Des milliers de jeunes Québécoises avaient encerclé le 22 novembre dans leur agenda, alors que d'autres étaient jalouses de ne pas pouvoir le faire.

Émilie Côté LA PRESSE

C'est hier soir que l'idole de beaucoup de préadolescentes, Justin Bieber, se produisait au Centre Bell à guichets fermés, au lendemain de son sacre aux American Music Awards comme artiste de l'année.

Après 4 millions d'albums vendus, c'était son premier spectacle à Montréal. La question: se débrouille-t-il sur une scène? La réponse: oui. Sait-il bien chanter? On ne saurait vraiment vous dire: Bieber a fait beaucoup de lypsinc, hier soir. Mais il sait jouer de la guitare, de la batterie et du piano, et il sait comment séduire ses fans.

Après trois premières parties et des hurlements de filles dont c'était enfin le jour J, le jeune chanteur originaire de Stratford est arrivé sur scène devant des jets de lumière, en émergeant du sol dans une sorte de boule/planète. Bieber a fait du lypsinc en dansant au son de Love Me. Il a également feint de chanter Bigger, mais avec la dizaine de musiciens et de danseurs présents sur scène, les jeunes spectatrices avaient bien assez d'autres éléments sur lesquels s'attarder.

«What's up Montréal? Welcome to my world, a lancé Bieber. Comment ça va? Ça va bien? Je parle un petit peu le français», a dit celui qui dit maîtriser la langue de Molière dans son autobiographie.

Le lypsinc s'est poursuivi sur U Smile. Les moments où Bieber a fait véritablement vibrer ses cordes vocales étaient plutôt rares. La veille, Bieber avait pourtant chanté aux American Music Awards. Mais on le sait, sa voix traverse la période ingrate de la puberté...

Bieber a derrière lui du renfort, avec un spectacle à grand déploiement rempli d'effets visuels et de chorégraphies qu'il est capable de mener de front pendant 90 minutes. Il y a aussi les choristes-danseurs et les artistes des premières parties qui viennent l'épauler, dont Sean Kingston.

Quand il enlève ses lunettes de soleil, son chandail à capuchon ou qu'il amène sa main à son oreille pour que la foule fasse du bruit, disons que la réaction est plus qu'immédiate... et insupportable pour les oreilles. Surtout quand Bieber dit en français «vous êtes très belles», ou qu'il va chercher une fille pour la faire monter sur scène.

Pour la ballade Never Let You Go, Bieber s'est assis dans une structure d'acier en forme de coeur. Il s'est accompagné à la guitare en s'envolant dans les airs. «Quand j'étais là, j'ai pu voir tous vos beaux visages», a-t-il dit en remettant les deux pieds sur terre (permettez-nous de douter de son affirmation). «Combien de vous êtes célibataires? Combien de vous vous sentez seules?»

A suivi One Less Lonely Girl, servie à une foule complètement sous le charme.

Quand les jeunes de la loge - où étaient réunis les journalistes - mangent de la crème glacée au lieu de boire de la bière, cela en dit beaucoup sur le public-cible des fans. Des fans qui aiment sans condition, mais pas au point de ne pas huer quand Bieber dit que son équipe de hockey préférée est les Maple Leafs de Toronto. (Bravo les filles!)

Il est trop tôt pour dire si le succès du chanteur au parcours de Cendrillon - tout a débuté par des clips mis en ligne par sa mère sur YouTube - est un feu de paille.

Il faudra voir comment la voix de Bieber sortira de la puberté. Mais en tout cas, le protégé d'Usher est dans son élément sur une scène devant 18 000 personnes, et il était généreux au lendemain d'un gala qui avait eu lieu la veille à l'autre bout des États-Unis. Au-delà de la machine derrière lui et des produits dérivés, il y a un adolescent de 16 ans au grand talent d'entertainer, qui est assez confiant pour reprendre des bouts de chansons de Michael Jackson et d'Aerosmith.

Mais surtout, Bieber vend du rêve: le sien qui est devenu réalité, mais aussi celui de le connaître et de s'approcher de lui. «Your world is my world», chante-t-il. Et «never say never

».