Le prestigieux festival Wagner de Bayreuth, apogée du bicentenaire du compositeur auquel il est exclusivement consacré, a ouvert jeudi avec une représentation de gala en présence de la chancelière Angela Merkel et du président Joachim Gauck.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Date phare des mondanités en Allemagne, cette ouverture en tenues de soirée sous le soleil bavarois attire toujours des foules de curieux désireux de voir riches et puissants gravir la célèbre «colline verte» sur laquelle trône la Festspielhaus, la salle dessinée par Wagner pour qu'y soit présentée son oeuvre.

C'est l'une des rares occasions de voir la chancelière abandonner le tailleur pantalon: elle portait jeudi un ensemble juge longue et veste de soie bleue.

Une reprise d'une fade production du Vaisseau fantôme mise en scène par l'Allemand Jan Philipp Gloger pour l'édition 2012 inaugurait ce festival, dont les billets sont vendus dix ans à l'avance.

Mais le spectacle le plus attendu - et ce qui devrait être l'apogée du Bicentenaire Wagner - est la mise en scène de la tétralogie du Ring (L'Or du Rhin, la Walkyrie, Siegfried et le Crépuscule des dieux) par Frank Castorf, considéré comme l'enfant terrible du théâtre allemand.

À 62 ans, ce metteur en scène est réputé pour ses lectures iconoclastes des classiques, qui provoquent systématiquement des réactions outrées.

Pratiquement novice en matière d'opéra, il se retrouve en charge de l'événement le plus attendu au sein de la communauté des adorateurs de Wagner avec ce Ring du bicentenaire.

Il n'a toutefois eu que deux ans pour monter sa production - une durée extrêmement et inhabituellement courte, même pour un metteur en scène d'opéra chevronné - car il a été engagé après l'échec de longues négociations avec le réalisateur allemand Wim Wenders.

Katharina Wagner, l'une de codirectrices du festival et arrière-petite-fille du compositeur, a jugé le travail avec Castorf «très productif», lors d'une conférence de presse jeudi matin.

Ce dernier avait pourtant donné une autre version dans un entretien à la presse, évoquant le «défi très particulier» que représente le travail sur la colline verte.

Il avait toutefois reconnu que sa réputation d'avoir un caractère «irascible» et «féroce» n'était pas usurpée.

Et Castorf a assuré qu'il avait passé un bon moment à Bayreuth, sur les contreforts alpins. «Il y a de nombreuses forêts verdoyantes, des brasseries, des spas, c'est presque comme des vacances», a-t-il expliqué.

Le festival de Bayreuth se déroule jusqu'au 28 août, avec 30 représentations au total de sept opéras. Outre les quatre volets du Ring et le Vaisseau fantôme en ouverture, des mises en scène de Tannhäuser et de Lohengrin seront également proposées.

Pour la première fois, la soirée d'ouverture sera diffusée en direct ou en léger différé dans 200 cinémas dans le monde et à la télévision publique allemande.