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Nadja: une cathédrale dans la voix

Nadja a tout ce qu'il faut pour faire... (Photo: archives Le Soleil)

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Nadja a tout ce qu'il faut pour faire succomber une salle: du chien, de l'aplomb, de l'humour, de la sensibilité et une cathédrale dans la voix.

Photo: archives Le Soleil

Marie-Christine Blais
La Presse

Son premier disque, fait de reprises anglos des années 60 r'n'b et soul, a fait un malheur : la Québécoise Nadja a vendu 70 000 exemplaires de son album éponyme en moins de temps qu'il ne faut pour épeler son nom. Après une première tournée où elle s'est révélée véritable bête de scène, Nadja se lance sur deux fronts : un deuxième disque avec quelques chansons originales lancé mardi et un mois de spectacle au Capitole de Québec, depuis hier.

Oh No! , c'est le titre de l'une des trois chansons écrites par Nadja elle-même pour son second album Everything's Going My Way. Ce qui est remarquable, c'est que le morceau pourrait avoir été composé il y a 40 ans, tant il respecte les règles du genre Motown. En même temps, c'est une chanson au propos tout à fait contemporain, celui d'une femme qui décide de ne pas succomber aux charmes d'un beau parleur.

Quand on l'a vue en spectacle à l'Astral en septembre dernier, c'était clair: si elle n'est pas du genre à succomber à de tels charmes, elle a par contre tout ce qu'il faut pour faire succomber une salle. Du chien, de l'aplomb, de l'humour, de la sensibilité et une voix, un registre, un grain, un timbre... Comment dire? Cette fille a une cathédrale dans la voix!

Nadja (Nadja Gagnon sur son passeport) a du talent à revendre. Mais aussi du «vécu». Ça te forme une chanteuse, 10 ans de spectacles dans de grands hôtels autour du monde. Et ça donne aussi une femme qui sait ce qu'elle veut sur un album, capable de coréaliser et d'arranger, d'écrire et de chanter - les choeurs «shoo-wap» sur sa chanson inédite Baby You, c'est son idée. Mario Pelchat, son agent, a compris qu'elle savait ce qu'elle voulait et savait comme le faire. Y compris la pochette: tout comme les pochettes des disques de Nana Mouskouri et autres chanteuses populaires dans les années 70, on y voit le visage de Nadja en gros plan, en noir et blanc.

«Mario m'a laissée faire, les yeux fermés, car pour moi, c'était clair: on ne répétait pas le premier album, explique Nadja. Des reprises, ça en prenait quelques-unes, mais il fallait qu'il y ait des chansons originales et qu'elles se tiennent toutes seules, avec maximum trois ballades. Je ne voulais pas par contre un album qui passe du coq à l'âne, il fallait que les reprises et les inédites soient cohérentes.

«Après mes spectacles, je me garroche toujours pour aller signer des autographes, rencontrer les gens... et je les écoute. Je ne sais pas combien de gens m'ont dit - ou écrit sur Facebook ou par courriel - qu'ils me verraient bien chanter At Last (popularisée par Etta James). Alors, je l'ai faite, c'est ma chanson pour le public.

«Et j'ai fait d'autres reprises qui m'importaient, comme For Once In My Life de Stevie Wonder, qui a été une telle influence pour moi, ou Baby Love, que j'adorais quand je l'entendais dans des mariages, quand j'avais 8 ou 9 ans. Mais je tenais aussi à avoir des chansons faites pour moi.»

Auprès de reprises comme Hit The Road Jack en version jazz ou YaYa aux couleurs de La Nouvelle-Orléans («C'est quasiment un hymne national au Québec!»), se trouvent donc trois chansons signées Nadja, deux jolis morceaux composés par son ami Dorian Sherwood (choriste de Céline Dion et Lara Fabian) et, enfin, une chanson baptisée Love Is Leaving Me.

Cette dernière a été composée par Joachim Vermeulen, Maarten Ten Hove et Willem Laseroms: les trois Néerlandais, qui ont collaboré notamment avec Beyoncé et Justin Timberlake pour des versions remix, ont entendu Nadja sur l'internet et, séduits par sa voix, lui ont écrit un morceau sur mesure, qu'elle a été enregistrée en Hollande (tapez «Nadja à Amsterdam» sur YouTube pour voir le chouette minireportage). Non, il n'y a pas de chanson en français sur ce deuxième album «parce que je veux en faire un tout en français ensuite». On la croit.

Comme on dit dans son Lac-Saint-Jean natal, c'est «plaisant» à écouter. Mais ce qui est au moins aussi plaisant, c'est de voir Nadja chanter, comme elle va le faire pendant un mois au Capitole, sous les yeux ravis de son musicien de mari, le pianiste jazz Taurey Butler: «Disons que, dans le quotidien, on n'a pas l'air de nouveaux mariés, dit en riant Nadja. Mais sur scène, j'ai un tel respect, un tel plaisir à jouer avec lui... et lui avec moi! J'ai rencontré Taurey en Asie, où il jouait avec son quartette. Moi, à un moment donné, j'ai donné mon 4% parce que je n'en pouvais plus de chanter loin de chez nous, mais lui a continué parce qu'il était heureux là-bas. Ça fait seulement deux ans qu'il est vraiment installé à Montréal et qu'il y travaille, et il est tellement bon que plein de musiciens, comme le contrebassiste Éric Lagacé, se sont proposés pour travailler avec lui! Il devrait sortir son disque jazz bientôt! Sur scène, c'est mon capitaine de bateau...»

Nadja, en spectacle au Capitole jusqu'au 7 mai. Infos: www.nadja.mu.




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