Quintette en do majeur, D. 956, de Schubert. Quelques très légères imprécisions, bien compréhensibles dans ces conditions, n'ont aucunement nui au résultat, qui fut mémorable. Le très long mouvement lent, l'une des pages les plus troublantes du répertoire tout entier de musique de chambre, fut rendu avec une concentration qui se communiquait à la salle comble et comme réduite au silence. On aurait dit une prière.

L'impression ressentie allait plus loin encore. D'une part, le talent et l'engagement de tous ces jeunes nous rassurent sur l'avenir de la musique, et notamment de la musique de chambre. D'autre part, ce Schubert confirmait le rôle réel de la grande musique comme source d'évasion et d'apaisement. Ce mouvement lent nous transportait dans un tout autre monde, très loin de celui, complètement déchiré, où nous vivons hélas!

Le concert débutait par le Quatuor op. 13 de Mendelssohn, inspiré, semble-t-il, par la mort de Beethoven et faisant curieusement alterner le tragique et le léger. Les exécutants rendirent bien ces deux aspects. Mais le tragique de Mendelssohn reste effectivement plutôt léger à côté de celui de Schubert...

Des problèmes d'ordinateur m'ont empêché de rendre compte du concert de vendredi soir. Résumons. Le Quatuor Jubilee traduisit l'op. 77 no 1 de Haydn avec une finesse et une profondeur étonnantes chez de si jeunes musiciennes, lesquelles rendirent ensuite les mille subtilités du deuxième Quatuor de Szymanowski dans la plus envoûtante perspective sonore.

Le Quatuor Calidore retrouva ensuite, dans l'op. 59 no 2 de Beethoven, le très haut niveau d'excellence révélé l'an dernier, et dont il s'était légèrement éloigné au concert du 15 août. Cette continuelle unité de la pensée et du mouvement collectifs, où le drame circule parmi les quatre instruments, fait du Calidore l'un des grands quatuors de demain... et peut-être même d'aujourd'hui!

André Roy, le directeur de l'Académie, a donné les dates de la sixième saison (9 au 22 août 2015), rappelé que la générosité de la mécène Constance V. Pathy permet la tenue de l'Académie, invité à se lever tous les participants de cette année et annoncé que le Concours de quatuor à cordes de Wigmore Hall, à Londres, comporterait désormais, parmi les prix décernés, un stage à l'Académie de McGill. La présidente de la compétition londonienne, Ruth Wheal, assistait au concert.




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