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Chopin et Alkan au violoncelle

Claude Gingras
La Presse

Chopin et l'excentrique Charles-Valentin Alkan, contemporains et amis (et voisins dans le même quartier de Paris!), sont surtout connus pour leur musique de piano. Celle de Chopin a toujours gardé la faveur du public. Celle du plus obscur Alkan a été tirée de l'oubli à notre époque seulement.

Les deux compositeurs ont aussi écrit de la musique de chambre et notamment une sonate pour violoncelle et piano. La Sonate op. 65, en sol mineur, de Chopin et la Sonate op. 47, en mi majeur, d'Alkan (publiée sous le titre «Sonate de concert») furent écrites pour le violoncelliste Auguste Franchomme, qui les créa toutes deux avec, chaque fois, le compositeur au piano: celle de Chopin en 1848, celle d'Alkan en 1857.

Le violoncelliste allemand Alban Gerhardt (qui revient au LMMC la saison prochaine) et le pianiste écossais Steven Osborne viennent de les grouper sur un disque Hyperion. La Sonate de Chopin a été maintes fois enregistrée, notamment par Rostropovitch, et elle figure occasionnellement au programme des concerts. Gerhardt et Osborne en donnent une interprétation magnifique qui rejoint les meilleures de la discographie.

La nouveauté, ici, c'est la Sonate d'Alkan, qui ouvre d'ailleurs le disque. Emmanuelle Bertrand l'avait jouée à Lanaudière en 2001 et en avait signé chez Harmonia Mundi l'un des rares enregistrements du catalogue. Gerhardt et Osborne la traduisent avec tout le relief souhaité.

Les deux sonates sont en quatre mouvements; chacune comporte une reprise au premier mouvement et cette reprise est jouée ici, dans les deux cas. Les ressemblances s'arrêtent là. La musique de Chopin paraît pleine de noblesse à côté de celle, débridée, d'Alkan; ses thèmes ont de la grandeur, alors que chez l'autre, ils sont plutôt banals. C'est par son très original - et un rien vulgaire - dialogue violoncelle-piano que la Sonate d'Alkan retient l'attention.

Le premier mouvement est rempli de grands traits que se renvoient les deux instruments. Alkan choisit le rarissime terme Allegrettino pour identifier le deuxième mouvement. Les pizzicatos abondent dans le mystérieux troisième mouvement, Adagio, au rythme de sicilienne. À un moment donné, la partition demande même au piano d'imiter des «pizz». Le quatrième mouvement est un «Alla Saltarella» extrêmement rapide, aux bourdonnements presque comiques, et d'une épouvantable difficulté pour les deux instruments.

Gerhardt et Osborne traversent cette folle demi-heure de musique avec la plus totale virtuosité et, en même temps, l'entier engagement de musiciens convaincus d'avoir entre les mains un chef-d'oeuvre. Une seule et mince réserve: on perd un peu du violoncelle dans les passages très emportés des deux instruments.

ALBAN GERHARDT, VIOLONCELLISTE, ET STEVEN OSBORNE, PIANISTE: CHOPIN ET ALKAN

HYPERION, CDA67 624

**** 1/2




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