Dans cette bulle où fut créé Ni le feu ni le vent, Maryse Letarte a arpenté son intériorité.

Alain Brunet LA PRESSE

S'est adressée à l'être aimé. A rêvé au creux de son lit d'un cher disparu. A débusqué le merveilleux dans sa vie de banlieue. A ciselé un romantisme assumé, parfois exacerbé. Certes, les lettres de Maryse Letarte ont progressé sans que l'on puisse conclure à la grande affaire.

Les notes, elles, avaient déjà fait pas mal de chemin - et plusieurs pas dans la neige, pour reprendre le titre de son album précédent, désormais associé au temps des Fêtes. Maryse Letarte est de ces rares compositrices de chansons d'ici qui puissent témoigner d'une telle maîtrise de l'orchestration, d'une telle connaissance de la pop classique pré-rock.

Vu la voix feutrée et ténue de son interprète, les arrangements et la réalisation s'avèrent délicats, développés à sa mesure. Fin mélange de technologies numériques, cordes soyeuses, bugle staccato à la Burt Bacharach, hautbois, flûte traversière, piano électrique, piano, etc. Même lorsque les rythmes s'échauffent un tant soit peu, les propositions restent cristallines. Maryse Letarte est ainsi construite... et arrive ici à extirper le meilleur de son expression.

***1/2

POP  Maryse Letarte  Ni le feu, ni le vent  Artic/Rococo