L'homme par qui le scandale arrive, le talentueux Adidja Palmer dit Vybz Kartel, Addi da Teacha et l'Empereur du clan Gaza, a les yeux rivés sur le marché américain.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Il le dit lui-même: il sera le prochain Marley... une affirmation sans doute exagérée, mais on le voit bien devenir le nouveau Sean Paul, le prochain deejay jamaïcain à flirter avec les palmarès et les grosses pointures du rap. En 2009, il posait sa voix, agile autant sur la tchatche qu'au chant, sur un instrumental dancehall atypique du producteur new-yorkais Dre Skull pour accoucher de la parfaite Yuh Love (elle n'a pas été oubliée sur le disque), bougie d'allumage de ce disque complètement réalisé par l'Américain.

Dre Skull a une signature sonore distinctive: des basses caoutchouteuses, des synthés 80 scintillants, des ponctions rythmiques bruyantes. On est à cheval entre la dance façon Lady Gaga et le rap clinquant d'un Lil' Wayne, avec les tempos du dancehall. Le résultat éblouit: Kartel évite les sujets trop controversés pour parler doucement d'amour et de ses origines du ghetto, notamment par Jamaica qui ouvre l'album - et, au passage, offrir la magnifique Ghetto Youth, vraie chanson d'espoir qui le clôt. Entre les deux, des bombes: Go Go Wine, Mi Remember, Half on a Baby... L'été commence avec Kartel.

REGGAE

VYBZ KARTEL

Kingston Story

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Mixpak Records