Pour son troisième album, le groupe montréalais d'adoption Ought a fait le saut de l'étiquette Constellation à Merge Records (Arcade Fire, Spoon). Entre-temps, le chanteur Tim Darcy a aussi lancé un album solo. Ought a confié la réalisation de Room Inside the World à Nicolas Vernhes, associé à de grosses pointures comme Animal Collective et Deerhunter.

Émilie Côté LA PRESSE

Résultat : un son plus clairsemé et moins aride, qui se permet quelques arrangements électros (These 3 Things). Si vous ne connaissez pas déjà le groupe post-punk, sachez que le chant de Tim Darcy ne fait pas l'unanimité. Il faut apprivoiser sa voix, un croisement entre celles de Morrissey et de Julian Casablancas, qui contraste avec les sons et les guitares frénétiques de son groupe. Ought n'est pas un groupe de compromis. Il y a par ailleurs peu de chansons bonbons sur son troisième album, sauf la strokesienne Disgraced in America.

Le plaisir musical croît plutôt avec l'usage... Les deux ballades (Desire, avec sa chorale gospel, et Brief Shield, avec ses douces guitares) ralentissent agréablement la cadence à la mi-parcours. La finale, intitulée Alice, pourrait être la trame sonore d'une version trash d'Alice au pays des merveilles. Ought sera en spectacle le 6 mars au Théâtre Fairmount.

***1/2

ROCK

Room Inside the World

Ought

Merge Records